mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2403390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Autres délais-Etrangers-2 |
| Avocat requérant | LE BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2024, Mme B D, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur, F C A, représenté par Me Le Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 décembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à la directrice territoriale de l'OFII de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce que le délai de 90 jours lui est inopposable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la tardiveté de la demande d'asile de l'enfant F C A est établie, et que l'Office était fondé à lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en l'absence de vulnérabilité caractérisée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Par décision du 2 septembre 2024, la présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. E a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Le Blanc, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
La directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction est intervenue après que les parties ont formulé leurs observations orales, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 janvier 2022, Mme D, ressortissante algérienne, a donné naissance en France à un fils dénommé F C A. Ce dernier a déposé par le biais de sa mère une demande d'asile enregistrée auprès de la préfecture du Calvados le 27 novembre 2024 en procédure normale. Par une décision du 2 décembre 2024, réceptionnée le 11 décembre 2024, la directrice territoriale de l'OFII de Caen a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que sa demande d'asile avait été présentée tardivement. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision :
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature () ".
3. Il ressort des termes de la décision litigieuse qu'elle vise, à tort, les articles L. 555-15 et D. 555-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. A n'a pas sollicité l'asile dans un délai de 90 jours et ce, sans motif légitime. Dans ces conditions, et en dépit de l'erreur commise, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Le 3° de l'article L. 531-27 mentionne la situation dans laquelle, " sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B D a présenté une demande d'asile le 27 novembre 2024 au nom de son fils F C A né en France le 22 janvier 2022. Cet enfant né sur le territoire français n'est pas entré irrégulièrement sur le territoire et ne peut se voir opposer le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France prévu au 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, en opposant ce délai, l'OFII a commis une erreur de droit.
6. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
7. L'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III ". Aux termes de l'article L. 552-8 du même code : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. / Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur (). ". Et aux termes de l'article L. 553-1 du même code : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 551-9 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article D. 553-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile prévue à l'article L. 553-1, le demandeur d'asile doit être âgé de dix-huit ans révolus et justifier de ressources mensuelles inférieures au montant du revenu de solidarité active. ".
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 551-8 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les composantes des conditions matérielles d'accueil sont l'accès à un hébergement et le versement d'une allocation mensuelle. Il est constant que M. A et sa mère, dont il n'est pas contesté qu'elle n'a pas formé de demande d'asile en son nom propre, ont bénéficié, le 27 novembre 2024 d'un entretien au cours duquel la situation personnelle du requérant a été examinée et évaluée. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est né en France le 22 janvier 2022, que Mme D n'a sollicité le bénéfice des conditions matérielles pour son enfant qu'au mois de novembre 2024, soit deux ans et dix mois après la naissance de ce dernier, qu'en qualité d'étudiante elle bénéficie d'un hébergement par le centre régional des œuvres universitaires, qu'elle perçoit une allocation mensuelle de cinq cent vingt euros et il n'est pas établi ni même allégué que l'enfant ne bénéficierait pas d'une couverture sociale ou n'aurait pas accès aux soins dont il aurait besoin. Au cas très particulier de l'espèce, la demande des conditions matérielles d'accueil est dès lors circonscrite au seul versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point précédent le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prévue à l'article L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit répondre aux conditions requises par l'article D. 553-3 du même code, il est notamment soumis à la condition de majorité, non observée en l'espèce.
9. En conséquence, il y a lieu de substituer aux dispositions du 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile les dispositions de l'article L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie en ce qu'il ne répond pas à la condition de majorité requise. Par suite le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A et d'injonction sous astreinte doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F C A, représenté par sa mère Mme D, à Me Le Blanc et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. E
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. LOUNIS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026