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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400826

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400826

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400826
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTSARANAZY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2024 à 21 h 30, et des pièces complémentaires enregistrées le 1er avril 2024, M. A C, représenté par Me Tsanarazy, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Manche de renouveler son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " salarié ", sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est présumée en cas de refus de renouvellement d'un récépissé ;

- il a fait parvenir à la préfecture l'autorisation de travail demandée ;

- il exerce une activité salariée en tant qu'intérimaire qui lui est essentielle afin de subvenir à ses besoins et prendre en charge sa famille ;

- en l'absence de régularisation de sa situation administrative, son employeur lui a indiqué qu'il ne pourrait plus continuer à l'embaucher, alors qu'il envisage de lui confier une nouvelle mission.

Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

- l'administration devra justifier d'une délégation de signature au profit de l'auteur de la décision de refus de renouvellement ;

- en refusant de délivrer le récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, les services préfectoraux ont méconnu les articles R. 431-12 et R. 431-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de la préfecture porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et de venir, à la liberté du travail et au droit de mener une vie privée et familiale normale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le préfet de la Manche conclut au non-lieu à statuer, ses services ayant procédé au renouvellement du récépissé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été averties de la radiation du rôle de l'audience du 2 avril 2024.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Il résulte de l'instruction que M. A C, ressortissant géorgien, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour portant la mention " salarié " qui arrivait à expiration le 16 mai 2023. Il a obtenu le 4 mai 2023 un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, valable jusqu'au 16 novembre 2023 et prolongé jusqu'au 16 février 2024. M. C a demandé en janvier 2024 le renouvellement de ce récépissé. A la demande de la préfecture, il a transmis le 5 mars 2024 une autorisation de travail. Par la présente requête, M. C, qui exerce depuis avril 2022 des missions d'intérim en tant que logisticien nucléaire, demande qu'il soit enjoint au préfet de la Manche de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour en tant que salarié.

3. Les services de la préfecture ont délivré à M. C le 2 avril 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'au 1er juin 2024. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser au requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise au préfet de la Manche.

Fait à Caen, le 3 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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