jeudi 12 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2501564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Autres délais-Etrangers-3 |
| Avocat requérant | CELERIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Caen la requête et le mémoire, enregistrés les 17 et 19 mai 2025, de M. B A, représenté par Me Célerier, qui demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2025 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission du système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une attestation provisoire de séjour
sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.
M. A soutient que :
- il appartient à l'administration de justifier de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire n'est pas suffisamment motivée ;
- son droit à être entendu préalablement à la décision d'éloignement a été méconnu ; il n'a pas bénéficié d'un interprète pour son audition ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 22 mai 2025, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties étant absentes et non représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant géorgien né le 23 octobre 1985, a déclaré être entré en France en décembre 2023. Il a déposé, le 23 janvier 2024, une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 22 avril 2024, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 30 juillet 2024, notifiée le 4 septembre 2024. M. A a demandé, le 21 février 2024, un titre de séjour pour raisons de santé, demande qui a été clôturée le 28 janvier 2025 au motif que l'intéressé ne s'est pas présenté à trois rendez-vous. Le 15 mai 2025, M. A a été placé en garde à vue par les services de la gendarmerie de Port-en-Bessin-Huppain pour des faits de vol à l'étalage. Par l'arrêté attaqué du 16 mai 2025, le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
2. Par un arrêté du 2 mai 2025, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2025-154 du 6 mai 2025 et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet du Calvados a donné délégation à M. C D, adjoint à la cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant ou octroyant un délai de départ volontaire, désignant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, par suite, être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que celle-ci cite les textes dont le préfet a fait application, en particulier le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle les éléments concernant la situation administrative de M. A ainsi que ceux relatifs à sa situation personnelle et familiale, en particulier qu'il est défavorablement connu des services de police, qu'il a déclaré avoir une épouse et deux enfants en Géorgie, qu'il ne justifie pas avoir des liens personnels et familiaux en France et qu'il n'est pas dans l'impossibilité de poursuivre sa vie dans son pays d'origine. La décision l'obligeant à quitter le territoire français est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a pu faire valoir ses observations au cours de son audition par les forces de l'ordre le 16 mai 2025 et qu'il a été informé de ce qu'une mesure d'éloignement était susceptible d'être prise à son encontre. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition que le requérant a été assisté, au cours de cette audition, par une interprète qu'il a déclaré comprendre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté.
5. En dernier lieu, si M. A fait valoir qu'il souffre de la hanche et doit subir des interventions au centre hospitalier universitaire de Caen, qui ne sont pas encore programmées, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait bénéficier de soins dans son pays d'origine. Il est en outre constant que sa demande de titre de séjour pour raisons médicales a été clôturée faute pour le requérant de s'être présenté à trois rendez-vous, aucune autre demande de titre séjour n'ayant été déposée postérieurement. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait tissé des liens personnels en France ni qu'il y serait particulièrement intégré. Dans ces conditions, le préfet du Calvados n'a commis aucune erreur d'appréciation en l'obligeant à quitter le territoire français.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision refusant le délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que celle-ci est suffisamment motivée, la circonstance que la décision ne précise pas que M. A a remis à l'administration son passeport géorgien, qu'il vit chez un ami à Caen et qu'il souffre de problèmes de santé à hanche n'étant pas de nature à faire regarder la décision comme étant insuffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Il n'est pas contesté que M. A n'a pu justifier d'une résidence effective et permanente en France, le requérant ayant seulement déclaré avoir une adresse postale chez un ami à Fleury-sur-Orne. Dans ces conditions, et alors même que le requérant n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de destination :
11. En premier lieu, la décision susvisée mentionne les problèmes de santé du requérant et le fait qu'il ne peut être considéré comme une personne exposée à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
13. En dernier lieu, et ainsi qu'il a été dit précédent, M. A, qui indique souffrir des jambes et du bassin, ne justifie pas ne pas pouvoir bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier, il ressort de la décision, qui mentionne les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, examiné la situation du requérant au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code précité. La circonstance que la décision ne mentionne pas que M. A souffre de douleurs à la hanche et qu'il n'a jamais été condamné ne saurait suffire pour la regarder comme étant insuffisamment motivée. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5., le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mai 2025. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Calvados.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2025.
La magistrate désignée,
signé
A. MACAUD La greffière,
signé
N. BELLA
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026