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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2500253

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2500253

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2500253
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUTHORS-NEVEU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 et 30 janvier 2025, M. C B A, représenté par Me Bouthors-Neveu, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution des décisions des 15 et 27 novembre 2024 par lesquelles le directeur interdépartemental des routes Nord-Ouest l'a informé de son souhait de mettre fin à son détachement et a refusé de l'intégrer dans le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'Etat ;

2°) de suspendre d'exécution de l'arrêté du 13 décembre 2024 par lequel le préfet de la région Normandie a mis fin à son détachement à compter du 30 décembre 2024 et l'a réintégré dans son administration d'origine ;

3°) de suspendre l'exécution des décisions implicites de rejet de ses demandes des 29 octobre et 12 décembres 2024 tendant à son intégration et à sa titularisation dans le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'Etat ;

4°) d'enjoindre au préfet de la région Normandie et au directeur interdépartemental des routes Nord-Ouest de le réintégrer provisoirement, dans l'attente du jugement au fond, et de statuer à nouveau sur son intégration et sa titularisation, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B A soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les décisions attaquées engendrent une perte de revenus, ont pour effet de le réintégrer sur un poste éloigné de son domicile et l'exposent au risque de perdre définitivement la possibilité d'obtenir sa titularisation dans le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'Etat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Si M. B A soutient que sa réintégration dans son administration d'origine engendre une perte importante de rémunération, du fait de la perte des heures supplémentaires et astreintes qu'il effectuait régulièrement dans le cadre de son détachement, il n'en justifie pas par la seule production du bulletin de paye émis par son administration de détachement pour la période du 1er au 30 décembre 2024 et par son administration d'origine pour la seule journée du 31 décembre 2024. S'il soutient en outre que, du fait de sa réintégration dans son administration d'origine, il est affecté sur un poste éloigné de son domicile, il ne justifie pas, ni même n'établit que celui-ci serait plus éloigné que celui sur lequel il était affecté dans le cadre de son détachement. Enfin, si M. B A soutient que les décisions attaquées l'exposent au risque de perdre définitivement la possibilité d'obtenir sa titularisation dans le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'Etat, il n'assortit ses affirmations d'aucune précision circonstanciée ni, en tout état de cause, d'aucun élément de justification. Il s'ensuit que, faute pour M. B A de justifier d'une atteinte grave et immédiate à sa situation, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.

Fait à Caen, le 4 février 2025

Le juge des référés,

Signé

A. Marchand

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

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