mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2402074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ABDOU-SALEYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2024 et le 30 août 2024, M. B A, représenté par Me Abdou-Saleye, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour et une carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
S'agissant de la décision portant refus d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant ;
- les faits pour lesquels il a été condamné ne permettent pas de considérer qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle a été prise sur le fondement de décisions illégales lui refusant le séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que le requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise sur le fondement de décisions illégales lui refusant le séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Absolon, première conseillère,
- et les observations de Me Abdou-Saleye, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauricien, déclare être entré irrégulièrement en France en septembre 2012. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 31 mai 2016. Par un arrêté du 23 novembre 2017, le préfet du Calvados a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français, décision confirmée par un jugement du tribunal administratif de Caen du 29 mars 2018. Le 4 septembre 2019, M. A a bénéficié d'une admission exceptionnelle au séjour puis il a obtenu, le 1er octobre 2019, un titre de séjour portant la mention " salarié ", et a bénéficié, le 1er octobre 2020, d'un titre de séjour en qualité d'entrepreneur. Après avoir obtenu un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français " le 8 juin 2022, il a sollicité la délivrance d'une carte de résident et à défaut, le renouvellement de son titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ". Par un arrêté du 9 janvier 2024, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 412-5 de ce code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ".
3. D'une part, M. A, qui était titulaire d'une carte de séjour portant la mention " parent d'enfant français " pour une durée d'un an du 8 juin 2022 au 7 juin 2023, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en cette qualité. Il est constant que M. A est le père d'un enfant de nationalité française, né le 6 décembre 2021 à Caen, de son union avec une ressortissante française. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, dont il n'est pas contesté qu'il réside avec la mère de son enfant et celui-ci, justifie par la production de relevés bancaires et d'une attestation de l'assistante maternelle, qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis sa naissance. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme remplissant les conditions prévues à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. D'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné le 19 juillet 2021 par le président du tribunal judiciaire de Lisieux à 200 euros d'amende pour conduite d'un véhicule sans permis et sans assurance, ce seul fait, pour répréhensible qu'il soit, ne présente pas le caractère d'une gravité telle que le comportement de l'intéressé puisse être qualifié de menace à l'ordre public. Dans ces conditions, eu égard notamment au caractère isolé du fait reproché et à sa nature, M. A est fondé à soutenir qu'en considérant que sa présence sur le territoire constituait une menace pour l'ordre public, le préfet du Calvados a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L.412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 9 janvier 2024 par laquelle le préfet du Calvados a refusé à M. A le renouvellement de son titre de séjour, doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, celles portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, et sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, le présent jugement implique que le préfet du Calvados délivre à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Calvados du 9 janvier 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- Mme Pillais, première conseillère,
- Mme Absolon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
Signé
C. ABSOLON
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026