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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2502615

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2502615

mardi 19 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2502615
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMOKHEFI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A B. Ce dernier demandait au juge des référés d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour, invoquant une atteinte grave à sa liberté de travailler et à sa vie familiale. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, faute pour le requérant d'avoir apporté des éléments suffisants sur la suspension de son contrat de travail et ses conséquences économiques. En conséquence, la requête a été rejetée par ordonnance sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 août 2025, M. A B, représenté par Me Mokefi, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros sur le fondement combiné des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que son contrat de travail a été suspendu alors qu'il s'agit de sa principale source de revenus ;

- il est porté une atteinte manifestement grave et illégale à son droit à mener une vie familiale normale et à sa liberté de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Benoît Blondel par une décision en date du 2 septembre 2024, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de l'extrême urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Calvados de procéder à la délivrance immédiate d'un nouveau titre de séjour, alors que le dernier a expiré le 16 février 2024, M. B fait en particulier valoir qu'il est placé dans une situation l'empêchant de pourvoir à ses besoins, son contrat de travail ayant été suspendu. Toutefois, en l'absence d'éléments permettant d'apprécier à la fois l'existence de cette décision de suspension du contrat de travail sans perception du salaire, et à supposer même cette suspension établie, les conséquences économiques de celles-ci sur sa situation personnelle ou celle du ménage, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions rappelées au point 1 de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Caen, le 19 août 2025.

Le juge des référés,

Signé

B. Blondel

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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