lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2001209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 novembre 2020 et le 29 juin 2021, M. A B, représenté par Me Susini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 31 juillet 2020 par lequel le maire de Porto-Vecchio a retiré l'arrêté du 20 février 2020 par lequel il lui avait délivré un permis de construire une maison et une piscine sur la parcelle cadastrée section 247 F n° 2872, lieudit " Piccovaggia " ;
2°) d'enjoindre au maire de Porto-Vecchio de lui délivrer un certificat de permis tacite en date du 20 février 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Porto-Vecchio la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête n'est pas tardive, l'arrêté litigieux ne lui ayant jamais été notifié, en ce qu'il a été réceptionné par un tiers non habilité ;
- l'arrêté litigieux méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, en ce qu'il n'a pas respecté le délai de trois mois de retrait du permis du 20 février 2020 ;
- cet arrêté méconnaît l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, la lettre préalable au retrait du permis l'invitant à présenter des observations dans un délai de 7 jours ne lui ayant été notifiée que le 29 juillet 2020, soit deux jours seulement avant que cet arrêté soit signé ; le délai de 7 jours qui lui a été accordé pour présenter des observations était insuffisant ; il a été privé de la possibilité de présenter des observations orales ;
- son projet ne méconnaît pas l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, en ce qu'il ne constitue pas une extension d'urbanisation au sens du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), se situant au cœur du village de Piccovaggia qui compte plusieurs services et commerces et est facilement raccordable aux réseaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 décembre 2020 et le 20 juillet 2021, la commune de Porto-Vecchio, représentée par la SCP d'avocats CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est tardive, ayant été présentée plus de deux mois après que l'arrêté litigieux lui a été notifié ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Timothée Gallaud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 décembre 2019, M. B a déposé en mairie de Porto-Vecchio une demande de permis de construire une maison et une piscine sur la parcelle cadastrée section 247 F n° 2872, lieudit " Piccovaggia ". Par un arrêté du 20 février 2020, le maire de cette commune lui a délivré le permis sollicité. Puis, par l'arrêté du 31 juillet 2020, le maire a retiré ledit permis. M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Lorsque le destinataire d'une décision administrative soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification de cette décision à l'adresse qu'il avait lui-même indiquée à l'administration n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli en cause.
4. Il est constant que l'arrêté litigieux du 31 juillet 2020 a été notifié à l'adresse du requérant le 3 août 2020. Toutefois, ainsi qu'il ressort de la photographie et des attestations du facteur ayant présenté le pli contenant ledit arrêté et de M. C B, gérant d'un magasin situé à la même adresse, ce pli a été réceptionné par la vendeuse de ce magasin. Il n'est ni établi ni même allégué en défense que celle-ci ou le gérant présenterait un lien de parenté ou professionnel avec le requérant. Dès lors, cette vendeuse n'étant pas habilitée à recevoir ce pli, la notification de l'arrêté litigieux n'a pas fait courir le délai de recours contentieux à l'encontre du requérant. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ".
6. Compte tenu de l'objectif de sécurité juridique poursuivi par le législateur, l'autorité compétente ne peut rapporter un permis de construire, d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire du permis avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle ce permis a été accordé.
7. En l'espèce et en tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 4, l'arrêté litigieux n'a pas été notifié au requérant. Dès lors, ce dernier est fondé à soutenir que cet arrêté n'a pas respecté le délai de trois mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " et aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. /() ".
9. Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui retire une autorisation d'urbanisme créatrice de droits ne peut intervenir que si son titulaire a, au préalable, été mis à même de présenter ses observations. Une telle procédure contradictoire implique que celui-ci ait été averti de la mesure que l'administration envisage de prendre, des motifs sur lesquels elle se fonde et, qu'il bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions précitées constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation que le maire envisage de retirer.
10. Il ressort des pièces du dossier que par une lettre en date du 21 juillet 2020, le maire de Porto-Vecchio a informé M. B qu'il envisageait de retirer le permis délivré le 20 février 2020 et l'invitait à présenter des observations dans un délai de sept jours à compter de la réception du courrier. A supposer même que, comme la commune le prétend, ce courrier ait été notifié à l'intéressé le 24 juillet 2020, ce dernier disposait par suite de la possibilité de présenter des observations jusqu'au 31 juillet suivant inclus. Dès lors, en signant l'arrêté litigieux ce même 31 juillet, le maire de Porto-Vecchio n'a pas respecté le délai qu'il avait lui-même fixé. M. B ayant été ainsi privé d'une garantie, le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Porto-Vecchio.
12. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen invoqué par M. B n'est pas susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Contrairement à ce que M. B soutient, l'annulation prononcée par le tribunal n'a pas pour effet de faire renaître un permis tacite mais le permis expressément délivré le 20 février 2020 par le maire de Porto-Vecchio. Dès lors, les conclusions du requérant tendant à ce que le tribunal enjoigne au maire de lui délivrer un certificat de permis tacite doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Porto-Vecchio une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. B, qui n'est pas la partie perdante, verse à la commune de Porto-Vecchio une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Porto-Vecchio du 31 juillet 2020 est annulé.
Article 2 : La commune de Porto-Vecchio versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Porto-Vecchio.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
M. Jan Martin, premier conseiller,
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
J. MARTIN
Le président,
signé
T. VANHULLEBUS La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026