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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2500776

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2500776

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2500776
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLELOUEY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen a constaté, par ordonnance du 30 juin 2025, qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la requête de Mme B, qui demandait l'annulation du refus implicite de renouvellement de son titre de séjour. Cette solution a été retenue car le préfet du Calvados a délivré à l'intéressée une carte de séjour temporaire après l'introduction de son recours pour excès de pouvoir, rendant ses conclusions principales sans objet. Le tribunal a toutefois fait droit à la demande de frais d'instance en condamnant l'État à verser 1 000 euros à son avocate, sous réserve des conditions de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Lelouey, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Calvados a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ou de changement de statut ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de travail valable pendant la durée du réexamen ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2025, le préfet du Calvados conclut au non-lieu à statuer sur la requête, une carte de séjour temporaire ayant été délivrée à la requérante.

Par une lettre du 20 mars 2025, Mme B a été invitée, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à indiquer si elle maintenait sa requête.

Par un mémoire, enregistré le 26 mars 2025, Mme B demande qu'il soit pris acte du non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction et déclare maintenir ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 13 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Calvados a délivré une carte de séjour temporaire à Mme B, valable du 24 juillet 2024 au 26 juillet 2025. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Par ailleurs, Mme B, qui a présenté sa demande de frais non compris dans les dépens sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Lelouey en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lelouey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de Mme B.

Article 3 : L'Etat versera à Me Lelouey une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lelouey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, l'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Lelouey et au préfet du Calvados.

Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Fait à Caen, le 30 juin 2025.

Le président de la 1ère chambre,

Signé

F. CHEYLAN

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. Legrand

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