mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2402465 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. C A, représenté par Me David, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le ministre de la justice a implicitement rejeté sa demande de transfert au centre de détention de Muret ;
3°) d'ordonner son extraction ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros TTC à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- un éloignement trop important constitue une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale ;
- il est actuellement incarcéré au centre de détention d'Argentan alors que sa compagne réside et travaille à Lézat-sur-Lèze dans l'Ariège, à plus de 700 kilomètres, soit à 7 heures de route ;
- sa compagne, qui est une mère célibataire assumant seule l'entretien de sa fille âgée de sept ans, n'a pas les moyens de financer le transport de manière régulière jusqu'à son lieu actuel de détention ;
- il n'a pas pu revoir sa compagne depuis plus d'un an ;
- dès lors, la décision en litige le prive du lien familial garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- il s'agit d'une décision implicite dont l'auteur ne peut pas être identifié ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- à défaut de communication du dossier par l'administration, il est impossible de vérifier que la procédure prévue par l'article D. 211-28 du code pénitentiaire a été respectée ;
- l'administration a commis une erreur d'appréciation au regard de l'article D. 211-26 du code pénitentiaire ;
- la décision de maintien en litige, qui le prive de tout lien familial, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- compte tenu de son histoire familiale complexe, sa compagne est la seule personne avec laquelle il a conservé un lien ; la décision en litige rompt le seul lien familial dont il dispose, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.
Il soutient que :
- le requérant ne se prévaut d'aucun élément ou moyen nouveau qui n'aurait pas été porté à la connaissance du premier juge ;
- la requête au fond est tardive ;
- par une décision du 12 septembre 2023, notifiée au requérant le 16 octobre 2023, le transfert de M. A au centre de détention de Muret a été ordonné sous certaines conditions ; il a transité le 24 septembre 2024 par le centre pénitentiaire du Sud-Francilien, avant d'être transféré le 30 septembre 2024 au centre de détention de Muret.
Par un mémoire, enregistré le 1er octobre 2024, M. A demande au tribunal de prendre acte du non-lieu à statuer et déclare maintenir sa demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 août 2024 sous le n° 2402082 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision par laquelle le ministre de la justice a implicitement rejeté sa demande de transfert au centre de détention de Muret.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. B a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. A n'a pas, au titre de la présente instance, déposé de demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la demande d'extraction :
2. Il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner l'extraction de M. A, lequel, au demeurant, est représenté par un avocat. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. M. A, écroué depuis le 25 novembre 2013, était incarcéré au centre pénitentiaire d'Argentan depuis le 4 septembre 2018. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision en date du 12 septembre 2023 et notifiée le 16 octobre 2023 à M. A, le garde des sceaux, ministre de la justice, avait donné une réponse favorable à sa demande de transfert, tout en précisant que cette décision serait mise à exécution sous réserve que M. A sorte du quartier disciplinaire et adopte un comportement exemplaire sur la durée. Postérieurement à l'introduction de la requête, la décision de transfert de M. A au centre de détention de Muret a été exécutée le 30 septembre 2024. Par suite, les conclusions aux fins de suspension sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. A tendant au versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me David et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Caen, le 2 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026