vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ABDOU-SALEYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 février 2024 et le 9 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Abdou-Saleye, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Manche a rejeté sa demande de titre de séjour enregistrée le 18 juillet 2023, ensemble l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet de la Manche a expressément rejeté sa demande d'admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Manche de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision implicite de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour du 21 juin 2024 :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation dès lors qu'elle ne se prononce pas sur son droit au séjour au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2024, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête et à ce que soit prononcé un non-lieu à statuer dans cette instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Groch.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante albanaise née le 24 janvier 1956 à Zdojan (Albanie), est entrée en France le 8 septembre 2021 selon ses déclarations, pour rendre visite à son fils de nationalité française. Elle a déposé une demande d'admission au séjour, réceptionnée le 18 juillet 2023. Par une décision implicite dont il est demandé l'annulation, le préfet de la Manche a rejeté sa demande de titre de séjour. Par un arrêté du 21 juin 2024, dont il est également demandé l'annulation, le préfet de la Manche a explicitement refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé.
Sur l'étendue du litige et l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. En l'espèce, si le silence gardé pendant quatre mois par le préfet de la Manche sur la demande de titre de séjour formée par Mme A le 18 juillet 2023 a fait naître une décision implicite de rejet, le préfet de la Manche a expressément rejeté cette demande par l'arrêté contesté du 21 juin 2024. Cette décision expresse de refus de séjour s'est en conséquence substituée à la décision implicite initiale et les conclusions à fin d'annulation, ainsi que les moyens dirigés contre la décision implicite, doivent être exclusivement regardés comme dirigés contre la décision expresse du 21 juin 2024. Dès lors, l'exception de non-lieu à statuer doit être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a déposé auprès du préfet de la Manche une demande de titre de séjour dont le bordereau d'accusé réception mentionne une réception en préfecture le 18 juillet 2023. La requérante, qui a été accompagnée dans la constitution et le dépôt de son dossier par son conseil, produit la copie du courrier de demande de titre de séjour portant le numéro d'accusé réception du 18 juillet 2023 et par lequel elle sollicite un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement, à titre principal, des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. Ses affirmations ne sont pas sérieusement contredites par le préfet de la Manche qui produit à l'appui de l'arrêté litigieux le courrier d'accompagnement du 21 juin 2024 dans lequel il se borne à indiquer que Mme A a déposé " une demande d'admission exceptionnelle au séjour au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du CESEDA ", et qu'au regard de l'examen de son dossier, sa situation n'entre pas dans le champ d'application de cet article. Dans ces conditions et eu égard aux textes visés et aux motifs contenus dans l'arrêté au litige, le préfet de la Manche ne s'est prononcé sur la situation de la requérante qu'au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans examiner si Mme A pouvait se prévaloir de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, en s'abstenant d'examiner la possibilité d'admettre exceptionnellement au séjour Mme A, le préfet de la Manche a entaché sa décision d'un défaut de motivation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif retenu pour prononcer l'annulation de la décision contestée, le présent jugement implique seulement que le préfet de la Manche procède au réexamen de la demande de titre présentée par Mme A. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Manche de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Manche du 21 juin 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Manche de réexaminer la situation de Mme A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Manche.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
Le greffier
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026