vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 février 2024 et le 15 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler, ou à défaut de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays d'éloignement méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 12 et 16 avril 2024, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- et les observations de Me Cavelier, représentant Mme B.
Le préfet de l'Orne n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante russe née le 24 août 2001 à Erevan (Arménie), est entrée irrégulièrement sur le territoire français avec ses parents le 24 juillet 2017. Elle a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée le 1er octobre 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le 22 mars 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Mme B a obtenu dans un premier temps une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 8 juillet 2022 afin de terminer sa première année de BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social à Alençon, puis deux récépissés de demande de titre de séjour sans autorisation de travailler suite à l'annulation le 13 juillet 2023 par le tribunal administratif de Caen de l'arrêté du 17 avril 2023 par lequel le préfet de l'Orne lui refusait la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui notifiait l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixait son pays de renvoi. Par un nouvel arrêté du 25 janvier 2024, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 avril 2024, Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
3. Par un arrêté du 27 novembre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 2023-11-15 du 27 novembre 2023, le préfet de l'Orne a donné délégation à M. Yohan Blondel, secrétaire général de la préfecture de l'Orne, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Orne, à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée avec ses parents irrégulièrement sur le territoire français en 2017 alors qu'elle était âgée de quinze ans. Elle fait valoir qu'elle a obtenu en 2021 son baccalauréat professionnel spécialité Services de proximité et vie locale puis son diplôme de BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social en 2023, et qu'elle est désormais engagée dans une formation dispensée à l'institut régional des formations sanitaires et sociales Normandie afin d'obtenir un diplôme d'Etat d'assistant de service social. Elle produit plusieurs documents attestant de l'assiduité, de l'investissement et du sérieux dont elle a fait preuve tout au long de son parcours scolaire, ainsi que la validation du premier semestre de la première année de sa formation d'assistante de service social. Il ressort néanmoins des pièces du dossier que la requérante est célibataire sans enfant, qu'elle ne dispose pas de revenus ni de logement propre, et qu'elle ne justifie d'aucune insertion socio-professionnelle particulière dans la société en dépit de deux stages en milieu professionnel effectués dans le cadre de ses études. Si elle produit un contrat du 20 octobre 2020 d'activité bénévole au centre social Edith Bonnem pour la participation à l'animation du centre de loisirs et des attestations de soutien de camarades de classe, d'une professeure enseignant en BTS, de la directrice de l'établissement de formation ainsi que d'assistantes sociales rencontrées en stage, ces éléments ne sont toutefois pas de nature à justifier de liens d'une particulière intensité et stabilité ni d'une insertion dans la société française. Par ailleurs, si Mme B soutient qu'elle n'a plus aucune famille en Arménie où elle a vécu jusqu'à ses onze ans, il ressort des écritures non contestées du préfet de l'Orne qu'y résident notamment sa grand-mère et sa tante et que ses parents et son frère, ressortissants russes et arménien en situation irrégulière en France, font tous les trois l'objet de mesures d'éloignement à destination de la Russie ou de l'Arménie où pourrait se reconstituer la cellule familiale. De plus, elle ne produit pas d'éléments de nature à démontrer qu'elle serait dépourvue d'attaches ou isolée en Russie, pays dont elle possède un passeport valide. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle ne pourrait pas suivre des formations équivalentes ni avoir accès à des métiers comparables en Russie ou en Arménie. Dès lors, la décision contestée n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
8. En présence d'une demande de régularisation déposée, sur le fondement de ces dispositions, par un étranger dont la présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
9. La requérante se prévaut de sa présence en France depuis juillet 2017. Toutefois, la seule durée de présence en France ne constitue pas un motif exceptionnel au séjour. Les autres éléments dont fait état Mme B, à savoir le sérieux de ses études et son projet professionnel, ne peuvent pas être regardés comme des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. Mme B, qui est inscrite pour l'année 2023-2024 en première année de formation d'assistante de service social à l'institut de formation sanitaires et sociales Normandie, ne justifie d'aucune expérience professionnelle significative dans le domaine de l'action sociale. Si elle déclare avoir quitté, alors âgée de 11 ans, l'Arménie en raison de persécutions que son père aurait subies de la part d'un groupe mafieux, il ressort de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 1er octobre 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 22 mars 2021, que ses déclarations ne permettent pas de tenir les faits allégués comme établis ni de considérer comme avérées les atteintes graves auxquelles elle se dit exposée en cas de retour en Arménie ou en Russie. Dès lors, le préfet de l'Orne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que Mme B ne justifiait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 janvier 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés dans le cadre de l'examen de la légalité du refus de séjour, la décision attaquée ne porte pas, en l'espèce, une atteinte disproportionnée au droit de la requérante à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, ce moyen doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 25 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
14. Pour contester la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours, Mme B fait valoir qu'un délai supplémentaire pour quitter le territoire aurait dû lui être accordé afin de pouvoir passer son diplôme d'assistante sociale, lequel intervient à la fin de la troisième année de formation. Toutefois, elle n'établit pas qu'il lui serait impossible de poursuivre une formation équivalente dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que si elle a validé le premier des six semestres de formation, elle effectuait, à la date de la décision litigieuse, le stage pratique de première année d'une durée de huit semaines se terminant le 23 février 2024. Par suite, elle ne démontre pas l'existence de circonstances propres à son cas justifiant l'octroi d'un délai supplémentaire. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 25 janvier 2024 fixant le délai de départ volontaire à trente jours doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
17. Comme indiqué au point 10, Mme B, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, n'établit pas la réalité des risques encourus en cas de retour en Arménie ou en Russie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 janvier 2024 fixant le pays d'éloignement doivent être rejetées.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Cavelier et au préfet de l'Orne.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026