mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2402234 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LEREVEREND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août et 5 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Lerévérend, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados née du silence gardé sur sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- un refus de renouvellement de titre de séjour est présumé constituer une situation d'urgence ;
- il ne peut pas obtenir d'informations de la préfecture depuis 2022 ; il justifie des difficultés techniques rencontrées sur le site de l'ANEF ; à aucun moment, le préfet ne lui a demandé de documents complémentaires ;
- il vit en couple avec la mère de ses enfants ;
- il avait un emploi dans un salon de coiffure ; il ne peut pas travailler alors que sa compagne vient de perdre son emploi et attend un nouvel enfant.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- sa demande de communication des motifs de la décision est restée sans réponse ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen complet ;
- le préfet aurait dû lui délivrer une carte de résident en application de l'article 11 de la convention franco-ivoirienne et de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet aurait dû lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle en application de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- après le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour le 23 août 2023, le requérant a été invité à plusieurs reprises à produire les pièces justificatives nécessaires à l'instruction de son dossier ; à ce jour, il n'a pas fourni la copie intégrale de son passeport, une copie récente de l'acte de naissance de l'enfant et les justificatifs de contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant ; ainsi, le requérant s'est lui-même placé dans la situation de précarité alléguée ;
- le requérant, qui n'établit pas avoir exercé une activité professionnelle, n'apporte aucun élément concret quant à l'incidence de la décision en litige sur sa situation ;
- dès lors, l'urgence n'est pas établie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 août 2024 sous le n° 2402233 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision implicite du préfet du Calvados née du silence gardé sur sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Dubost, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Lerévérend, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Elle précise que M. A, qui a eu des problèmes de santé, peut à nouveau travailler.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, de nationalité ivoirienne, était titulaire depuis 2020 d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français, renouvelée sans discontinuer jusqu'au 21 août 2023. Il a sollicité en ligne le 23 août 2023 via la plateforme de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) le renouvellement de son titre de séjour. Une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée le 24 novembre 2023, valable jusqu'au 23 février 2024. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi ci-dessus mentionnée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un récépissé ou d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus d'admission au séjour sur la situation concrète de l'intéressé.
5. Le requérant expose qu'il ne peut pas travailler en l'absence de titre de séjour alors que sa compagne, qui vient de perdre son emploi, attend un quatrième enfant. Si le préfet soutient que M. A n'a pas répondu aux demandes de justificatifs qui lui étaient adressées, il ne l'établit pas. Ainsi, le requérant, qui a relancé à plusieurs reprises les services de la préfecture, justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale et donc, de l'urgence qui s'attache à ce que soit prononcée une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Il résulte de l'instruction que M. A, qui était titulaire d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français, a conclu en 2021 un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française. Trois enfants sont nés en 2018, en 2020 et en 2022 de leur relation. Le requérant soutient, sans que cela soit contesté, qu'il vit en couple avec la mère de ses enfants et que celle-ci, qui a perdu son emploi, attend un quatrième enfant. Compte tenu de ces éléments, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences du refus de séjour sur la situation du requérant est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados refusant de renouveler le titre de séjour de M. A.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Calvados de délivrer à M. A un récépissé de demande de titre de séjour ou une autorisation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
9. M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Lerévérend renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lerévérend de la somme de 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados refusant de renouveler le titre de séjour de M. A est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. A un récépissé de demande de titre de séjour ou une autorisation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Sous réserve que Me Lerévérend renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Lerévérend une somme de 500 euros sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. A.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Lerévérend et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Caen.
Fait à Caen, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026