mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 avril et 21 juin 2024, Mme B C, représentée par Me Balouka, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiante, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer, sans délai, un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions de refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 21 mai 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant pour contester le refus de renouveler un titre de séjour portant la mention " étudiant " et la décision fixant le pays de destination ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sénécal, rapporteure,
- et les observations de Me Balouka, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante marocaine née le 23 juillet 1998, est entrée régulièrement sur le territoire français le 3 septembre 2021 munie d'un visa long séjour " étudiant " valable du 16 août 2021 au 16 août 2022. Elle a obtenu une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", valable du 17 août 2022 au 16 août 2023, dont elle a sollicité le renouvellement le 11 juillet 2023. Par l'arrêté attaqué du 26 mars 2024, le préfet du Calvados a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". L'article L. 433-1 du même code dispose que : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. () ". Il appartient à l'autorité administrative saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
3. Pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme C, le préfet du Calvados a considéré que l'intéressée ne démontre aucune progression dans son cursus universitaire depuis son arrivée en France et ne justifie pas du caractère réel et sérieux des études poursuivies. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, arrivée en France le 3 septembre 2021 pour y poursuivre des études en licence de mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales (Miashs) à l'université de Caen-Normandie, après avoir obtenu une licence en méthodes quantitatives appliquées au Maroc, était, à la date de la décision attaquée du 26 mars 2024, inscrite en 3ème année de licence Miashs au titre de l'année universitaire 2023/2024. Si la requérante se prévaut de notes très honorables obtenues dans certaines matières, notamment statistiques, il ressort des pièces du dossier, en particulier des bulletins de notes pour les années universitaires 2021/2022 et 2022/2023, que Mme C a été ajournée à quatre reprises. Le bulletin de notes de l'année universitaire 2021/2022 fait état d'une note d'admission de 6,58 sur 20 à l'issue de la session 1 le 23 mai 2022 et de 3,57 sur 20 pour la session 2 le 11 juillet 2022. Il ressort du bulletin de l'année universitaire 2022/2023 que Mme C a obtenu un résultat d'admission de 7,81 sur 20 le 2 juin 2023 à l'issue de la session 1 et 5,865 sur 20 le 7 juillet 2023 pour la session 2. En outre, neuf absences sont injustifiées lors de la session 2 de l'année universitaire 2022/2023. Si une attestation du 3 avril 2024 certifie que Mme C s'est montrée assidue aux enseignements et aux examens durant le premier semestre de l'année universitaire 2023/2024, à la date de la décision attaquée du 26 mars 2024, elle n'avait pas validé sa première année de licence débutée en 2021. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les résultats obtenus durant le premier semestre de l'année universitaire 2023/2024, qui au demeurant n'ont pas été produits, étaient de nature à remettre en cause l'appréciation du préfet du Calvados quant à l'absence de progression des études de Mme C. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, et en tout état de cause, que Mme C aurait validé sa licence, postérieurement à la décision attaquée. Enfin, si Mme C fait valoir qu'elle a rencontré des difficultés au cours de l'année universitaire 2021/2022 en raison de la situation sanitaire puis qu'elle a été affectée de troubles psychologiques justifiant un suivi médical, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé l'ait réellement et sérieusement empêchée de poursuivre ses études. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en refusant de renouveler le titre de séjour mention " étudiant " de Mme C du fait de l'absence de progression dans les études et de leur caractère réel et sérieux. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En second lieu, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont, par elles-mêmes, sans incidence sur l'appréciation par l'administration des conditions d'obtention d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, la requérante ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations à l'encontre de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour en qualité d'étudiant. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme C ne remplissait pas les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour portant mention " étudiant ". La circonstance que la décision attaquée du 26 mars 2024 intervient au cours de l'année universitaire est sans incidence sur sa légalité dès lors qu'à la date de la décision attaquée, l'intéressée ne bénéficiait pas du droit de se maintenir en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En dernier lieu, pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. Mme C fait valoir qu'elle vit en France depuis trois ans, qu'elle travaille depuis novembre 2021 dans une entreprise de restauration rapide, qu'elle est en couple avec M. A qu'elle a rencontré en France, qu'elle a développé une réelle vie sociale et qu'elle participe régulièrement aux campagnes de don de sang bénévole. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que sa vie sociale est liée à sa relation de couple avec M. A, ressortissant français, laquelle est récente dès lors qu'elle a débuté au cours de l'année 2023. Si Mme C se prévaut, à l'audience, de l'imminence de la célébration du mariage en septembre 2024, aucune pièce ne vient, en tout état de cause, l'attester. En outre, le titre de séjour portant mention " étudiant " dont Mme C a bénéficié jusqu'au 16 août 2023 ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. Enfin, la requérante, qui est sans charge de famille en France, n'établit pas ni même n'allègue être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans. Dans ces conditions, la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados l'a obligée à quitter le territoire.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, conformément aux dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de trente jours à compter de sa notification pour rejoindre le pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays où il est légalement admissible. Si les dispositions de cet article prévoient que l'autorité administrative " peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ", le délai de départ volontaire a, en principe, pour seul objet de permettre l'organisation du départ et non d'accorder un droit supplémentaire et provisoire au séjour. Ainsi, la seule circonstance que la décision intervient en cours d'année universitaire et que Mme C figure sur une liste d'attente pour intégrer un master en statistiques ne suffit pas pour justifier qu'un délai supplémentaire lui soit accordé, l'intéressée n'ayant, au demeurant, formulé aucune demande en ce sens ni justifié d'une chance réelle et sérieuse de réussir ses examens et ainsi de valider son année de licence. Par suite, le préfet du Calvados n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, commis une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas à Mme C, à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
13. En second lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions doit, par voie de conséquence, être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
15. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination, qui n'a pas, en elle-même, pour objet de refuser le droit au séjour ou d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code énonce que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Calvados a assorti l'obligation de quitter le territoire prononcée à l'encontre de Mme C d'un délai de départ volontaire de trente jours et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Il est constant qu'avant l'obtention de son titre de séjour, Mme C s'était déjà rendue en France sans s'y maintenir irrégulièrement et n'a jamais fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que son comportement caractérise, à la date de la décision attaquée, une menace pour l'ordre public. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, Mme C vit en France depuis trois ans et entretient depuis 2023 une relation amoureuse avec M. A, ressortissant français. Eu égard à sa durée et à ses conséquences, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an porte une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale au regard du but poursuivi et est, par suite, entachée d'illégalité.
19. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet du Calvados a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024 en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme C présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Calvados du 26 mars 2024 prononçant à l'encontre de Mme C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Balouka et au préfet du Calvados.
Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
I. SENECAL
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUD
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026