mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401551 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PAPINOT |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le numéro 2401551, par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Papinot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 30 mai 2024 par laquelle le préfet du Calvados a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocat, Me Papinot, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Papinot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
B soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est parfaitement intégrée en France ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Calvados fait valoir que :
- il a pris à l'encontre de B, le 8 octobre 2024, une décision explicite de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français ; cette décision explicite s'est substituée au refus implicite ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
II. Sous le numéro 2402793, par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Papinot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 octobre 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocat, Me Papinot, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Papinot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
B soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions refusant l'admission au séjour et portant obligation de quitter le territoire :
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnait les articles L. 721-4 et L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 novembre 2024 et le 4 décembre 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,
- et les observations de Me Papinot, avocate de B.
Une note en délibéré présentée par B a été enregistrée le 21 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante nigériane, a déposé le 20 octobre 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour, réceptionnée le 27 suivant, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé par le préfet du Calvados a fait naître une décision implicite de rejet. Par la requête n° 2401551, B demande l'annulation de ce refus implicite. Postérieurement à cette décision implicite, est intervenu un arrêté du 8 octobre 2024, par lequel le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la requête n° 2402793, B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2401551 et 2402793 concernent un même ressortissant étranger, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
3. Par une décision du 26 novembre 2024, B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il s'ensuit que sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle a perdu son objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur l'étendue du litige :
4. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête, dirigées contre la décision implicite par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de délivrance de titre de séjour présentée par B, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 8 octobre 2024 par lequel le préfet du Calvados a explicitement rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 8 octobre 2024 :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
6. En premier lieu, l'arrêté du 8 octobre 2024, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de la requérante, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, malgré l'absence de visa de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par ailleurs, les circonstances invoquées par la requérante relatives aux erreurs figurant sur l'arrêté critiqué quant à la durée de son séjour, à l'absence de précisions quant à la scolarisation des enfants ou encore au fait qu'elle assume seule l'entretien de ses enfants, ne caractérisent pas un défaut de motivation mais concernent le bien-fondé de la décision. Par suite, B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Calvados n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de la situation personnelle de B. Si le préfet mentionne, à tort, que B totalise six années et onze mois de présence en France à la date du dépôt du dossier, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci prend en compte la date non contestée de son entrée en France, à savoir le 19 septembre 2015. Par ailleurs, le préfet a également relevé que les deux enfants de la requérante sont nés en France en 2015 et 2019, et indique que des certificats de scolarité ont été produits pour la fille ainée de la requérante. Enfin, s'agissant de la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants, la décision litigieuse se borne à mentionner que B n'en apporte pas la preuve, ce qui n'est pas contesté par les pièces versées au dossier, nonobstant la circonstance que B vit avec ses enfants. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen particulier de sa situation doivent être écartés.
8. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
9. B se prévaut de neuf années de présence en France et fait valoir que ses deux enfants, nés en France en 2015 et 2019, sont scolarisés. Toutefois, le plus âgé d'entre eux, était, à la date de l'arrêté attaqué, en classe de CE2 et le second en classe de moyenne section d'école maternelle, et il ne ressort pas des pièces du dossier, ni même n'est sérieusement contesté, qu'ils ne pourraient pas poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Par ailleurs, pour justifier d'une insertion sociale et professionnelle, B se borne à faire valoir sans en justifier précisément qu'elle a exercé une activité de bénévolat et une activité professionnelle informelle dont il est constant qu'elle ne lui a pas permis de bénéficier de revenus lui permettant notamment de se loger. Elle produit également un courrier de l'évêque de Bayeux et de Lisieux de février 2023 adressé à l'occasion de son baptême qui ne suffit pas davantage à justifier de l'intensité des liens qu'elle aurait noués en France. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle est hébergée avec ses deux enfants dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence depuis son arrivée en France en 2015. Enfin, elle se borne à faire mention d'une offre d'emploi comme auxiliaire de vie auprès d'une association d'aide à la personne sans justifier disposer des qualifications nécessaires à cet emploi. L'ensemble de ces circonstances n'est pas de nature à établir que la situation de B répond à des considérations humanitaires ou que son admission au séjour se justifie au regard de motifs exceptionnels. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen doit donc être écarté comme non fondé.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 9, B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant refus de lui délivrer un titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport au but que cette mesure poursuit. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Si B soutient que ses enfants résident depuis leur naissance en France, elle n'établit cependant pas que ceux-ci ne pourraient pas poursuivre leur vie familiale avec elle dans leur pays d'origine, ni qu'ils ne pourraient pas y être scolarisés et y avoir des activités sportives. En outre, il ressort des pièces du dossier que le père de ses enfants ne réside pas en France. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Calvados aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
14. Il résulte de tout ce qui précède que B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 octobre 2024 lui refusant un titre de séjour.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire :
15. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et ensemble le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux développés aux points 8 à 13.
16. Il résulte de ce qui précède que B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
17. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. () ".
18. En outre, l'article L. 711-2 de ce code prévoit que pour satisfaire aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, " l'étranger rejoint le pays dont il a la nationalité ou tout pays, autre qu'un Etat membre de l'Union européenne, la République d'Islande, la Principauté du Liechtenstein, le Royaume de Norvège ou la Confédération suisse, dans lequel il est légalement admissible ".
19. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". L'autorité administrative chargée de prendre la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger a l'obligation de s'assurer, au vu du dossier dont elle dispose et sous le contrôle du juge, que les mesures qu'elle prend n'exposent pas l'étranger à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
20. D'une part, si B soutient qu'elle serait exposée à des menaces la visant personnellement ainsi que sa fille, en cas de retour dans son pays d'origine, en raison du risque d'excision pesant sur elles, elle ne produit toutefois aucun élément probant et circonstancié à l'appui de ses allégations. D'autre part, il est constant que les enfants mineurs de, dont elle a la charge, ont la nationalité nigériane. Dès lors, le préfet du Calvados pouvait légalement se fonder sur les dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 711-2 pour fixer le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
22. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les () décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
23. En premier lieu, il ressort des mentions de la décision en litige que le préfet a examiné la situation de l'intéressée au regard de l'ensemble des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation, doivent être écartés.
24. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ensemble le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation de la décision portant interdiction de retour sur la situation personnelle de B, doivent, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à cette décision, être écartés par les mêmes motifs que ceux développés précédemment, s'agissant du refus de séjour.
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 octobre 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Papinot et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- Mme Pillais, première conseillère,
- Mme Absolon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
Signé
C. ABSOLON
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
2 et 2402793
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026