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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2402444

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2402444

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2402444
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationAutres délais-Etrangers-3
Avocat requérantBERNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 et 24 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Bernard, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2024 par lequel le préfet de la Manche l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an à son encontre ;

3°) d'annuler l'arrêt du 10 septembre 2024 par lequel le préfet de la Manche l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Cherbourg-en-Cotentin pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Manche de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, en tout état de cause, de procéder à l'effacement des données le concernant du fichier du système d'information Schengen et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ou à lui verser directement dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- son droit à être entendu a été méconnu dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations avant l'édiction des décisions en litige ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'assignation à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Remigy, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bella, greffière d'audience, Mme Remigy a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Bernard, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.

Le préfet de la Manche n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant tunisien, né le 30 avril 1995, est entré irrégulièrement en France le 6 octobre 2022, selon ses déclarations et s'y est maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Il a été interpellé et auditionné le 10 septembre 2024 par la direction interdépartementale de la police nationale pour vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du 10 septembre 2024 le préfet de la Manche l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Manche l'a assigné à résidence dans la commune de Cherbourg-en-Cotentin pour quarante-cinq jours. M. C demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les décisions attaquées :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-87-VN du 1er septembre 2023, publié au recueil spécial n° 6 des actes administratifs de la préfecture le 4 septembre suivant, le préfet de la Manche a donné délégation à Mme Perrine Serre, secrétaire générale de la préfecture de la Manche, à l'effet de signer, notamment, les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas par elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une décision de retour, au sens de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union relatif au respect des droits de la défense imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure de retour envisagée.

5. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a été auditionné par les services de la direction interdépartementale de la police aux frontières, en présence de son avocat, préalablement à l'édiction des décisions en litige et qu'il a ainsi pu porter à la connaissance du préfet ses observations relatives à sa situation personnelle et à la perspective de son éloignement. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait, n'imposait pas à l'autorité administrative de le mettre à même de présenter des observations de façon spécifique sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour dont est assortie la mesure d'éloignement. Le moyen tiré de ce que son droit à être entendu a été méconnu ne peut dès lors qu'être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, la décision vise les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. C, entré irrégulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Elle comporte dès lors les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

8. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet, qui n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. C, n'aurait pas procédé à un examen complet de sa situation.

9. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. M. C se prévaut de son insertion professionnelle en France dès lors qu'il bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de démolisseur depuis le 5 février 2024. Toutefois, son activité professionnelle, au demeurant récente, n'est pas, à elle seule, de nature à établir qu'il aurait noué le centre de ses intérêts sur le territoire français. Au demeurant l'intéressé, qui ne séjournait en France que depuis deux années à la date de la décision attaquée, n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il y entretiendrait des liens intenses et stables, alors qu'il n'est par ailleurs pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où vivent ses parents et ses frères et sœurs. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Manche n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Manche l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les points 1°, 4° et 8° de L. 612-3 du même code et précise notamment que l'intéressé, entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a jamais sollicité de titre de séjour. Elle comporte dès lors les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettait au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit par suite être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le moyen tiré de ce que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet se serait cru tenu de refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B consécutivement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français.

15. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 11et 13 que le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de M. C doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

18. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, la décision attaquée n'est pas de nature à porter une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale.

19. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour d'une durée d'un an prononcée à son encontre.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, la décision précise qu'elle ne contrevient pas aux dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que M. C n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

22. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

23. M. C soutient encourir des risques en cas de retour dans son pays d'origine en raison d'une rivalité amoureuse l'ayant exposé à des violences sans qu'il ne puisse bénéficier de la protection des autorités tunisiennes. Toutefois l'intéressé, qui au demeurant n'a pas déposé de demande d'asile, ne produit aucun élément au soutien de ses allégations de nature à établir l'actualité ni même la réalité de risques de traitements inhumains ou dégradants en Tunisie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

Sur la décision portant assignation à résidence sur la commune de Cherbourg-en-Cotentin :

25. En premier lieu, la décision vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'éloignement de M. C, qui ne peut quitter immédiatement le territoire français, demeure une perspective raisonnable, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettait ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. La décision est, par suite, suffisamment motivée.

26. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. C doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

27. En troisième lieu, M. C soutient que la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle l'assigne à résidence dans la commune de Cherbourg-en-Cotentin alors qu'il réside dans le département des Hauts-de-Seine. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition du 10 septembre 2024, que l'intéressé séjournait à Cherbourg depuis près de cinq mois à la date de la décision attaquée, où il travaillait sur un chantier. Dans ces conditions et alors que, ainsi qu'il a été dit au point 9, M. C ne justifie d'aucune attache particulière sur le territoire, notamment dans les Hauts-de-Seine, le moyen doit être écarté.

28. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 10 septembre 2024 par lesquels le préfet l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans la commune de Cherbourg-en-Cotentin pour quarante-cinq jours. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Bernard et au préfet de la Manche.

Copie en sera adressée, pour information, au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

J. REMIGY La greffière,

Signé

N. BELLA

La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. Bloyet

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