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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2502231

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2502231

vendredi 18 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2502231
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de l'association Label Mageoise. Celle-ci demandait la suspension de la décision du maire de Le Mage refusant l'installation d'une buvette lors d'une brocante, invoquant notamment une discrimination et une atteinte au principe d'égalité. Le juge a estimé que la méconnaissance du principe d'égalité, à la supposer avérée, ne constitue pas par elle-même une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par conséquent, la demande a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans audience ni instruction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2025 à 22h23, l'association Label Mageoise, représentée par son président en exercice, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du maire de la commune de Le Mage rejetant sa demande d'autorisation d'installer un point de restauration et buvette à l'occasion de la brocante organisée par l'association le 20 juillet 2025 sur la voie publique ;

2°) d'enjoindre à la commune de Le Mage d'autoriser l'association à installer un point de restauration et buvette lors de la brocante du 20 juillet 2025.

Elle soutient que :

- la décision de refus n'est pas motivée en droit ;

- cette décision est discriminatoire à l'égard de l'association qui est à but non lucratif, ne recherche aucun profit personnel et entend participer à la vitalité locale ;

- elle est contraire au principe d'égalité d'accès au domaine public ;

- la tenue de la brocante est imminente ; l'absence de point de restauration collectif prive les visiteurs et participants d'une offre complémentaire à celle du seul commerce du village.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Si certaines discriminations peuvent, eu égard aux motifs qui les inspirent ou aux effets qu'elles produisent sur l'exercice d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, constituer des atteintes à une telle liberté, la méconnaissance du principe d'égalité ne révèle pas, par elle-même, une atteinte de cette nature.

2. L'association Label Mageoise soutient que la décision en litige est discriminatoire à l'égard de l'association et contraire au principe d'égalité d'accès au domaine public. Il ressort des échanges de courriels annexés à la requête que le refus est motivé par la concurrence au seul commerce du village. L'association requérante, qui poursuit un but non-lucratif, n'est pas dans une situation similaire à celle d'un commerce. En tout état de cause, ainsi qu'il vient d'être exposé, la méconnaissance du principe d'égalité, à la supposer avérée, ne révèle pas, par elle-même, une atteinte à une liberté fondamentale. Ainsi, le refus du maire de la commune de Le Mage ne peut pas être regardé en l'espèce comme caractérisant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dès lors, la demande doit être rejetée comme étant manifestement mal fondée. Par suite, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de l'association Label Mageoise selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Label Mageoise est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Label Mageoise.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Le Mage.

Fait à Caen, le 18 juillet 2025.

Le juge des référés,

Signé

F. A

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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