jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | WAHAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 11 et 24 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Wahab, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 mai 2024 par laquelle le préfet du Calvados a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son fils ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de faire droit à sa demande de regroupement familial dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, ou de réexaminer sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- son épouse est actuellement titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 22 mars 2027 ;
- alors que son épouse était enceinte de leur fils, ils ont rendu visite à leur famille en Inde en 2021 et ont été bloqués dans ce pays en raison de la pandémie de covid 19, ce qui a contraint son épouse à accoucher en Inde le 21 septembre 2021 ;
- la décision a été prise dix-neuf mois après le dépôt de la demande ;
- il n'a pu revoir son fils qu'une seule fois depuis sa naissance car il n'a pas la possibilité de prendre des congés, étant le seul salarié du restaurant dans lequel il travaille.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le préfet n'établit pas avoir saisi le maire de sa commune de résidence pour vérifier les conditions de ressources et de logement, en méconnaissance de l'article L. 434-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les bulletins de salaire qu'il fournit pour la période de mai 2022 à mai 2024 justifient du caractère suffisant et stable de ses ressources ; ainsi, il démontre percevoir des ressources suffisantes et stables postérieurement au dépôt de sa demande le 13 octobre 2022 ; dès lors, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 434-7 et L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant n'a sollicité le regroupement familial qu'un an après la naissance de son fils ;
- il n'établit pas que la naissance de son fils a eu lieu en Inde en raison de l'épidémie de covid 19 ;
- l'avis du maire de Caen a été sollicité dans le cadre de l'instruction de la demande de regroupement familial ;
- la condition de ressources, qui s'apprécie sur la période de douze mois précédant la demande, n'est pas respectée ; cette condition de ressources n'est pas davantage satisfaite sur la période de mai 2023 à mai 2024 ;
- le fils du requérant réside en Inde depuis sa naissance ; rien ne s'oppose à ce que la mère et l'enfant rendent visite au requérant munis d'un visa de court séjour.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le n° 2401787 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision du 29 mai 2024 du préfet du Calvados rejetant la demande de regroupement familial au profit de son fils.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Wahab, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Elle précise que M. C a attendu d'avoir un logement adapté pour déposer sa demande de regroupement familial ; les autorités consulaires refusent l'octroi d'un visa à l'enfant en opposant l'existence d'une procédure de regroupement familial ;
- de M. C, qui précise que son épouse est venue seule en France en 2023 pour retirer sa carte de séjour et qu'il procède à des virements réguliers en Inde pour l'entretien de l'enfant.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
M. C a présenté une note en délibéré, qui a été enregistrée le 24 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité indienne, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", valable jusqu'au 21 février 2026. Il est marié depuis 2013 à une compatriote, qui a bénéficié du regroupement familial et obtenu en mars 2023 une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 22 mars 2027. Un enfant est né en Inde le 21 septembre 2021 de leur union. M. C a déposé le 13 octobre 2022 une demande de regroupement familial au profit de son enfant. Par une décision du 29 mai 2024, le préfet du Calvados a rejeté cette demande de regroupement familial. Le requérant sollicite la suspension de l'exécution de cette décision.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
2. Le requérant soutient que son épouse, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 22 mars 2027, a été contrainte de rester en Inde avec son enfant. Il résulte des pièces versées au dossier que l'épouse du requérant était enceinte lors de leur séjour en Inde en 2021. Le requérant a indiqué à l'audience, sans que cela soit contesté, qu'il a attendu d'avoir un logement adapté pour solliciter le regroupement familial au profit de son fils. A cet égard, son allégation est corroborée par le bail d'habitation conclu au nom des époux en octobre 2022. Compte tenu de ces éléments et du délai écoulé depuis la présentation de la demande, le requérant justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale et donc, de l'urgence qui s'attache à ce que soit prononcée une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
3. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. ".
4. Si l'autorité administrative peut légalement rejeter une demande de regroupement familial sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne peut le faire qu'après avoir vérifié que, ce faisant, elle ne porte pas une atteinte excessive au droit du demandeur au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. M. C est marié depuis 2013 à une compatriote avec qui il a eu un enfant né en Inde le 21 septembre 2021. Le requérant produit un certificat médical attestant que son épouse était enceinte lors de leur séjour en Inde en 2021. Le requérant soutient, sans être contredit sur ce point, que son épouse est venue seule en France en mars 2023 pour retirer sa carte de séjour pluriannuelle et que les autorités consulaires refusent de délivrer un visa à leur enfant en opposant l'existence d'une procédure de regroupement familial. Ainsi, la décision en litige fait obstacle à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer en France alors que les parents sont tous deux titulaires de cartes de séjour pluriannuelles. Le requérant produit des justificatifs de transferts récurrents de sommes vers un compte bancaire en Inde. Compte tenu de ces éléments, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre la décision du 29 mai 2024 par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de regroupement familial de M. C au profit de son fils.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer la demande de regroupement familial de M. C, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 29 mai 2024 par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de regroupement familial de M. C au profit de son fils, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Calvados de réexaminer la demande de regroupement familial de M. C, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados.
Fait à Caen, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026