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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2401269

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2401269

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2401269
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, M. C A, représenté par Me Levet, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet du Calvados sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de soixante-douze heures à compter de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- un refus de renouvellement du droit au séjour est présumé constituer une situation d'urgence ;

- privé de son récépissé, il ne pourra plus travailler alors qu'il est titulaire d'un contrat à durée indéterminée ;

- son épouse, qui attend en enfant pour le mois d'août 2024, n'a pas de revenus.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le préfet du Calvados indique que le requérant a été convoqué le 21 mai 2024 en vue du renouvellement de son récépissé.

Par un mémoire, enregistré le 28 mai 2024, M. A déclare maintenir sa demande relative aux frais d'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 mai 2024 sous le n° 2401268 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par le préfet du Calvados sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lebossé, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me Châles, substituant Me Levet, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Elle demande en outre le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, de nationalité ivoirienne, était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 11 avril 2023. Il a sollicité en ligne le 27 février 2023 sur le site internet " démarches simplifiées.fr " le renouvellement de son titre de séjour. Il a obtenu le 14 mars 2023 un récépissé, valable jusqu'au 11 octobre 2023. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé sur sa demande.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi ci-dessus mentionnée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Calvados a informé le requérant, par un courriel du 17 mai 2024, qu'il était convoqué le 21 mai 2024 en vue de la délivrance d'un récépissé. Ainsi que le relève le préfet dans ses écritures en défense, ce courriel confirme que la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A est en cours d'instruction. Par suite, les conclusions tendant à la suspension des effets de la décision implicite du préfet du Calvados et les conclusions aux fins d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les frais liés au litige :

4. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Levet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Levet de la somme de 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A autres que celles relatives aux frais exposés et non compris dans le dépens.

Article 3 : Sous réserve que Me Levet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Levet une somme de 500 euros sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. A.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Levet et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Caen, le 4 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

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