vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 février 2024 et le 5 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Vimont-Gaboury, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 juin 2023 par lequel le préfet de la Manche a délivré au groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie un permis de construire portant sur la réalisation à Avranches d'un bâtiment de médecine nucléaire et de la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- la condition d'urgence est présumée remplie, en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée du 28 juin 2023, dès lors que celle-ci est entachée d'incompétence, faute pour le projet de correspondre à l'un des cas énumérés à l'article L. 422-2 du code de l'urbanisme, a été prise au vu d'un dossier insuffisant, faute de pièces permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et par rapport aux constructions avoisinantes, est entaché d'une erreur de droit en ce qu'elle a été prise sur le fondement d'un document d'urbanisme inapplicable, méconnait le point 4 du point L du pont VI des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) approuvé le 17 février 2020, méconnait les articles Uh4 et Uh5 de ce règlement, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de l'existence de risques mentionnés à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et méconnait ces dernières dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2024, le groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie, représenté par la SARL Martin Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 6 mars 2024 en présence de M. Lounis, greffier :
- le rapport de M. Marchand ;
- les observations de Me Baton, substituant Me Vimont-Gaboury, avocat de Mme B ;
- les observations de la représentante du préfet de la Manche ;
- et les observations de Me Laville-Collomb, substituant la SARL Martin Avocats, avocat du groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 juin 2023 par lequel le préfet de la Manche a délivré au groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie un permis de construire portant sur la réalisation à Avranches d'un bâtiment de médecine nucléaire et de la décision de rejet de son recours gracieux.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible et, par suite, lorsque la suspension d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
3. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment objet du permis en litige est destiné à accueillir un tomographe à émissions de positions, équipement d'imagerie médicale intervenant dans la détection de cancers. L'installation et le fonctionnement de cet équipement ont été autorisés par une décision du directeur général de l'agence régionale de santé de Normandie du 12 avril 2021, prise sur le fondement de l'article L. 6122-1 du code de la santé publique, et répondent aux objectifs du schéma régional de santé tenant, notamment, à développer dans le département de la Manche une offre de proximité et à réduire les délais d'attente. En outre, l'autorisation précitée deviendra caduque le 12 avril 2025, en application de l'article L. 6122-11 du code de la santé publique, faute pour l'équipement en cause d'être mis en service avant cette date. Dès lors, un intérêt public s'attache à l'exécution rapide des décisions attaquées et à la poursuite des travaux, sans que n'exerce d'influence, à cet égard, la circonstance que la demande de permis de construire aurait été déposée tardivement. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que les risques pour la sécurité publique que le bâtiment en cause sera susceptible de faire encourir du fait des risques d'inondation auquel il sera soumis ni les atteintes qu'il occasionnera aux conditions de jouissance du bien de Mme B seront d'une ampleur suffisante pour justifier qu'il soit fait obstacle à cet intérêt public. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée, en l'espèce, comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de la Manche et au groupement de coopération sanitaire Médecine Nucléaire Manche Normandie.
Fait à Caen, le 8 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026