jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2500242 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL JURIADIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 janvier 2025, le 30 janvier 2025 et le 13 février 2025, M. C A, représenté par la SELARL Juriadis, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le maire d'Agon-Coutainville a délivré à la société JML Invest un permis de construire autorisant la réalisation de boxes de stockage et de garages, de l'arrêté du 18 octobre 2024 portant délivrance d'un permis modificatif et de la décision de rejet du recours gracieux exercé contre ces arrêtés ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir, en sa qualité de voisin immédiat, dès lors que le projet autorisé est susceptible de porter atteinte aux conditions de jouissance de son bien ;
- la condition d'urgence est présumée remplie, en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, alors au surplus que les travaux ont commencé ;
- sa requête au fond n'est pas tardive ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, dès lors que la demande de permis ne comporte pas les éléments exigés par le f) de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme ni le recensement complet des plantations maintenues, supprimées ou créées exigé par l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme et que le projet autorisé n'est pas conforme aux articles UC2, UC3, UC 9, UC11 et UC13 du plan local d'urbanisme d'Agon-Coutainville.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2025, la société JML Invest et la commune d'Agon-Coutainville concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la commune était fondée à rejeter le recours gracieux dont elle était saisie, que l'ensemble des motifs du recours n'ont été exposés que tardivement, au stade du recours contentieux, qu'elle n'a pas fait l'objet de la formalité de notification prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et que M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité à agir, faute pour les moyens exposés dans sa requête d'être en lien avec les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien ;
- la requête au fond est tardive ;
- il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 février 2025, la société JML Invest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que M. A ne justifie pas d'une atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien ;
- la requête au fond est tardive ;
- il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- la requête, enregistrée le 27 janvier 2025 sous le n° 2500241, par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 13 février 2025 en présence de M. Dubost, greffier :
- le rapport de M. Marchand ;
- les observations de Me Chodzko, substituant la SELARL Juriadis, avocat de M. A ;
- et les observations de M. B, gérant de la société JML Invest.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, la formalité de notification prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne s'applique pas à une demande de suspension formée devant le juge des référés. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'accomplissement de cette formalité doit, en tout état de cause, être écartée.
3. En deuxième lieu, les circonstances que la commune était fondée à rejeter le recours gracieux dont elle était saisie et que l'ensemble des motifs du recours n'ont été exposés que tardivement, au stade du recours contentieux sont sans influence sur la recevabilité de la requête de M. A.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. En l'espèce, M. A est propriétaire d'une maison située sur une parcelle contigüe à celle correspondant au terrain d'assiette du projet en litige. En outre, le projet en litige prévoit la réalisation de boxes de stockage et de garages, en lieu et place d'un espace végétalisé et arboré, devant s'implanter, notamment, sur toute la longueur de la limite séparative entre le terrain d'assiette du projet et la parcelle de M. A à une hauteur de plus de 3 mètres. Par suite, eu égard à l'importance et à la localisation du projet en litige et au préjudice de vue qu'il engendre, M. A justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, quelle que soit la nature des moyens qu'il invoque à l'appui de sa requête.
Sur la condition d'urgence :
6. Il ne ressort des pièces du dossier aucune circonstance de nature à faire échec à la présomption d'urgence instituée par les dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Par suite, la condition d'urgence est remplie.
Sur la recevabilité de la requête au fond :
7. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 : " Mention du permis () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-18 de ce même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ". Il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage prescrites par ces dispositions, le juge devant ensuite apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
8. Si les photographies produites par la société JML Invest permettent d'établir que le permis initial a été affiché sur le terrain à une date qui n'est pas antérieure au 22 juin 2024, elles ne permettent en revanche pas d'établir que cet affichage aurait eu lieu dès cette date ni son caractère continu. Il n'en va pas davantage des attestations produites par la société JML Invest, qui émanent toutes de personnes ayant un intérêt au maintien des permis contestés. Il s'ensuit que la commune d'Agon-Coutainville et la société JLM Invest ne sont pas fondées à soutenir que la requête au fond serait tardive.
Sur le doute sérieux :
9. Le moyen tiré de ce que le projet autorisé n'est pas conforme à l'article UC13 du plan local d'urbanisme d'Agon-Coutainville est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Aucun autre moyen n'est en revanche, en l'état de l'instruction, de nature à créer un tel doute.
10. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution des décisions attaquées jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
11. L'Etat n'étant pas partie à l'instance, les conclusions de M. A tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Les dispositions de ce même article font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par les défenderesses et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le maire d'Agon-Coutainville a délivré à la société JML Invest un permis de construire autorisant la réalisation de boxes de stockage et de garages, de l'arrêté du 18 octobre 2024 portant délivrance d'un permis modificatif et de la décision de rejet du recours gracieux exercé par M. A contre ces arrêtés est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la commune d'Agon-Coutainville et à la société JML Invest.
Fait à Caen, le 13 février 2025.
Le juge des référés,
Signé
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026