mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2500152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Souty, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados portant refus de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il justifie avoir été en situation régulière et avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour ;
- il est père de deux enfants de nationalité française ;
- son contrat de travail peut être suspendu à tout moment ;
- il a engagé de nombreuses diligences précontentieuses, sans résultat.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision, prise via l'ANEF, est entachée d'incompétence ;
- sa demande de communication des motifs de la décision est restée sans réponse ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen personnalisé de sa situation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 6§4 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Calvados, à qui la requête a été communiquée le 21 janvier 2025, n'a pas présenté d'observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 18 janvier 2025 sous le n° 2500153 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision implicite du préfet du Calvados portant refus de séjour.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Vu le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Aurey, substituant maître Souty, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise que M. B a obtenu le 21 janvier 2025 une nouvelle attestation de prolongation d'instruction ;
- de M. B, qui confirme avoir obtenu une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 avril 2025.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité algérienne, était titulaire d'un certificat de résidence pour algérien en qualité de parent d'enfant français, valable jusqu'au 28 octobre 2023. Il a sollicité en ligne le 17 août 2023 via la plateforme de l'Administration numérique des étrangers en France (ANEF) le renouvellement de son titre de séjour. Plusieurs attestations de prolongation d'instruction lui ont été délivrées, la dernière en date expirant le 3 décembre 2024. Par la présente requête, M. B demande la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a obtenu le 21 janvier 2025 une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 22 avril 2025. Dans ces conditions, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la somme de 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B.
Article 2 : l'Etat versera à M. B la somme de 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados.
Fait à Caen, le 4 février 2025.
Le juge des référés,
Signé
F. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
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