mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. A C, représenté par Me Père, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 8 avril 2024 de cessation des conditions matérielles d'accueil prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration à son encontre ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à son profit dans l'attente du jugement au fond et ce, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la privation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil implique une situation de grande précarité et est constitutive d'une situation d'urgence ; il vit dans la rue sous une tente en région parisienne et ne dispose d'aucune ressource matérielle lui permettant de subvenir à ses besoins ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
• il appartient à l'OFII de justifier de la compétence de la signataire de l'acte ;
• la décision n'est pas motivée ; d'une part, elle ne reprend pas les faits qui lui sont reprochés et, d'autre part, elle n'explique pas les raisons pour lesquelles l'OFII n'a pas décidé d'une cessation partielle plutôt que totale ;
• il appartient à l'OFII de démontrer qu'il a été mis en mesure de faire valoir ses observations ;
• il appartient à l'OFII de démontrer qu'il a bénéficié de l'examen de vulnérabilité diligenté par un agent spécialisé en application des dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
• la décision est entachée d'une erreur de fait puisqu'il est toujours dans l'attente de son entretien auprès de l'OFPRA et n'a reçu aucune convocation à se rendre auprès de la préfecture dans le cadre de sa demande d'asile ; en outre, il s'est rendu à son entretien devant l'officier de protection de l'OFPRA le 16 mai 2024 ;
• en prenant une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil alors qu'il n'a manqué à aucune de ses obligations, l'OFII a commis une erreur de droit ;
• l'OFII, en l'empêchant de pouvoir bénéficier des conditions matérielles d'accueil, lui impose un traitement humiliant témoignant d'un manque de respect pour sa dignité ; la décision porte atteinte au respect de son droit à la dignité humaine ;
• la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il n'était ni nécessaire ni justifié de mettre fin totalement aux conditions matérielles d'accueil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requête en annulation est tardive ; la décision attaquée est réputée notifiée le 12 avril 2024 ;
- la condition de l'urgence n'est pas remplie, le requérant s'étant lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque ; en outre, il n'apporte aucun élément justifiant d'une quelconque aggravation de ses conditions de vie et ne justifie pas de ses conditions de subsistance depuis la cessation de son bénéfice ; par ailleurs, il peut bénéficier d'une prise en charge par le dispositif 115 ; enfin, il ne peut être regardé comme présentant une vulnérabilité particulière ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 juin 2024 sous le numéro 2401633 par laquelle
M. C demande l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 8 avril 2024.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Audrey Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 8 juillet 2024 à 16h, en présence de Mme Bloyet, greffière d'audience, le rapport de Mme B.
Après avoir constaté que les parties n'étaient ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, de nationalité érythréenne, a présenté une demande d'asile enregistrée au guichet unique le 11 décembre 2023. Le même jour, il a signé l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Il a été orienté vers un hébergement pour demandeurs d'asile le 27 février 2024 mais ne s'y est pas présenté. L'Office lui a adressé, le 7 mars 2024, un courrier portant intention de cessation des conditions matérielles d'accueil pour non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, courrier avisé le 12 mars 2024 mais non réclamé par M. C. Par une décision du 8 avril 2024, l'Office a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. C. Le requérant demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Eu égard au délai dans lequel le juge des référés doit se prononcer, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la requête de M. C :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
5. Si la requête tendant à l'annulation du ou des actes administratifs dont la suspension est demandée est irrecevable, aucun des moyens présentés au soutien d'une requête formée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité du ou des actes administratifs contestés. Lorsqu'elle ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés, l'irrecevabilité de la requête à fin d'annulation doit être relevée, le cas échéant d'office, par le juge des référés pour constater que la requête aux fins de suspension ne peut qu'être rejetée.
6. Il résulte de l'instruction, en particulier du suivi postal du pli contenant la décision attaquée du 8 avril 2024, que ce pli a été présenté à l'adresse du requérant le 12 avril 2024, que n'ayant pu être distribué, il a été mis à disposition de M. C au bureau de poste pendant quinze jours et qu'à l'expiration de ce délai, le pli a été retourné à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dans ces conditions, la décision attaquée doit être regardée comme régulièrement notifiée le 12 avril 2024, ce que ne conteste d'ailleurs pas le requérant. La demande d'annulation de cette décision, qui comporte la mention des délais et voies de recours, ayant été enregistrée au greffe du tribunal le 24 juin 2024, soit au-delà du délai de recours contentieux de deux mois, est, par suite, tardive. Les conclusions à fin de suspension et d'injonction de M. C ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
7. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de M. C relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Père et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée pour information au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Caen, le 9 juillet 2024.
La juge des référés
SIGNÉ
A. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026