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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2402041

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2402041

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2402041
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationAutres délais-Etrangers-3

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 2402041, enregistrée le 1er août 2024, Mme A D, représentée par Me Launois demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous la même condition d'astreinte, selon le motif d'annulation ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- le préfet doit justifier de la compétence de l'auteur de cette décision ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;

- elle est disproportionnée quant aux conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision interdisant le retour sur le territoire pour une durée d'un an :

- elle est insuffisamment motivée ;

- prononcée de manière automatique, sa situation personnelle n'a pas été suffisamment prise en compte ;

- elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision déterminant le pays de retour ;

- elle est prise en violation des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par une décision du 16 octobre 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Caen a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme D.

II. Par une requête n° 2402059, enregistrée le 1er août 2024, M. G C, représenté par Me Launois demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous la même condition d'astreinte, selon le motif d'annulation ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- le préfet doit justifier de la compétence de l'auteur de cette décision ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;

- elle est disproportionnée quant aux conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision interdisant le retour sur le territoire pour une durée d'un an :

- elle est insuffisamment motivée ;

- prononcée de manière automatique, sa situation personnelle n'a pas été suffisamment prise en compte ;

- elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision déterminant le pays de retour ;

- elle est prise en violation des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par une décision du 16 octobre 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Caen a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C.

Vu :

- les arrêtés attaqués ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Par décision en date du 2 janvier 2024, la présidente du tribunal a désigné M. Rivière conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Rivière, magistrat désigné, a présenté son rapport au cours de l'audience publique, tenue en présence I Bella, greffière d'audience, en l'absence des parties.

L'instruction a été close après l'appel des deux affaires à l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D et M. C, ressortissants congolais de la République démocratique du Congo, nés respectivement en 1976 et 1971, sont entrés en France avec leurs quatre enfants mineurs et leur fils majeur B, le 10 janvier 2023, pour y demander l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leur demande respective par des décisions du 31 août 2023, rejets confirmés par la Cour nationale du droit d'asile le 2 mai 2024. Par les arrêtés contestés du 26 juin 2024, le préfet du Calvados les a obligés à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et leur a interdit le retour en France pour une durée d'un an.

Sur la jonction :

2. Les décisions contestées, qui concernent la situation d'un couple de ressortissants de la République démocratique du Congo, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de joindre les requêtes pour statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Par décisions du 16 octobre 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Caen a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme D et M. C. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur leurs conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté :

En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire :

4. En premier lieu, par un arrêté du préfet du Calvados du 4 octobre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, M. F E, chef du bureau de l'asile et de l'éloignement du service de l'immigration, a reçu délégation à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions du service, dont font partie les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions susvisées doit être écarté comme infondé.

5. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il ressort des dispositions des articles L. 613-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Il suit de là que le moyen est inopérant et doit être écarté. En tout état de cause, les décisions susvisées comportent les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont suffisamment motivées.

6. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation des décisions attaquées ni des autres pièces des dossiers que le préfet du Calvados n'aurait pas procédé à un examen individualisé de la situation I D et de M. C. A cet égard, M. C - qui n'a pas sollicité de titre de séjour pour raisons médicales - ne peut reprocher au préfet de ne pas avoir fait état de son état de santé dans les arrêtés attaqués, dès lors qu'il n'a pas porté à la connaissance de l'autorité préfectorale sa situation médicale. De même, si Mme D fait valoir que le préfet n'a pas mentionné la présence en France de sa sœur titulaire d'un titre de séjour pluriannuel, elle ne produit aucun élément justifiant de la nature des liens entretenus avec elle. Dès lors, l'absence de ces mentions ne suffisent pas à caractériser un défaut d'examen complet de leur situation personnelle et le moyen doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". En application de ces stipulations, il appartient à l'étranger, qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Mme D et M. C font valoir que leurs quatre enfants mineurs sont scolarisés, que leur fils majeur B a signé un contrat d'engagement jeune et soulignent son engagement bénévole au sein de la Croix Rouge. Toutefois, Mme D et M. C déclarent être entrés récemment sur le territoire français, le 10 janvier 2023, soit un an et demi environ à la date des décisions en litige, et n'ont été admis au séjour que le temps de l'examen de leur demande d'asile, lesquelles ont été définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile, le 2 mai 2024. Ils ne démontrent pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine, dans lequel ils ont vécu respectivement jusqu'à 46 ans et 51 ans. Si Mme D se prévaut de la présence en France de sa sœur en situation régulière, elle n'établit pas la réalité ni l'intensité des liens qu'elle aurait tissés avec cette dernière. Par ailleurs, les requérants ne justifient pas d'une intégration particulière au sein de la société française ou de l'existence d'un investissement de nature professionnelle que les décisions portant obligation de quitter le territoire viendraient compromettre. En outre, les éléments produits ne sont pas de nature à établir qu'il n'existerait pas de traitement approprié à l'état de santé de M. C dans son pays d'origine. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que leurs enfants mineurs ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en République démocratique du Congo où rien ne s'oppose à ce que les intéressés reconstituent leur cellule familiale dans leur pays d'origine, chacun faisant l'objet d'une mesure d'éloignement, de même que leur fils majeur B. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard notamment tant à la durée qu'aux conditions de séjour en France des intéressés, le préfet du Calvados n'a pas porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les arrêtés contestés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage entaché ses décisions d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle I D et M. C.

9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. En l'espèce, les décisions contestées n'ont ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leurs parents et rien ne s'oppose à ce qu'ils poursuivent une scolarité normale dans leur pays d'origine. Par conséquent, l'intérêt supérieur des quatre enfants mineurs I Mme D et M. C n'a pas été méconnu et le moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, ces décisions, qui mentionnent notamment la nationalité congolaise des intéressés, se réfèrent aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et relèvent que Mme D et M. C n'établissent pas être exposés à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Elles comportent, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions manque en fait et doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ressort des points à 4 à 10 du présent jugement que le moyen tiré de ce que les décisions susvisées sont dépourvues de base légale du fait de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français édictées à l'encontre des requérants doit être écarté.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et selon le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

14. Mme D et M. C soutiennent qu'ils encourent des risques personnels en cas de retour en République démocratique du Congo de la part de l'époux de la sœur I D en raison d'un conflit privé sans pouvoir bénéficier de la protection effective des autorités. Toutefois, alors que leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 août 2023 et par la Cour nationale du droit d'asile le 2 mai 2024, ils n'apportent aucun élément de nature à établir la réalité des risques auxquels ils seraient directement et personnellement exposés en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, les décisions fixant leur pays de destination ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne les interdictions de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, les décisions contestées sont suffisamment motivées en droit par le visa des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elles font application. Elles sont suffisamment motivées en fait en ce qu'il est mentionné que l'arrivée en France des requérants est récente, qu'ils se sont vus notifier chacun une obligation de quitter le territoire français, de même que leur fils majeur, qu'ils peuvent reconstruire leur cellule familiale hors de France avec leur quatre enfants mineurs, et qu'ils n'établissent pas être dépourvus de liens personnels et familiaux dans leur pays d'origine. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.

16. En deuxième lieu, si Mme D et M. C soutiennent que les décisions attaquées ont été prises de façon automatique, ils n'apportent aucune précision à l'appui de ces allégations. En tout état de cause, il ressort des mentions de ces décisions que le préfet du Calvados s'est livré à un examen particulier de la situation des requérants. Ce moyen doit donc être écarté.

17. En troisième lieu, les moyens dirigés contre les obligations de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions interdisant à Mme D et M. C le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ne peut qu'être écartée.

18. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi " et selon l'article 3 de cette même convention : " Nul "ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

19. Les moyens tirés de la violation des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont inopérants et doivent être écartés comme tels à l'encontre des décisions interdisant aux requérants le retour sur le territoire français, qui n'emportent pas, par elles-mêmes, le renvoi des intéressés dans leur pays d'origine.

20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet du Calvados du 26 juin 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement, qui rejette l'ensemble des conclusions à fin d'annulation I D et M. C, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement au conseil des requérants de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle à titre provisoire I D et M. C.

Article 2 : Les requêtes I D et M. C sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme H, à M. G C et au préfet du Calvados.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

X. RIVIÈRE

La greffière,

signé

N. BELLA

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

E. Bloyet

2 - 2402059

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