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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400664

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400664

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400664
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantCAVELIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 mars, 18 et 29 avril 2024, M. A C, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2024 par lequel le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et a pris à son encontre une obligation de retour pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation du caractère authentique des actes d'état civil produits à l'appui de sa demande de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les conditions de délivrance du titre de séjour sur ce fondement sont remplies, en l'absence de fraude sur son état civil ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour :

- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 ;

- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Silvani ;

- et les observations de Me Cavelier, avocat de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant guinéen né le 10 mars 2004 à Conakry selon les documents d'état civil présentés, est entré irrégulièrement en France en mars 2019. Il a été pris en charge à compter du mois d'avril 2019 par le service de l'aide sociale à l'enfance du département du Calvados. Il a déposé le 20 janvier 2022 une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Calvados a rejeté sa demande et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire par un arrêté du 6 octobre 2022 dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du présent tribunal, qui a enjoint au préfet du Calvados de réexaminer la demande de M. C. Après réexamen de la demande, le préfet du Calvados a délivré à l'intéressé un titre de séjour valable du 23 novembre 2022 au 22 novembre 2023. Le 14 septembre 2023, M. C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 février 2024, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la décision portant refus d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 14-2023-243 du 4 octobre 2023, le préfet du Calvados a donné délégation à Mme B D, cheffe du bureau du séjour, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions du bureau du séjour, à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ". Aux termes de l'article L. 433-1 de ce code : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte ".

5. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française.

6. D'autre part, l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La vérification des actes d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article R. 431-10 du même code prévoit que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil () ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

7. Aux termes du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. / La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu / Un décret en Conseil d'Etat précise les actes publics concernés par le présent II et fixe les modalités de la légalisation. " Aux termes de l'article 1er du décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, applicable aux légalisations intervenues à compter du 1er janvier 2021 : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France ou devant un ambassadeur ou chef de poste consulaire français doit être légalisé pour y produire effet. La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Elle donne lieu à l'apposition d'un cachet dont les caractéristiques sont définies par arrêté conjoint des ministres chargés de la justice et des affaires étrangères ".

8. A moins d'engagements internationaux contraires, la légalisation était imposée, s'agissant des actes publics étrangers destinés à être produits en France, sur le fondement de l'article 23 du titre IX du livre Ier de l'ordonnance de la marine d'août 1681, jusqu'à ce que ce texte soit abrogé par le II de l'article 7 de l'ordonnance du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques. L'exigence de légalisation est toutefois demeurée, sur le fondement de la coutume internationale, reconnue par une jurisprudence établie du juge judiciaire, jusqu'à l'intervention des dispositions citées ci-dessus du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019. Les dispositions des 1er et 3ème alinéas de cet article ont été déclarées contraires à la Constitution, au motif qu'elles ne prévoient pas de voie de recours en cas de refus de légalisation d'actes d'état civil, par la décision n° 2021-972 QPC du 18 février 2022 du Conseil constitutionnel, qui a toutefois reporté au 31 décembre 2022 la date de leur abrogation. Par une décision n°s 48296, 448305, 454144, 455519 du 7 avril 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé le décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, pris pour l'application de ces dispositions législatives, en reportant la date et l'effet de cette annulation au 31 décembre 2022. Il en résulte que les dispositions citées au point 7, qui se sont substituées à compter de leur entrée en vigueur comme fondement de l'exigence de légalisation à la coutume internationale, demeurent applicables jusqu'à cette date.

9. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

10. En l'espèce, pour refuser le titre de séjour sollicité par M. C, le préfet du Calvados a estimé qu'alors que les documents d'état civil qu'il avait présentés à l'appui de sa première demande de titre de séjour présentaient déjà des incohérences de nature à remettre en cause leur authenticité, les documents produits à l'appui de sa demande de renouvellement mettent en évidence de nouvelles incohérences qui attestent de leur caractère frauduleux.

11. Il ressort des pièces du dossier que dans le cadre de sa première demande de titre de séjour, M. C avait produit un jugement supplétif valant acte de naissance en date du 22 mars 2019 du tribunal de première instance de Conakry III Mafanco ainsi qu'un extrait du registre de transcription du jugement supplétif en date du 3 avril 2019, ces deux actes portant le cachet attestant de leur légalisation le 12 avril 2019. Ainsi que le rappelle la décision en litige, des éléments de non-conformité relevés le 10 août 2022 par la direction de la coopération internationale de sécurité avaient conduit le préfet à rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé. A l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. C a produit une nouvelle version du jugement supplétif et de l'extrait du registre de transcription du jugement supplétif, établis à la même date que les précédents, par les mêmes autorités, portant les mêmes numéros et revêtus du cachet attestant de leur légalisation le 12 avril 2019. Toutefois, il ressort de la comparaison de ces deux actes que le premier a été établi à la requête, présentée le 14 mars 2019, du père de l'intéressé, M. F C, alors que M. C a indiqué aux services de la préfecture au cours d'un entretien qui a eu lieu le 17 mai 2022 que son père était décédé en 2017, ce qu'il confirme dans le cadre de la présente instance. La nouvelle version du jugement supplétif mentionne que celui-ci a été établi à la requête, également présentée le 14 mars 2019, de la mère du requérant, Mme E C, et indique que l'intéressé est le fils de " feu F C ". Le requérant soutient que les documents qu'il a présentés à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour lui ont été envoyés par sa mère et que n'étant pas parvenu depuis lors à la contacter, il n'est pas en mesure d'expliquer ces discordances. Eu égard à ces incohérences manifestes et non expliquées s'agissant de jugements supposés être établis aux mêmes dates et par les mêmes autorités, et même si M. C a produit une carte consulaire et un passeport, lesquels sont dépourvus de toute force probante pour l'application de l'article 47 du code civil dès lors qu'ils ne constituent pas des actes d'état civil, le préfet a pu en déduire que les documents d'état civil produits à l'appui de la demande de renouvellement de titre de séjour étaient entachés de fraude et ne permettaient pas de justifier de l'état civil de M. C ni, par suite, de l'âge auquel il avait été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Dans ces conditions, le préfet du Calvados a pu, à supposer même réunies les autres conditions énoncées à l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, légalement se fonder sur ce seul motif pour rejeter la demande de l'intéressé.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

13. Si le requérant se prévaut de sa présence en France d'une durée de cinq années à la date de la décision en litige, de la formation professionnelle qu'il y suit, des attestations de ses formateurs et d'un rapport social positif, ces éléments ne sauraient à eux-seuls suffire à établir un ancrage ancien et solide de l'intéressé sur le territoire français, alors que les attestations qu'il produit ne révèlent pas l'existence de liens personnels solides et qu'il a vécu l'essentiel de sa vie en Guinée, où résident sa mère, sa sœur et son oncle. Compte tenu ce qui précède, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige lui refusant la délivrance d'un titre de séjour a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, les moyens invoqués sans développement complémentaire tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation résultant de la décision en litige sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, les moyens invoqués sans développement complémentaire tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation résultant de la décision en litige sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 février 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Cavelier et au préfet du Calvados.

Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024 à laquelle siégeaient :

M. Marchand, président,

Mme Pillais, première conseillère,

Mme Silvani, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SILVANI

Le président,

Signé

A. MARCHANDLa greffière,

Signé

A. D'OLIF

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

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