mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2403035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL JURIADIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 novembre 2024, le 15 novembre 2024 et le 13 décembre 2024, M. B C, représenté par la SELARL Eric Vève et associés, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 septembre 2023 par lequel le maire de Vicq-sur-Mer a accordé à Mme D A un permis de construire portant sur des travaux d'extension d'une maison individuelle et de l'arrêté du 20 décembre 2023 portant délivrance d'un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vicq-sur-Mer la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir, compte tenu du préjudice de vue que lui occasionne le projet autorisé et de la perte de valeur vénale subie par son bien ;
- la requête au fond n'est pas tardive ;
- la condition d'urgence est présumée remplie, en application de l'article L. 600-3 du code de justice administrative, alors au surplus que les travaux ont commencé ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, dès lors que les dossiers de demande de permis sont entachés d'insuffisance, que les décisions en litige méconnaissent les articles L. 121-13, R. 111-14, R. 111-27 et L. 121-23 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 et 16 décembre 2024, la commune de Vicq-sur-Mer et Mme D A concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au profit de chacune d'entre elles, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- M. C ne justifie pas de sa qualité de propriétaire du jardin depuis lequel le projet serait visible ;
- M. C ne justifie d'un intérêt pour agir ;
- la requête au fond est tardive ;
- il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 décembre 2024 en présence de M. Lounis, greffier :
- le rapport de M. Marchand ;
- les observations de M. E, élève avocat, en présence de Me Pinguet, substituant la SELARL Eric Vève et associés, avocat de M. C ;
- et les observations de Me Gutton, substituant la SELARL Juriadis, avocat de la commune de Vicq-sur-Mer et de Mme D A.
La clôture de l'instruction a été différée au 16 décembre 2024 à 12h.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
3. En l'espèce, la seule circonstance que le projet d'extension de la maison de Mme A, de dimension modeste, obstruerait en partie la vue sur la mer, située à 1 km, dont dispose la maison de M. C, située de l'autre côté de la voie publique, depuis son jardin et l'une de ses fenêtres, au demeurant déjà partiellement obstruée par de la végétation, n'est pas de nature à caractériser une atteinte directe aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien de M. C. Si ce dernier soutient en outre que le projet en litige engendrerait une perte de la valeur vénale de son bien, il n'en justifie pas. Il s'ensuit que, faute pour M. C de justifier d'un intérêt lui donnant qualité à agir à l'encontre des permis en litige, sa requête est irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C le versement, d'une part, à la commune de Vicq-sur-Mer, et d'autre part, à Mme A, le versement d'une somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera une somme de 1 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, d'une part, à la commune de Vicq-sur-Mer, et d'autre part, à Mme A.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à la commune de Vicq-sur-Mer et à Mme D A.
Fait à Caen, le 17 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026