vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2000610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALBERTINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juillet 2020 et le 28 juillet 2020, M. A B, représenté par Me Albertini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2020 par lequel le préfet de la Haute-Corse a décidé la fermeture administrative pour une durée de trois mois de l'établissement " Le Central - Chez Donato " ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire en ce qu'il a demandé en vain la communication du rapport du 11 décembre 2019 sur la base duquel cette décision a été prise afin de faire valoir ses observations ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la fermeture administrative d'un débit de boissons ou d'un restaurant constitue une mesure de police administrative et non une sanction, or le préfet a entendu lui infliger une sanction dès lors qu'il n'est nullement fait état d'éléments laissant supposer qu'il existait un risque que les manquements constatés se reproduisent et alors que la décision est intervenue plus de huit mois après la perquisition ;
- la décision de fermeture pour une durée de trois mois est disproportionnée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 juillet 2020 et le 30 juillet 2020, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- aucune disposition légale ou réglementaire n'impose à l'administration de communiquer les pièces de la procédure avant d'ordonner la fermeture d'un débit de boissons ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juin 2020 par lequel le préfet de la Haute-Corse a décidé la fermeture administrative pour une durée de trois mois de l'établissement " Le Central - Chez Donato ".
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. / Cette fermeture doit être précédée d'un avertissement qui peut, le cas échéant, s'y substituer, lorsque les faits susceptibles de justifier cette fermeture résultent d'une défaillance exceptionnelle de l'exploitant ou à laquelle il lui est aisé de remédier. () / 3. Lorsque la fermeture est motivée par des actes criminels ou délictueux prévus par les dispositions pénales en vigueur, à l'exception des infractions visées au 1, la fermeture peut être prononcée par le représentant de l'Etat dans le département pour six mois. Dans ce cas, la fermeture entraîne l'annulation du permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1. / 4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. / 5. A l'exception de l'avertissement prévu au 1, les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration () ".
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 121-1 de ce code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été mis à même le 14 février 2020 de présenter ses observations sur la mesure de fermeture administrative de l'établissement alors envisagée par le préfet. Par ailleurs, il ne résulte pas des dispositions citées ci-dessus que le préfet de la Haute-Corse aurait eu l'obligation de communiquer à M. B le rapport de la direction régionale de la police judiciaire d'Ajaccio du 11 décembre 2019 avant de prononcer la fermeture contestée. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
5. En deuxième lieu, lorsqu'elle est ordonnée, conformément aux dispositions combinées des 3 et 4 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, en cas de commission d'un crime ou d'un délit en relation avec l'exploitation d'un débit de boissons, la fermeture de ce débit a pour objet de prévenir la continuation ou le retour de désordres liés au fonctionnement de l'établissement, indépendamment de toute responsabilité de l'exploitant. Une telle mesure doit être regardée en conséquence, non comme une sanction présentant le caractère d'une punition, mais comme une mesure de police.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique au motif que l'exploitation d'une machine à sous clandestine au sein de l'établissement " Le Central - Chez Donato " était constitutive d'un acte délictuel prévu par les dispositions de l'article L. 324-1 du code de la sécurité intérieure. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, et alors même qu'elle a été prise environ huit mois après la perquisition de l'établissement de M. B le 27 octobre 2019 et après saisie de la machine à sous, il n'existait pas un risque de retour des désordres liés au fonctionnement de l'établissement. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Corse a entaché sa décision d'une erreur de droit.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort du rapport de la direction régionale de la police judiciaire d'Ajaccio du 11 décembre 2019 qu'une perquisition organisée le 27 octobre 2019 dans l'établissement " Le Central - Chez Donato " a permis de révéler la présence et l'exploitation d'une machine à sous clandestine, que M. B a reconnu la présence de cette machine depuis plusieurs années et le caractère illégal de sa détention et qu'il a déclaré avoir accepté son installation afin de lui permettre de réaliser des gains financiers. Ainsi, compte tenu de la nature et de la gravité des faits qui ont justifié la mesure de fermeture, en dépit du caractère exécutoire de la mesure et des difficultés d'ordre financier auxquelles l'établissement en cause serait confronté et de la circonstance qu'il n'aurait fait l'objet d'aucune sanction par le passé, le préfet de la Haute-Corse n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en fixant la durée de la fermeture à trois mois.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il attaque. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
M. Hanafi Halil, conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026