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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2402745

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2402745

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2402745
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantADMAVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 11 et 24 octobre 2024, Mme C A, représentée par la SELARL Admavocat, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision référencée 48 SI, mentionnée sur le relevé d'information intégral, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire dès la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle doit réaliser de nombreux déplacements dans le cadre de ses activités professionnelles pour transporter les chevaux sur les lieux de pratique des activités qu'elle propose, emmener les chevaux aux courses, s'occuper des chevaux et pour tout achat de fourniture les concernant ou les soins vétérinaires ;

- la décision attaquée va entraîner l'arrêt de son entreprise individuelle ;

- son permis de conduire lui est également indispensable pour tous ses déplacements quotidiens à la campagne.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle n'a pas reçu la lettre prononçant l'invalidation de son permis de conduire, contrairement à ce qui est indiqué sur son relevé d'information intégral ; le pli contenant la décision en litige a été réceptionné par erreur par un salarié d'une entreprise située à proximité immédiate de son adresse, qui n'était pas habilité pour recevoir ce courrier ; ce pli a été immédiatement remis à la Poste pour être retourné à l'expéditeur ; dès lors, la décision 48 SI ne lui était pas opposable, conformément l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a effectué un stage les 22 et 23 juillet 2024 qui aurait dû lui permettre de récupérer quatre points supplémentaires et ce, avant que la décision 48 SI lui soit opposable ;

- en tout état de cause, la décision 48 SI est entachée d'illégalité dans la mesure où le solde de points affecté à son permis de conduire n'était pas nul.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision 48 SI en tant qu'elle invalide le permis pour solde de points nul et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- le solde de points est redevenu positif avec un crédit actuel de trois points à la suite d'un stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 3 et 4 novembre 2024 ;

- le stage effectué les 22 et 23 juillet 2024, soit moins d'un an après le stage de novembre 2023, ne saurait donner lieu à un ajout de points, conformément aux dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 11 octobre sous le n° 2402744 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision référencée 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. B a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande la suspension de l'exécution de la décision référencée 48 SI, mentionnée sur le relevé d'information intégral qu'elle joint à sa requête, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.

2. Le ministre de l'intérieur indique, dans ses écritures en défense, que le solde de points affecté au permis de conduire de Mme A est redevenu positif à la suite d'un stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 3 et 4 novembre 2024. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision en litige n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral du permis de conduire de Mme A édité le 18 octobre 2024. L'administration est réputée avoir retiré la décision référencée 48 SI portant invalidation du permis de conduire pour solde de points nul dès lors qu'elle informe postérieurement le conducteur concerné que le solde de points affecté à son permis de conduire est redevenu positif. Ainsi, la décision en litige est réputée avoir été retirée. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction dirigées contre cette décision sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur.

Fait à Caen, le 29 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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