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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2403528

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2403528

mercredi 8 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2403528
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP ADJUDICIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2024, Mme A B, représentée par la SCP Adjudicia, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Saint-Jean-d'Elle a rejeté sa demande de retrait de la décision du 9 juillet 2024 retirant son autorisation de stationnement sur un emplacement réservé pour son véhicule taxi, et de la décision retirant cette autorisation de stationnement ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-d'Elle une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle ne peut plus exercer son activité d'artisan-taxi et doit compter exclusivement sur sa salariée ;

- le manque à gagner pour la période du 1er juin au 30 septembre 2024 a été chiffrée par son expert-comptable à 5 833,33 euros par mois ;

- ses revenus ont été très fortement réduits.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- la décision de retrait d'autorisation, qui restreint l'exercice de la liberté du commerce et de l'industrie, est intervenue en méconnaissance du principe du contradictoire et des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la maire a méconnu les articles L. 3121-5, L. 3121-1 et L. 3121-2 du code des transports ;

- le fait d'avoir été placée en liquidation judiciaire ne saurait être pris en compte, dès lors qu'une entreprise individuelle avait été créée et qu'elle disposait d'une licence ;

- en accordant l'emplacement dont elle était auparavant titulaire à un autre artisan-taxi, la maire l'a privée de toute possibilité d'exploiter son activité d'artisan-taxi ; dès lors, les décisions attaquées portent une atteinte disproportionnée au principe de la liberté du commerce et de l'industrie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions en litige, la requérante fait valoir qu'elle ne peut plus exercer son activité d'artisan-taxi et doit compter exclusivement sur sa salariée, que le manque à gagner pour la période du 1er juin au 30 septembre 2024 a été chiffré par son expert-comptable à 5 833,33 euros par mois et que ses revenus ont été très fortement réduits en raison du retrait de l'autorisation de stationnement. Toutefois, et alors qu'il ressort de la décision du 9 juillet 2024 que l'activité de la requérante a fait l'objet en 2023 d'un dépôt de bilan, l'attestation de l'expert-comptable versée au dossier se borne à faire état d'un montant de perte de chiffre d'affaires établi sous la responsabilité de Mme B et suivant un prévisionnel du mois de juin 2024. La requérante ne fournit aucun justificatif probant concernant sa situation financière et patrimoniale qui permettrait de se prononcer sur les difficultés financières éventuelles résultant du retrait de l'autorisation de stationnement. Compte tenu de ces éléments, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut pas être considérée comme remplie. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Caen, le 8 janvier 2025.

Le juge des référés,

Signé

F. C

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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