vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEREVEREND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 avril et 20 mai 2024, M. A B, représenté par Me Lerévérend, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour en date du 29 décembre 2023 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
4°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 17 572,26 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice qu'il a subi à raison de l'illégalité entachant, selon lui, l'arrêté attaqué, augmentée de 80,16 euros par jour à compter du 1er avril 2024 jusqu'à ce que lui soit délivré un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de l'existence d'un traitement approprié au Bangladesh ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences en résultant sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences en résultant sur sa situation personnelle.
S'agissant de son préjudice :
- il a subi un préjudice financier, qui sera indemnisé à hauteur de 12 776, 34 euros, en raison de la perte des revenus qu'il percevait, faute de disposer de l'autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
- il a subi un préjudice moral, qui sera indemnisé à hauteur de 3 295,92 euros, en raison de la précarité de sa situation administrative depuis le 13 septembre 2023, date à laquelle l'autorisation provisoire de séjour dont il bénéficiait a pris fin ;
- il a dû exposer des frais de consultation d'un conseil à hauteur de 1 500 euros, somme distincte des frais d'instance dont il demande le versement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires enregistrés les 2 mai, 21 mai et 4 juin 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Silvani ;
- et les observations de Me Lerévérend, avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant du Bangladesh, a déclaré être entrée irrégulièrement sur le territoire français le 10 février 2022. Il a déposé, le 18 février 2022, une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par une décision du 22 décembre 2022 de la cour nationale du droit d'asile. M. B a présenté, le 3 mai 2022, une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a obtenu une autorisation provisoire de séjour valable du 16 février 2023 au 15 mai 2023, renouvelée jusqu'au 12 septembre 2023. Le 10 avril 2023, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 mars 2024, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté qui s'est substitué à la décision implicite de rejet né du silence gardé sur sa demande.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis le 24 avril 2024 au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit admis à l'aide juridictionnelle provisoire, qui sont devenues sans objet.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cet arrêté, qui n'avait pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, est, par suite, suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Calvados n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
6. Il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 5 que, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
7. Par un avis du 8 décembre 2023, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié et son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. D'une part, le requérant soutient qu'il doit être regardé comme bénéficiant toujours de l'avis favorable du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 8 août 2022, qui avait estimé qu'il ne pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et que les soins nécessités par son état de santé devaient être poursuivis pendant une durée de douze mois, dès lors que la situation au Bangladesh n'a pas évalué s'agissant de la disponibilité du traitement approprié à son état de santé, entre le mois d'août 2022 et le mois de décembre 2023, date du dernier avis. Toutefois, alors que le premier avis avait préconisé la poursuite des soins en France pour une durée de douze mois et que la délivrance du titre de séjour sollicité par l'intéressé impliquait une réévaluation de son état de santé, M. B n'établit pas ni même n'allègue que le traitement qui lui était administré est resté identique entre la date à laquelle le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est prononcé par son premier avis le 8 août 2022 et la date à laquelle il a délivré le second avis, le 8 décembre 2023, soit plus d'un an et demi après. Dans ces conditions, M. B ne peut se prévaloir d'un avis favorable du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
9. D'autre part, M. B indique souffrir d'une hépatite B, d'une cirrhose hépatique et d'un diabète de type 2. Pour contester l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 8 décembre 2023, l'intéressé produit des extraits du rapport de 2024 de l'Organisation mondiale de la santé consacré à l'hépatite dans le monde, des ordonnances médicales ainsi que des attestations établies par un médecin généraliste et un médecin du service de diabétologie-endocrinologie du centre hospitalier universitaire de Normandie selon lesquelles son état de santé nécessite un traitement, dont l'arrêt est susceptible d'engager à plus ou moins long terme le pronostic vital et auquel il n'a pas accès dans son pays d'origine. Toutefois, ces attestations, en ce qu'elles font état de l'absence de traitement approprié dans le pays d'origine, ne sont pas suffisamment circonstanciées pour remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. De même, si le requérant fait état de considérations générales sur le système de santé et sur le coût des traitements au Bangladesh, il ne produit aucun élément suffisamment précis propre à établir que le traitement qui lui est nécessaire ne lui sera pas accessible et que ses capacités contributives ne lui permettront pas de se le procurer, alors en outre qu'il ressort du rapport MedCoi en date de mai 2024 que si les frais de consultation et les coûts des médicaments soignant l'hépatite ne sont généralement pas pris en charge par les mécanismes publics d'assurance maladie, l'exonération totale ou partielle de ses frais peut être pratiquée, sur recommandation du ministère de la protection sociale, dans les établissements publics. Il résulte de ce qui précède que les éléments produits par le requérant ne permettent pas de remettre en cause le bien-fondé de l'avis du collège des médecins du 8 décembre 2023. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation de l'existence d'un traitement approprié au Bangladesh et méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; ".
11. Il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles qu'elles visent et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Or, ainsi qu'il a été exposé au point 9, M. B ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'était pas tenu de saisir pour avis la commission du titre de séjour avant de prendre la décision de refus de séjour litigieuse.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". En application de ces stipulations, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Ces stipulations ne garantissent pas, en outre, à l'étranger le droit de choisir l'endroit le plus approprié pour développer une vie privée et familiale.
13. En l'espèce, M. B se borne à indiquer qu'il justifie d'une insertion professionnelle forte, ce dont témoigne le soutien que lui a apporté son employeur. Toutefois, cet élément ne saurait suffire à établir un ancrage ancien et solide de l'intéressé en France alors qu'il est arrivé en France en 2022 à l'âge de quarante-sept ans, qu'il justifiait uniquement de deux années de présence sur le territoire français à la date de la décision en litige, qu'il y a travaillé durant seulement sept mois et qu'il a vécu l'essentiel de sa vie au Bangladesh où résident sa femme et ses deux enfants. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, porté une atteinte excessive à son droit à une vie privée et familiale normale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Compte tenu de ce qui précède, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences résultant de la décision en litige sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne s'appliquent plus depuis l'entrée en vigueur de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, à laquelle est soumis le présent litige.
15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences résultant de la décision en litige sur la situation personnelle de l'intéressé, invoqués sans développement complémentaire, ne peuvent être accueillis.
16. En troisième lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
17. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays d'éloignement serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
18. En second lieu, si M. B soutient que la décision en litige méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'établit pas encourir des risques en cas de retour dans son pays d'origine, alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par une décision du 22 décembre 2022 de la cour nationale du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences résultant de la décision en litige sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
19. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que, lorsque, comme en l'espèce, l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7 du même code, " l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
21. Il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision en litige que l'intéressé est arrivé récemment en France, que son épouse, ses trois enfants et le reste de sa famille résident au Bangladesh et qu'il n'établit pas ni même n'allègue avoir des liens familiaux sur le territoire français. Si le requérant fait valoir qu'il suit un traitement médical en France et qu'une interdiction de retour l'empêcherait de poursuivre ses soins, il n'établit pas, comme mentionné au point 9 du présent jugement, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé au Bangladesh. Compte tenu de ce qui précède, de la durée et de ses conditions de séjour en France, et alors même qu'il n'est pas contesté que la présence de l'intéressé en France ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet du Calvados n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de disproportion, en fixant à un an la durée de cette interdiction. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences en résultant sur sa situation personnelle doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
23. En l'absence d'illégalité fautive entachant l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an, les conclusions indemnitaires présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. M. B étant la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lerévérend et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
C. SILVANI
Le président,
Signé
A. MARCHAND Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026