mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401653 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juin 2024 et le 9 juillet 2024, M. E A, représenté par Me Cavelier, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, sans délai, une attestation de prolongation d'instruction en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie ; il bénéficie d'une décision favorable de la Cour nationale du droit d'asile ; depuis le non-renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction, il n'a plus aucune ressource, ni logement et sa situation sociale se dégrade ; il est de plus en plus fragile psychologiquement ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
• la décision n'est pas motivée en droit ;
• le préfet a commis une erreur de droit et d'appréciation ; dès lors que la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire, le préfet était en situation de compétence liée pour lui délivrer une carte de séjour en cette qualité ;
• il a voulu reprendre son identité, celle B D D étant une identité d'emprunt ; il est d'ailleurs poursuivi par le tribunal correctionnel pour l'utilisation de la fausse identité B D D ; ses empreintes correspondent à celles prises en fonction de son passeport d'emprunt qui lui a permis de venir en France pour demander l'asile.
Par des mémoires, enregistrés les 8 et 10 juillet 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie ; la comparaison des empreintes et la consultation de la base de données Eurodac, confirmée par la consultation des photographies, ont révélé que la personne se présentant comme étant M. A est connue pour avoir sollicité l'asile sous l'identité de M. B D D, né le 24 décembre 1988 à N'djamena, de nationalité tchadienne et pour avoir voulu solliciter un réexamen sous l'identité de Hussein Mohamed, de nationalité soudanaise ; la consultation de la base de données Eurodac le 6 juin 2023 n'a pas donné de correspondance entre les empreintes de la personne se présentant comme étant M. A à la préfecture du Calvados et la personne ayant effectivement sollicité et obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire ; la personne qui s'est présentée à la préfecture comme étant M. A doit donc être regardée comme étant M. B D D qui a vu sa demande d'asile rejetée ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sur la légalité de la décision attaquée ; d'une part, la décision est suffisamment motivée ; d'autre part, M. D ne justifie pas être M. A, bénéficiaire de la protection subsidiaire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 juin 2024 sous le numéro 2401651 par laquelle
M. A demande l'annulation de la décision du préfet du Calvados.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Audrey Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 10 juillet 2024 à 9 heures, en présence de Mme Bloyet, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Cavelier, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant que le tribunal correctionnel l'a relaxé pour utilisation de la fausse identité " M. A " et qu'il est, en revanche, poursuivi pour l'utilisation de la fausse identité " M. D " ; que la photographie sur le passeport de M. D ne lui correspond pas ; qu'il s'est présenté devant l'OFPRA et la CNDA qui a relevé qu'il avait répondu aux questions avec des indications précises ; qu'il est originaire du Darfour et a fui le Soudan en 2008 ; que peu importe son nom, c'est bien lui qui a obtenu la protection subsidiaire ; que la préfecture n'a pas de trace d'un autre M. A puisqu'il est bien M. A.
Le requérant produit à l'audience l'original de son permis de conduire tchadien délivré en 2015 sur lequel figure sa photographie et qui est au nom de M. A.
Après avoir constaté que le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le requérant, se présentant comme étant M. E A, ressortissant soudanais né le 19 septembre 1993, est entré en France, selon ses déclarations, le 17 septembre 2019 sous une fausse identité, M. B D D, né le 24 décembre 1998, ressortissant tchadien. Le requérant a demandé au préfet du Calvados de lui délivrer une carte de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, la Cour nationale du droit d'asile ayant accordé cette protection à M. A le 25 octobre 2022. Par une décision du 24 avril 2024, le préfet du Calvados a indiqué que l'instruction de cette demande était suspendue. Le requérant demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Eu égard au délai dans lequel le juge des référés doit se prononcer, il y a lieu d'admettre le requérant, se disant M. A, au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la requête de M. A :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " d'une durée maximale de quatre ans. / Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. ".
5. Par la décision attaquée du 24 avril 2024, le préfet du Calvados a décidé de ne pas poursuivre " pour le moment " l'instruction de la demande de titre de séjour " bénéficiaire de la protection subsidiaire " du requérant, se disant M. A, au motif qu'il avait été identifié comme étant M. B D D, dont la demande d'asile avait été rejetée et qu'il n'était pas établi que M. D et M. A, qui bénéficie de la protection subsidiaire, seraient la même personne.
6. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 24 avril 2024.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence, que le requérant n'est pas fondé à demander la suspension de la décision par laquelle le préfet du Calvados a refusé de lui de délivrer une carte de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire.
8. Il y a lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin de suspension, de rejeter les conclusions à fin d'injonction ainsi que les conclusions de Me Cavelier relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Le requérant, se disant M. A, est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A, à Me Cavelier et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Calvados et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Caen, le 10 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
A. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026