lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUTSOUKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Moutsouka, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travailler et ce, dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité ne disposant pas d'une délégation de signature régulière ;
- la décision portant refus de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations écrites, la fiche de renseignements ne lui ayant pas été soumise ;
- l'arrêté attaqué n'est pas motivé, étant stéréotypé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas,
- et les observations de Me Moutsouka, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 24 juin 1993, est entré irrégulièrement en France le 18 avril 2018 selon ses déclarations. Il a sollicité le bénéfice de l'asile le 18 mai 2018, qui a été refusé par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 9 octobre 2018. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2019. Le 23 juin 2023, il a demandé un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 mai 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
3. M. B est père de deux enfants français, C, né le 14 octobre 2020, et Kemy, né le 13 avril 2022, issus de sa relation avec Mme D, ressortissante française, et dont la résidence habituelle a été fixée chez leur mère par jugements du 20 avril 2022 et du 9 février 2023 du juge aux affaires familiales du tribunal judicaire d'Alençon. Il ressort des pièces du dossier, notamment des jugements du juge des enfants et du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Alençon des 3 janvier 2022 et 18 avril 2024, que les enquêtes sociales diligentées au profit des enfants de Mme D, dont C et Kemy, ont relevé la communauté de vie de cette dernière et de M. B jusqu'à l'été 2021, la garde régulière de C exercé par ce dernier au cours de l'année 2021, le dernier rapport de décembre 2023 notant que M. B est très présent pour C et Kemy et se montre cadrant et adapté. Le jugement du 18 avril 2024 a, par ailleurs, supprimé la contribution financière de M. B mise en place dans l'intérêt de ses enfants au regard de son impécuniosité. Enfin, M. B produit de nombreuses attestations, de la mère de ses enfants, de ses proches et des enseignantes de C, faisant état de sa participation active à l'éducation de ses enfants dans l'exercice de son droit de visite et d'hébergement et de sa présence aux sorties scolaires. Ainsi, à la date de la décision attaquée, M. B établit participer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants depuis leur naissance. Par suite, en refusant de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait, le préfet de l'Orne a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 3 mai 2024 refusant de lui délivrer un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, celles lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourra être renvoyé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif retenu, l'annulation de la décision du 3 mai 2024 du préfet de l'Orne implique nécessairement la délivrance d'un titre de séjour à M. B. Par suite, il y a lieu, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, d'enjoindre au préfet de l'Orne de délivrer à M. B un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Moutsouka, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Moutsouka de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Orne du 3 mai 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Orne de délivrer à M. B un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Moutsouka une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Moutsouka et au préfet de l'Orne.
Copie sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
C. DUCOS DE SAINT BARTHÉLÉMY DE GÉLAS
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUDLa greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026