Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A..., qui demandait des injonctions à l'administration (enregistrement d'un certificat médical, levée d'une réserve et reprise de l'instruction de sa demande de naturalisation). Le juge a rappelé qu'en dehors des cas prévus par la loi, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration. La décision est fondée sur l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qui limite ce pouvoir, et sur le 4° de l'article R. 222-1 du même code, permettant de rejeter les requêtes manifestement irrecevables.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2025, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’enjoindre au chef du bureau des naturalisations compétent de procéder à l’enregistrement d’un certificat médical établi le 22 mai 2025, de lever la réserve émise sur sa demande de naturalisation et de remettre cette demande à l’instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ». Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 911-1 du code de justice administrative qu’en dehors de l’hypothèse où les mesures sollicitées constituent des mesures d’exécution d’une décision rendue par lui, il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration.
3. Par sa requête, présentée sous la forme d’un recours gracieux, M. B... A... demande au tribunal d’enjoindre, à titre principal, au chef du bureau des naturalisations compétent de procéder à l’enregistrement d’un certificat médical établi le 22 mai 2025, de lever la réserve émise quant à sa demande de naturalisation et de poursuivre l’instruction de cette demande. Toutefois, il résulte des dispositions précitées qu’il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration en dehors des cas prévus par la loi. Dès lors, la requête présentée par M. A..., qui contient des conclusions manifestement irrecevables, doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Caen, le 21 novembre 2025.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
F. CHEYLAN
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Legrand