lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ASSOCIATION MARAND-GOMBAR MALGORN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, Mme B B, représentée par Me Léandri, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du préfet du Calvados du 6 mars 2024 refusant de prendre en compte le stage de récupération de points réalisé du 26 au 27 janvier 2024.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle exerce la profession d'antiquaire en qualité d'auto-entrepreneuse, qui implique la recherche et l'achat de biens sur une grande partie du territoire ;
- le permis de conduire est indispensable à l'exercice de sa profession ;
- elle n'a jamais conduit sous l'empire d'un état alcoolique ou sous stupéfiants, n'a jamais commis de grands excès de vitesse et n'a jamais été à l'origine de blessures ou d'homicides involontaires.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- une décision 48 SI irrégulièrement notifiée ne fait pas obstacle à la recapitalisation automatique ou à la possibilité de faire un stage de récupération de points, conformément à l'article L. 223-6 du code de la route ;
- le relevé d'information intégral fait apparaître une décision 48 SI envoyée le 25 juin 2020 ;
- si cette décision 48 SI avait été correctement notifiée, le relevé d'information indiquerait un permis de conduire invalide depuis juin 2020 ;
- dès lors, elle est titulaire d'un permis de conduire valide ;
- elle n'a commis aucune infraction entraînant une perte de points depuis plus de trois ans et doit récupérer la totalité de ses points ;
- le stage de récupération de points, qui a été réalisé avant la notification régulière d'une décision 48 SI, doit être pris en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le pli contenant la décision 48 SI a été présenté à son domicile le 20 juillet 2020 ; elle s'est abstenue de le retirer alors qu'elle a été informée par un avis de passage ;
- la présente requête doit être regardée comme tendant à la suspension de l'exécution de la décision 48 SI en tant qu'elle invalide son permis de conduire ; la requête au fond, qui a été présentée après l'expiration du délai de recours, est irrecevable ; dès lors, la requête en référé suspension doit être rejetée comme manifestement mal fondée ;
- la requérante a commis dix infractions, dont sept excès de vitesse ; elle s'est elle-même placée dans la situation d'urgence qu'elle invoque ;
- la décision 48 SI est réputée notifiée le 20 juillet 2020, antérieurement au stage de sensibilisation ; dès lors, la requérante ne peut pas bénéficier des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route ;
- la requérante n'était plus, à compter de la notification le 20 juillet 2020 de la décision 48 SI, titulaire du permis de conduire ; elle ne pouvait donc bénéficier d'une reconstitution du nombre de points affecté à son titre de conduite.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 mars 2024 sous le n° 2400737 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du préfet du Calvados du 6 mars 2024 refusant de prendre en compte le stage de récupération de points réalisé du 26 au 27 janvier 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. C a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes du II de l'article R. 223-8 du même code : " Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'administration est tenue de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, notification d'une décision l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points. Par ailleurs, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé.
3. En l'espèce, le pli recommandé contenant la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de Mme B pour solde de points nul a été présenté le 20 juillet 2020 au n° 1 La Vallée à Laize-Clinchamps, qui correspondait à l'adresse du domicile de Mme B. En dépit de l'avis de passage déposé dans sa boîte aux lettres, Mme B n'a pas retiré ce pli, qui a été retourné à l'expéditeur le 5 août 2020. Ainsi, la notification de la décision 48 SI doit être regardée comme régulière. La requérante a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 26 au 27 janvier 2024, postérieurement à la notification de la décision 48 SI. Compte tenu de ces éléments, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route n'est pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Aucun des autres moyens visés ci-dessus n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est satisfaite ni d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme B doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Caen, le 8 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026