mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-1901366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire droit du 7 juin 2022, le tribunal, statuant sur la requête de M. A B et de Mme D C, son épouse, a décidé, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer sur la légalité de l'arrêté en date du 11 juin 2019 par lequel le maire de Piana a délivré à la SARL U Campanile un permis de construire en vue de l'extension d'un restaurant et de la couverture d'une boutique, sur les parcelles cadastrées section B n°s 772, 1263, 1606, 1608 et 1609, situées place de l'Eglise, en impartissant à son bénéficiaire et à la commune de Piana un délai de trois mois pour justifier de la régularisation du vice affectant sa légalité.
La commune de Piana a produit des pièces enregistrées le 2 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Celli, avocat de la commune de Piana.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL U Campanile a déposé le 21 janvier 2019 en mairie de Piana une demande de permis de construire en vue de l'extension d'un restaurant et de la couverture d'une boutique, sur les parcelles cadastrées section B n°s 772, 1263, 1606, 1608 et 1609, situées place de l'Eglise. Par arrêté du 11 juin 2019, le maire de cette commune lui a délivré un permis de construire. En outre, par un arrêté du 6 octobre 2021, le maire de Piana a délivré à la SARL U Campanile un permis modificatif portant sur la largeur et l'égout de la toiture du projet de construction. Les époux B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 juin 2019 ainsi que la décision du 19 août 2019 par laquelle le maire de Piana a rejeté leur recours gracieux.
2. Par jugement avant dire droit du 7 juin 2022, le tribunal a jugé que les époux B étaient fondés à soutenir que la préfète de la Corse-du-Sud n'ayant pas été saisie par la commune de Piana d'un dossier de permis de construire complet, l'arrêté litigieux était entaché d'un vice de procédure. Après avoir constaté que ce vice était susceptible d'être régularisé et écarté les autres moyens invoqués, le tribunal a sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et a imparti à la SARL U Campanile et à la commune de Piana un délai de trois mois pour justifier de la régularisation de ce permis de construire.
3. Ainsi qu'il résulte du jugement avant dire droit du tribunal, le dossier de demande de permis de construire déposé par la SARL U Campanile en mairie de Piana, le 21 janvier 2019, ne comportait qu'un plan de situation, un plan de masse et un plan de profil du terrain qui ne permettaient pas d'apprécier la nature du projet de la SARL U Campanile par rapport à la construction existante. Si, le 21 février 2019, la société pétitionnaire a complété son dossier par des plans des niveaux R+1 et rez-de-chaussée distinguant la construction existante des extensions projetées, l'avis conforme favorable de la préfète de la Corse-du-Sud du même jour n'a pas été rendu au vu de ces pièces complémentaires. Enfin, le permis modificatif délivré à la SARL U Campanile le 6 octobre 2021 n'a pas été précédé de la consultation du préfet de la Corse-du-Sud, afin de régulariser une telle omission.
4. Il ressort des pièces du dossier que, le 20 septembre 2022, la SARL U Campanile a déposé en mairie de Piana une demande de permis de construire comportant notamment des plans des niveaux R+1 et rez-de-chaussée, permettant d'apprécier la nature de son projet par rapport à la construction existante. Il en résulte que ce projet ne porte que sur l'extension d'un restaurant et non plus sur la couverture d'une boutique. Le 4 octobre 2022, le préfet de la Corse-du-Sud a émis un avis conforme favorable à ce projet. Toutefois, la commune de Piana et la SARL U Campanile ne justifient ni même allèguent la délivrance d'un permis de régularisation, qu'il leur appartenait en outre, ainsi qu'il résulte de l'article 3 du jugement avant dire droit du tribunal du 7 juin 2022 de notifier sans délai aux requérants, permettant de régulariser le vice de procédure cité au point précédent. Dans ces conditions, le permis de construire délivré le 11 juin 2019 doit être regardé comme n'ayant pas été régularisé.
5. Il résulte de ce qui précède que les époux B sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Piana du 11 juin 2019 et de sa décision du 19 août 2019 de rejet de leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
6. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL U Campanile une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les époux B, qui ne succombent pas à l'instance, versent à la commune de Piana une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 juin 2019 et la décision du 19 août 2019 sont annulés.
Article 2 : La SARL U Campanile versera aux époux B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Piana au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme D C épouse B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Piana et à la SARL U Campanile.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud et au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026