vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ASSOCIATION MARAND-GOMBAR MALGORN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 28 mars 2024, M. C A, représenté par Me Léandri, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 20 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il dirige plusieurs établissements de restauration et hôtels dans quatre départements ;
- il ne peut pas prendre les transports en commun compte tenu de l'éloignement entre son domicile et ses établissements ;
- le délit qui lui est reproché ne pouvait même pas donner lieu avant 2022 à une rétention de permis de conduire ; l'infraction commise n'est assortie d'aucune circonstance aggravante et n'implique pas d'alcool ni de stupéfiants ;
- il vient d'acquérir un établissement en Normandie qui nécessite une force de travail très importante pour préparer les 80 ans du débarquement.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- le délit de refus d'obtempérer ne justifie une rétention du permis de conduire que depuis janvier 2022 ; le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en l'absence d'infraction au code de la route ; il appartenait au préfet de vérifier si le délit était caractérisé avant de suspendre le permis de conduire ;
- il s'agissait d'un contrôle routier d'un véhicule circulant à 20 km/h avec une incompréhension du conducteur sur l'intention du véhicule muni d'un gyrophare situé derrière lui ; aucune urgence ne justifiait que le contradictoire ne soit pas respecté.
Le préfet du Calvados, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 mars 2024 sous le n° 2400787 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 20 mars 2024 du préfet du Calvados portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lebossé, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Léandri, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise que la préfecture n'a pas produit le procès-verbal d'interpellation ; il est en période de recrutement pour l'établissement saisonnier qu'il vient d'acquérir en Normandie.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
M. A a produit une note en délibéré, enregistrée le 11 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, qu'il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du 20 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois, le requérant expose qu'il dirige plusieurs établissements de restauration et hôtels dans quatre départements, qu'il vient d'acquérir un établissement en Normandie qui a une activité saisonnière et pour lequel il doit procéder au recrutement du personnel en vue de l'accueil de clients pour la commémoration du débarquement. Il ressort de l'extrait de relevé versé au dossier que M. A, qui dispose d'un solde de 10 points sur 12 affectés à son permis de conduire, n'a pas commis d'infraction au code de la route depuis le 23 avril 2021. Dans ces conditions, le requérant justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et donc, de l'urgence qui s'attache à ce que soit prononcée une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
4. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : / () 6° Le permis de conduire a été retenu à la suite d'un refus d'obtempérer commis dans les conditions prévues aux articles L. 233-1 et L. 233-1-1. / II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d'accident de la circulation ayant entraîné la mort d'une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, de refus d'obtempérer commis dans les conditions prévues à l'article L. 233-1-1, de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. / () ". Les décisions de suspension de permis de conduire prononcées sur le fondement de ces dispositions constituent des mesures de police administrative prises par l'autorité préfectorale, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir à qui il appartient de contrôler, sans se limiter à vérifier l'absence d'erreur manifeste d'appréciation, tant le principe que la durée de la suspension prononcée par le préfet.
5. Le requérant, qui dispose d'un solde de 10 points sur 12 affectés à son permis de conduire et n'a pas commis d'infraction au code de la route depuis le 23 avril 2021, a fait l'objet d'une suspension de permis de conduire d'une durée de six mois pour un refus d'obtempérer le 20 mars 2024 à 00 h 10 sur la commune de Touques. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant ait été à l'origine d'un accident de la circulation ou ait commis une autre infraction le 20 mars 2024. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 20 mars 2024 du préfet du Calvados portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 20 mars 2024 du préfet du Calvados portant suspension du permis de conduire de M. A pour une durée de six mois, est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados.
Fait à Caen, le 12 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026