jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2402546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une lettre, enregistrées les 25 septembre et 9 octobre 2024, M. A C, représenté par la SCP Thémis Avocats et associés, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 8 août 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a prolongé son placement à l'isolement au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe ;
3°) d'enjoindre au ministre de la justice d'ordonner la levée de son isolement dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- une présomption d'urgence est reconnue lorsque la décision a pour effet de prolonger le placement à l'isolement d'une personne détenue.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- il n'est pas établi que le signataire disposait d'une délégation du ministre de la justice pour décider de la prolongation du placement à l'isolement ;
- en ordonnant la prolongation de son placement à l'isolement sans avoir préalablement recueilli l'avis du médecin intervenant dans l'établissement, le ministre a entaché sa décision d'un vice de procédure ; si la décision attaquée fait état d'un avis médical du 26 juin 2024, ce document n'est pas joint au dossier contradictoire ; à supposer que cet avis ait été rendu, celui-ci ne peut être regardé comme valable pour faire valoir la compatibilité de l'état de santé d'un détenu à une mesure d'isolement plus d'un mois après l'examen médical ;
- il n'est pas établi que le directeur de l'établissement ait saisi la directrice interrégionale des services pénitentiaires aux fins de rédaction d'un rapport motivé portant sur le bien-fondé et la pertinence du placement à l'isolement, ni que celle-ci ait rendu un rapport motivé, transmis au ministre ;
- depuis son arrivée au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe le 3 février 2022, il ne pose pas de difficulté de gestion et continue son travail d'auxiliaire ; son comportement est parfaitement compatible avec un placement en détention ordinaire ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- l'administration pénitentiaire se borne à indiquer qu'il présenterait un risque pour la sécurité, sans toutefois apporter d'éléments précis et récents de nature à justifier la réalité des faits et du comportement qu'elle lui reproche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que :
- la mesure d'isolement dont M. C faisait l'objet a été levée par une décision du 2 octobre 2024 ;
- le requérant avait été informé le 13 septembre 2024 de la proposition de mainlevée.
M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 30 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 septembre sous le n° 2402544 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision du 8 août 2024 du garde des sceaux, ministre de la justice, prolongeant son placement à l'isolement au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. B a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi ci-dessus mentionnée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. C le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. M. C, écroué depuis le 4 juillet 2003, est incarcéré au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe depuis le 3 février 2022. Par une décision du 8 août 2024, le ministre de la justice a prolongé son placement à l'isolement au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe pour une période de trois mois. Postérieurement à l'introduction de la requête, le ministre de la justice a prononcé le 2 octobre 2024 la levée de la mesure d'isolement dont le requérant faisait l'objet. M. C avait d'ailleurs été informé le 13 septembre 2024 de la proposition de mainlevée de la mesure d'isolement. Par suite, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. C tendant au versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. C.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à la SCP Thémis Avocats et associés et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Fait à Caen, le 10 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026