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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2403207

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2403207

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2403207
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Baudry, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision référencée 48 SI du 11 juillet 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre aux services préfectoraux de lui restituer son permis de conduire.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- les faits ayant conduit à l'invalidation de son permis de conduire, qui datent du 19 août 2023, ont été commis alors qu'il circulait à vélo ; les faits précédents de conduite sous l'empire d'un état alcoolique commis le 22 février 2023 restent isolés ; dès lors, il ne représente pas un danger pour les usagers de la route ;

- son activité d'autoentrepreneur dans le domaine du bricolage à domicile, entretien de maisons et de jardins, implique de nombreux déplacements sur un secteur étendu ;

- il s'occupe de sa mère handicapée, à qui il rend visite deux fois par semaine, et il a encore à sa charge sa fille qui est étudiante à Nantes.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- il a commis l'infraction du 19 août 2023 sous l'empire d'un état alcoolique alors qu'il circulait à vélo électrique ; le délit de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, lorsqu'il est commis au moyen d'un véhicule pour lequel le permis de conduire n'est pas requis, n'entraîne pas de perte de points sur le permis de conduire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, qu'il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision référencée 48 SI du 11 juillet 2024 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, le requérant fait valoir que son activité d'autoentrepreneur dans le domaine du bricolage à domicile, entretien de maisons et de jardins, implique de nombreux déplacements sur un secteur étendu, qu'il s'occupe de sa mère handicapée, à qui il rend visite deux fois par semaine, et qu'il a encore à sa charge sa fille étudiante à Nantes. Or, il ressort de l'ordonnance pénale du tribunal judiciaire de Coutances du 26 janvier 2024 que M. B été déclaré coupable pour des faits, commis le 19 août 2023, de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique sur la voie publique. M. B avait déjà fait l'objet le 22 février 2023 d'un retrait de six points à la suite d'une infraction relevée le 22 mars 2023 pour des faits similaires. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des infractions commises et à leur réitération, les circonstances invoquées doivent céder devant les exigences de protection de la sécurité routière établies en faveur de l'intérêt général. Dès lors, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut pas être considérée comme remplie. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Caen, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. C

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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