mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LEBEY |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2401560 les 19 juin, 1er août et 5 septembre 2024, M. D C, représenté par Me Lebey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite née du rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour présentée le 4 décembre 2023 ainsi que celle refusant de lui délivrer une autorisation de travail enregistrée le 28 mars 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer la carte de séjour pluriannuelle sollicitée dans le délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne peut pas refuser un titre de séjour au seul motif qu'il n'aurait pas produit une autorisation de travail ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant refus de renouveler l'autorisation de travail qui lui avait été précédemment délivrée et lui avait permis d'obtenir une carte de séjour pluriannuelle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Le 16 septembre 2024, le préfet du Calvados a produit un mémoire, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2401674 les 28 juin, 1er août et 5 septembre 2024, M. D C, représenté par Me Lebey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ainsi que la décision refusant implicitement de lui délivrer une autorisation de travail ou la classant sans suite ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle dans le délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet a commis une erreur de droit en exigeant une nouvelle autorisation de travail ; en tout état de cause, des demandes d'autorisation ont été déposées ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant refus de lui délivrer une autorisation de travail ou l'éventuel classement sans suite de sa demande est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il a été en possession d'une carte pluriannuelle " salarié " d'une durée de quatre ans et bénéficiait nécessairement d'une autorisation de travail en cours de validité, et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et est contraire à l'intérêt supérieur de sa fille.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Le 16 septembre 2024, le préfet du Calvados a produit un mémoire, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience.
M. D C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, à hauteur de 25 %, par des décisions du 17 septembre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sénécal, rapporteure,
- et les observations de Me Lebey, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant sri-lankais né le 9 octobre 1987, déclare être entré régulièrement en France le 24 mai 2013. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 30 juin 2014 du directeur de par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile du 29 janvier 2015. Par un arrêté du 26 novembre 2015, le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'intéressé, qui s'est maintenu sur le territoire, a demandé, le 6 juillet 2017, son admission exceptionnelle au séjour et a été mis en possession d'une carte de séjour mention " salarié " du 24 octobre 2017 au 23 octobre 2018, renouvelée jusqu'au 23 octobre 2019, puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 23 octobre 2023. Il a demandé, le 4 décembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour, demande qui a été implicitement rejetée du fait du silence gardé par l'administration. Par un arrêté du 20 juin 2024, le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer la carte de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par les requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un même jugement, M. C demande l'annulation de la décision rejetant implicitement sa demande de titre de séjour ainsi que de l'arrêté du 20 juin 2024 et de la décision refusant implicitement de délivrer une autorisation de travail.
Sur le cadre du litige :
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ". Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté une demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture du Calvados le 4 décembre 2023 qui, restée sans réponse pendant plus de quatre mois, a donné lieu à une décision implicite de rejet le 4 avril 2024. Toutefois, par un arrêté du 20 juin 2024, le préfet a expressément rejeté la demande de M. C. Dans ces conditions, la décision du 20 juin 2024 s'est substituée à la décision implicite de rejet. Les conclusions à fin d'annulation de M. C ainsi que les moyens dirigés contre la décision implicite initiale doivent être regardés comme étant exclusivement dirigés contre l'arrêté du 20 juin 2024.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2023-243 du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet du Calvados a donné délégation à Mme B A, adjointe à la cheffe du bureau du séjour, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de ce bureau. Celles-ci comprennent, en application de l'article 3-4-1 de l'arrêté préfectoral du 30 août 2021 portant organisation des services de la préfecture du Calvados, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2021-158 du 31 août 2021 et consultable sur le site internet de la préfecture, la rédaction et la notification des refus de séjour avec ou sans obligation de quitter le territoire français, les décisions refusant ou octroyant un délai de départ volontaire, la désignation du pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français. Dès lors, Mme B A avait compétence pour signer l'arrêté attaqué du 20 juin 2024 et, en particulier, le refus de renouveler la carte de séjour pluriannuelle sollicitée. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Calvados n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle de M. C. Dans ces conditions, et alors même que la décision mentionne que l'intéressé travaille à temps partiel alors qu'il travaille à temps complet depuis le 3 janvier 2023, le moyen tiré d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte () ". Aux termes de l'article L. 433-4 du même code : " () L'étranger bénéficie, à sa demande, du renouvellement de cette carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire ". En outre, l'article L. 421-1 de ce code dispose : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ". En application de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorisation de travail correspondant au poste occupé doit être fournie lors de la demande de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle prévue à l'article L. 421-1 précité. Enfin, l'article R. 5221-1 du code du travail énonce : " I.- Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / 2° Etranger ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne pendant la période d'application des mesures transitoires relatives à la libre circulation des travailleurs / II.- La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. / () / Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail ".
7. Il résulte de ces dispositions que la demande d'autorisation de travail présentée pour un étranger qui est déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet, autorité investie du pouvoir décisionnel, par l'employeur et que, dans l'hypothèse où les services de la préfecture ou les services chargés de l'emploi ont été saisis d'une telle demande, le préfet ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente. En pareille hypothèse, il appartient en effet au préfet de faire instruire la demande d'autorisation de travail par ses services avant de statuer sur la demande d'admission au séjour.
8. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser de renouveler la carte de séjour pluriannuelle sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Calvados a considéré que M. C n'était pas en mesure de produire l'autorisation de travail correspondant au poste occupé ni l'élément de la déclaration sociale nominative de l'employeur ni l'attestation d'activité professionnelle. Il ressort des pièces du dossier que si le requérant a été mis en possession d'une autorisation de travail en 2017 à l'occasion de son embauche par la société Mac Allies, il avait changé d'employeur à la date de dépôt de sa demande de titre de séjour dès lors que, d'après sa demande déposée le 4 décembre 2023 sur le site " Démarches simplifiées ", il travaillait pour la société GSM Scandal. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée du 20 juin 2024, il avait de nouveau changé d'employeur et travaillait, depuis le 16 novembre 2022, auprès de la SARL Fruit Plus. Dans ces conditions, le nouveau contrat de travail impliquait de demander une nouvelle autorisation de travail en application de l'article R. 5221-1 du code du travail. Si la SARL Fruit Plus a déposé une demande d'autorisation de travail le 28 mars 2023, il ressort des pièces du dossier que sa demande a été " clôturée faute d'apports de compléments par l'employeur ". Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait repris la demande, notamment, après que les services préfectoraux lui aient transmis un lien hypertexte à cette fin le 14 mai 2024. Enfin, contrairement à ce que soutient M. C, il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier des éléments produits, que son employeur a tenté en vain de déposer une demande d'autorisation de travail en ligne sur le portail dédié aux démarches dématérialisées pour les étrangers en France et que ses démarches successives auprès de la préfecture n'ont pas abouti. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le préfet du Calvados a pu considérer que la demande d'autorisation de travail n'était plus en cours d'instruction et que M. C ne remplissait pas les conditions de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'avait pas produit l'autorisation de travail correspondant au poste occupé. Ce motif justifiait à lui seul le refus de titre de séjour opposé à M. C. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 433-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, dès lors, être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France sans visa le 24 mai 2013 à l'âge de 26 ans, qu'il s'y est maintenu irrégulièrement et que son épouse, qui est également ressortissante sri-lankaise, l'a rejoint en 2021 dans le cadre d'une procédure de regroupement familial et est, par suite, autorisée à séjourner sur le territoire français qu'en conséquence du droit au séjour du requérant. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourra pas se reconstruire dans leur pays d'origine où ils ont vécu la majeure partie de leur vie et où ils ne sont pas dépourvus d'attaches familiales. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait tissé des liens personnels et familiaux d'une particulière intensité en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En dernier lieu, à la date de l'arrêté attaqué, l'enfant du requérant, né le 22 mai 2023, était âgé d'environ un an. Ainsi qu'il a été exposé au point 10 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourra pas se reconstruire dans leur pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité de cette décision doit être écarté.
14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale doit être écarté.
15. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une circonstance ferait obstacle à ce que la cellule familiale du requérant se reconstruise au Sri-Lanka, notamment au regard de l'âge de l'enfant du couple, né le 22 mai 2023. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit, dès lors, être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire doit être écarté.
18. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la légalité de la décision interdisant le retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant entachées d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français " et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
22. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui est entré irrégulièrement en France le 24 mai 2013, s'y est maintenu irrégulièrement en dépit de l'arrêté du 26 novembre 2015 l'obligeant à quitter le territoire. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la décision attaquée du 20 juin 2024 serait contraire à l'intérêt supérieur de son enfant. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.
23. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'autorisation de travail :
24. Aux termes de l'article R. 5221-20 du code du travail : " L'autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : / 1° S'agissant de l'emploi proposé : / a) Soit cet emploi relève de la liste des métiers en tension prévue à l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et établie par un arrêté conjoint du ministre chargé du travail et du ministre chargé de l'immigration ; / b) Soit l'offre pour cet emploi a été préalablement publiée pendant un délai de trois semaines auprès des organismes concourant au service public de l'emploi et n'a pu être satisfaite par aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé ; () ".
25. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la demande d'autorisation de travail déposée le 28 mars 2023 par la SARL Fruit Plus a été clôturée au motif que la société n'avait pas produit les documents sollicités pour l'instruction de sa demande. Il ressort des pièces du dossier que la société n'avait pas produit, notamment, de justificatifs relatifs au dépôt de l'offre d'emploi auprès de France Travail et attestant de la clôture de l'offre ainsi que de l'absence de candidat, conformément aux dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'employeur aurait tenté en vain de déposer une demande d'autorisation de travail en ligne sur le portail dédié aux démarches dématérialisées pour les étrangers en France et qu'il se serait trouvé dans l'impossibilité de déposer une annonce auprès de France Travail avant le 12 juillet 2024, soit postérieurement à la décision attaquée du 20 juin 2024, ni que la société Fruit Plus aurait déposé une nouvelle demande avant le 20 juin 2024. Dans ces conditions, et ainsi que le fait valoir le préfet du Calvados, aucune décision de refus d'autorisation de travail n'est intervenue.
26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
27. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à hauteur de 25 % pour les deux instances. Dès lors que le requérant ne justifie pas avoir exposé des frais autres que ceux pris en charge au titre de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme en application des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, ses conclusions tendant au bénéfice de ces dispositions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Lebey et au préfet du Calvados.
Copie en sera adressée pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
I. SENECAL
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUD
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
N°s 2401560, 2401674
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026