vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-1901340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | EON |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 9 juin 2020, le tribunal administratif a ordonné, avant de statuer sur la requête de M. I F tendant à obtenir l'annulation de la décision du 4 septembre 2015 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de pension et de reconnaissance de nouvelles infirmités, une expertise afin de déterminer s'il y a eu aggravation des infirmités pensionnées et si l'origine de l'infirmité nouvelle relative à une laryngite chronique est en relation certaine, directe et déterminante avec l'infirmité déjà pensionnée relative à la bronchite chronique.
M. A a déposé son rapport au greffe le 18 décembre 2020, M. B l'a déposé le 25 décembre 2020 et M. H l'a déposé le 10 décembre 2021.
Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2022, M. F maintient ses conclusions à fin d'annulation et demande que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que le rapport établi par le docteur H doit être pris en compte.
Par un mémoire enregistré le 4 février 2022 le ministre des armées conclut au rejet de la requête. Le ministre soutient que :
- il n'y a pas d'aggravation des infirmités pensionnées ;
- à supposer que l'infirmité pensionnée " séquelle d'entorse de cheville droite " se soit aggravée, le taux d'invalidité de 5% ne pourrait donner lieu à révision de la pension pour cette infirmité ;
- l'infirmité nouvelle de laryngite catarrhale chronique n'est pas imputable au service ;
- les conclusions formulées par M. H doivent être écartées en tant qu'elles comportent des éléments de fait contestés par les parties et sont infirmées par d'autres éléments versés au dossier ;
- il adhère aux conclusions de M. G, de M. A et de M. B.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 février 2016.
Vu :
- l'ordonnance du 30 mars 2021 par laquelle le magistrat chargé des expertises a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. B ;
- l'ordonnance du 30 mars 2021 par laquelle le magistrat chargé des expertises a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. A ;
- l'ordonnance du 14 décembre 2021 par laquelle le magistrat chargé des expertises a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. H ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- le décret n° 2018-1291 du 28 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Eon, avocat de M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Par l'effet de la loi du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense et du décret du 28 décembre 2018 pris pour l'application de l'article 51 de la loi du 13 juillet 2018, le contentieux des pensions militaires d'invalidité pendant devant les tribunaux des pensions a été transféré aux tribunaux administratifs. Le tribunal des pensions militaires de Bastia a ainsi transmis au tribunal administratif de Bastia la requête présentée par M. F.
2. M. F, né le 10 mai 1961, a été incorporé le 3 juillet 1979 et rayé des contrôles le 28 octobre 1985. Il est titulaire d'une pension militaire d'invalidité au taux de 80 % qui lui a été concédée à titre définitif par un arrêté n° A355 du 27 septembre 2010 avec une entrée en jouissance à compter du 7 juillet 1998. Cette pension prend en compte quatre infirmités : une dysenterie amibienne avec dystonie neuro végétative, une bronchite chronique simple, des séquelles d'entorse de la cheville droite et des hémorroïdes. Par courrier du 10 mai 2011, il a sollicité la révision de sa pension en raison de l'aggravation de sa bronchite chronique et des séquelles d'entorse de la cheville droite et la reconnaissance de nouvelles infirmités, à savoir des troubles névritiques et une laryngite chronique catarrhale. Cette demande a été rejetée le 4 septembre 2015 par une décision du ministre de la défense dont l'intéressé demande l'annulation en tant qu'elle concerne la bronchite chronique, les séquelles d'entorse et la laryngite. Par un jugement avant dire droit du 9 juin 2020, le tribunal a ordonné une expertise afin de déterminer s'il y a eu aggravation de la bronchite chronique ainsi que des séquelles d'entorse, et si la laryngite trouve son origine directe, certaine et déterminante dans la bronchite pensionnée.
Sur les droits à pension de M. F :
3. Aux termes de l'article L. 26 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre applicable au litige : " Toute décision administrative ou judiciaire relative à l'évaluation de l'invalidité doit être motivée par des raisons médicales et comporter, avec le diagnostic de l'infirmité, une description complète faisant ressortir la gêne fonctionnelle et, s'il y a lieu, l'atteinte de l'état général qui justifient le pourcentage attribué. ". Aux termes de l'article L. 29 du même code en vigueur à la date de la demande de révision de la pension, devenu depuis l'article L. 154-1 de ce code " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée () La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le degré d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 % au moins du pourcentage antérieur. Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée () ". En outre, en vertu des dispositions de l'article L. 6 du même code applicable au litige, les juridictions de pensions doivent rechercher quel était le degré d'invalidité à la date de la demande et ne peuvent tenir compte d'aggravations survenues après cette date. Il résulte de ces dispositions qu'une demande de droit à pension ou d'aggravation d'une infirmité indemnisée, est examinée au regard des droits que l'intéressé tient à la date de sa demande d'indemnisation.
4. En premier lieu, les recommandations du guide-barème des invalidités, qui, en la matière, ne revêtent aucun caractère contraignant, définissent l'insuffisance respiratoire comme la coexistence d'un syndrome restrictif, décrit par le document comme la diminution de la capacité pulmonaire totale et d'un syndrome obstructif, décrit par le même document comme la diminution du rapport entre le volume expiratoire maximal à la première seconde (VEMS) et la capacité vitale. Selon ce guide-barème, l'insuffisance respiratoire est considérée comme modérée notamment lorsque le syndrome restrictif correspond à une capacité pulmonaire totale comprise entre 71 et 80 % de la valeur théorique et lorsque le syndrome obstructif renvoie à un VEMS compris entre 61 et 80 % de la valeur attendue. Elle est considérée comme moyenne lorsque le syndrome restrictif correspond à une capacité pulmonaire totale comprise entre 61 et 70 % de la valeur théorique et lorsque le syndrome obstructif renvoie à un VEMS compris entre 51 et 60 %. L'insuffisance respiratoire est qualifiée par le guide-barème de grave si la capacité pulmonaire totale est comprise entre 40 et 60 % de la valeur théorique et le VEMS entre 40 et 50 % de la valeur attendue, mais également si le militaire souffre d'une hypoxémie de repos et d'une apnée du sommeil avec appareillage.
5. Il résulte de l'instruction que l'infirmité dont souffre M. F et en raison de laquelle il bénéficie d'une pension militaire d'invalidité à titre définitif au taux d'invalidité de 30 %, consiste en une bronchite chronique simple. Pour conclure à l'existence de cette infirmité et proposer un taux d'invalidité de 30 %, le médecin expert désigné par l'administration avait considéré que l'intéressé présentait une insuffisance respiratoire mixte avec capacité vitale à 57 % et volume expiratoire maximal par seconde à 48 % avec baisse des débits traduisant une atteinte des petites voies aériennes sans calculer la capacité pulmonaire totale.
6. A l'appui de sa demande de révision de pension, M. F se prévaut de plusieurs rapports. D'abord, celui de M. D daté du 24 septembre 2012, expert pneumologue mandaté par l'administration qui a conclu à une aggravation en relevant tout à la fois " l'existence d'un déficit bronchique en faveur d'un déficit obstructif, l'existence d'un VEMS évalué à 68% de la valeur théorique, une distension alvéolaire avec VR et VR/CPT augmentés et un tableau en faveur d'un déficit respiratoire obstructif ". Il a proposé à ce titre un taux d'invalidité supplémentaire de 10 %, portant le degré d'invalidité attachée à cette infirmité à 40 %. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce rapport ne permet pas de comparer précisément le résultat auquel il parvient avec l'expertise initiale qui avait conclu à l'existence de l'infirmité, dans la mesure où il ne fait état ni du taux d'invalidité global ni du taux d'invalidité antérieur, conclut à une insuffisance respiratoire obstructive alors que l'expertise initiale avait conclu à une insuffisance respiratoire mixte et indique uniquement le taux VEMS, sans préciser la capacité vitale et la capacité pulmonaire totale. L'intéressé se prévaut également de l'avis du médecin chef du centre de réforme daté du 7 janvier 2013. Toutefois ce dernier se borne à conclure à une aggravation et à indiquer le taux d'invalidité proposé sans aucune précision. S'agissant de l'avis de M. H, médecin généraliste désigné afin de compléter l'expertise avant-dire droit ordonnée par le tribunal, il ne repose sur aucun examen complémentaire. Si le requérant demande à ce que les conclusions du rapport daté du 18 mai 2019 établi par M. G, expert-pneumologue désigné par le tribunal des pensions soit écarté au motif qu'il est " lapidaire, lacunaire et manifestement bâclé ", il ne conteste pas le facteur de risque relevé par cet expert, lié à un tabagisme d'une vingtaine d'années cessé trois ans avant l'expertise. Ainsi, aucune pièce médicale du dossier ne permet d'établir que l'intéressé, pensionné pour une bronchite chronique caractérisée par une insuffisance respiratoire mixte, présentait, au jour de sa demande de révision, une double aggravation des syndromes restrictif et obstructif qui justifiait un taux d'invalidité supplémentaire de 10 %. Au surplus, il n'est pas démontré que l'aggravation alléguée serait exclusivement imputable à l'infirmité pensionnée alors même que les pièces du dossier révèlent le tabagisme de l'intéressé à la date de la demande de révision de la pension. Par suite, la demande est rejetée et le taux d'invalidité de 30 % est maintenu.
7. En deuxième lieu, le guide-barème des invalidités recommande d'évaluer les raideurs articulaires en mesurant l'angle de mobilité du pied.
8. Il résulte de l'instruction que M. F est pensionné à hauteur de 15 % pour les " séquelles d'entorse de la cheville droite ", imputable au service. Pour conclure à l'imputabilité au service de cette infirmité, le rhumatologue désigné par la juridiction des pensions a examiné plusieurs documents médicaux dont un extrait de livret médical, plusieurs certificats médicaux du médecin qui a suivi l'intéressé pendant plusieurs années pour ses douleurs à la cheville et des radiographies réalisées le 10 février 2000.
9. A l'appui de sa requêté, M. F se prévaut du rapport établi par M. C, spécialiste en rééducation fonctionnelle désigné par l'administration. Toutefois, cette expertise, réalisée le 18 septembre 2012, ne détaille pas l'historique et les antécédents du patient, ne comporte aucune mesure de la mobilité de l'articulation et se borne à faire référence aux radiographies réalisées le 10 février 2000, sans s'appuyer sur aucun examen complémentaire. Par ailleurs, ce dernier est silencieux sur les conséquences éventuelles de la prise de poids de l'intéressé alors qu'il résulte de l'instruction que son poids a augmenté de 28 kg entre le 22 avril 2005 et le 18 septembre 2012. Si le requérant souhaite également se prévaloir de l'expertise de M. H, il résulte de l'instruction que ce rapport n'est ni précis ni circonstancié. Enfin, l'expertise de M. B, désigné par jugement avant-dire droit afin de compléter l'instruction conduite devant le tribunal des pensions n'établit pas non plus que l'aggravation dont se prévaut l'intéressé était présente à la date de la demande de révision de la pension, malgré les demandes de précisions formulées par le tribunal. Par suite, aucune pièce médicale du dossier ne permet d'établir une aggravation des séquelles d'entorse de la cheville droite. Dès lors, la demande doit être rejetée et le taux de 15 % pensionné maintenu.
10. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que le rapport de M. E, ORL, ne comporte aucun élément permettant d'établir l'existence d'une relation certaine, directe et déterminante entre la laryngite chronique catarrhale qu'elle a constatée et la bronchite chronique pensionnée alors qu'à l'inverse l'expertise de M. A, chirurgien ORL désigné par jugement avant-dire droit, conclut à une relation indirecte et non-déterminante entre les deux pathologies. Si ce dernier n'a pas pleinement rempli la mission confiée par le tribunal, ce manquement a uniquement concerné l'expertise relative à la bronchite chronique et n'a pas porté sur la laryngite, de sorte que ses conclusions portant sur l'existence d'une infirmité nouvelle ne peuvent être substituées par celles de M. H, médecin généraliste dont la mission confiée par le tribunal était limitée à la bronchite chronique. Ainsi, la preuve d'une relation certaine, directe et déterminante entre l'infirmité antécédente et l'infirmité nouvelle n'est pas établie et la demande ne peut qu'être rejetée.
11. Il résulte de ce qui précède que la demande de révision des droits à pension doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
12. Aux termes du premier alinéa de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Les dépenses qui incomberaient au bénéficiaire de l'aide juridictionnelle s'il n'avait pas cette aide sont à la charge de l'Etat ". Aux termes de l'article 40 de la même loi : " L'aide juridictionnelle concerne tous les frais afférents aux instances, procédures ou actes pour lesquels elle a été accordée, à l'exception des droits de plaidoirie. / () / Les frais occasionnés par les mesures d'instruction sont avancés par l'Etat ". Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, lorsque la partie perdante bénéficie de l'aide juridictionnelle totale, et hors le cas où le juge décide de faire usage de la faculté que lui ouvre l'article R. 761-1 du code de justice administrative, en présence de circonstances particulières, de mettre les dépens à la charge d'une autre partie, les frais d'expertise incombent à l'Etat.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais et honoraires de l'expertise de M. B, désigné comme expert par le président du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 350 euros par l'ordonnance du 30 mars 2021, de M. A, désigné comme expert par le président du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 120 euros par l'ordonnance du 30 mars 2021 et de M. H, désigné comme expert par le président du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 650 euros par l'ordonnance du 14 décembre 2021, à la charge de l'Etat.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
14. Il résulte des dispositions de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991, codifiées à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et des articles 37 et 43 de la même loi, que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de mettre à la charge, à son profit, de la partie perdante que le paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat. Mais l'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
15. D'une part, M. F, pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être réputées présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. F n'a pas demandé, avant la clôture de l'instruction que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 120 euros par ordonnances du président du tribunal de céans en date du 30 mars 2021 et du 14 décembre 2021, sont mis à la charge de l'Etat.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. I F et au ministère des Armées.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
N°1901340
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026