vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MAUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 janvier 2021 et le 23 avril 2021, la SCCV Les terrasses de la voie romaine, représentée par Me Maurel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 août 2020 par lequel le maire de Porto-Vecchio a refusé de lui délivrer un permis de construire un immeuble de 16 logements sur la parcelle cadastrée section AC n° 178, lieudit Pifano, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 14 septembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Porto-Vecchio une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis conforme défavorable du préfet de la Corse-du-Sud est entaché d'incompétence, en ce qu'il ne vise pas la délégation de signature du préfet de la Corse-du-Sud donnée au sous-préfet de Sartène ;
- l'arrêté litigieux et l'avis conforme sont insuffisamment motivés, en ce qu'ils ne mentionnent pas l'ensemble des critères de détermination des espaces proches du rivage, ne se réfèrent pas à la cartographie et au règlement du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) ;
- cet arrêté et cet avis méconnaissent les dispositions relatives aux espaces proches du rivage, le projet n'étant pas situé dans ces espaces, la nouvelle cartographie du PADDUC permettant l'urbanisation du secteur et la densification de l'urbanisation y étant autorisée ;
- cet arrêté est entaché d'erreur d'appréciation, le terrain d'assiette du projet étant déjà pourvu d'un bâtiment, le réseau ayant seulement besoin d'être renforcé ; l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme autorise le pétitionnaire à payer la contribution à la place de l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2021, la commune de Porto-Vecchio conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCCV Les terrasses de la voie romaine ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maurel, représentant la SCCV Les terrasses de la voie romaine.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 mars 2020, la SCCV Les terrasses de la voie romaine a déposé en mairie de Porto-Vecchio une demande de permis de construire un immeuble de 16 logements sur la parcelle cadastrée section AC n° 178, lieudit Pifano. Par l'arrêté du 3 août 2020, le maire de cette commune a refusé de lui délivrer le permis sollicité. Par une lettre notifiée à la commune le 14 septembre 2020, la société pétitionnaire a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Du silence de l'administration durant deux mois est née le 14 novembre 2020 une décision implicite de rejet de ce recours gracieux. La SCCV Les terrasses de la voie romaine demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 août 2020 et la décision intervenue le 14 novembre 2020.
Sur la légalité de l'avis conforme du préfet de la Corse-du-Sud :
2. Aux termes de l'article L. 422-6 du code de l'urbanisme : " En cas d'annulation par voie juridictionnelle ou d'abrogation d'une carte communale, d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ou de constatation de leur illégalité par la juridiction administrative ou l'autorité compétente et lorsque cette décision n'a pas pour effet de remettre en vigueur un document d'urbanisme antérieur, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale recueille l'avis conforme du préfet sur les demandes de permis ou les déclarations préalables postérieures à cette annulation, à cette abrogation ou à cette constatation ". En application de ces dispositions, compte tenu de l'annulation pour excès de pouvoir de la délibération en date du 30 juillet 2009 du conseil municipal de Porto-Vecchio approuvant le plan local d'urbanisme, prononcée par un jugement du tribunal administratif de Bastia du 20 mai 2011, le maire de Porto-Vecchio a recueilli, avant de prendre la décision attaquée, l'avis du préfet de la Corse-du-Sud, lequel a émis un avis conforme défavorable en date du 12 mai 2020.
3. Aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau () ".
4. Le PADDUC prévoit, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, que les espaces proches du rivage sont identifiés en mobilisant des critères liés à la distance par rapport au rivage de la mer, la configuration des lieux, en particulier la covisibilité avec la mer, la géomorphologie des lieux et les caractéristiques des espaces séparant les terrains considérés de la mer, ainsi qu'au lien paysager et environnemental entre ces terrains et l'écosystème littoral.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et du site officiel Géoportail accessible tant au juge qu'aux parties que l'immeuble projeté s'implante dans le centre-ville de Porto-Vecchio, à une distance d'environ 780 mètres du rivage de la mer, dont il est séparé par de nombreuses constructions et ne présente pas, eu égard à la déclivité limitée du secteur, de covisibilité avec la mer. Dès lors, le projet en cause ne s'implantant pas dans les espaces proches du rivage, en lui opposant les dispositions précitées de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC, le préfet de la Corse-du-Sud a commis une erreur d'appréciation. Il s'ensuit que la SCCV Les terrasses de la voie romaine est fondée à soutenir que cet avis est entaché d'illégalité.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la société requérante ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de prononcer l'illégalité de l'avis du préfet de la Corse-du-Sud du 12 mai 2020.
Sur la légalité de l'arrêté du 3 août 2020 :
7. En premier lieu, contrairement à ce que la SCCV Les terrasses de la voie romaine soutient, l'arrêté litigieux, en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 121-13 et du PADDUC et en indiquant que le projet en cause s'implante au sein d'un espace proche du rivage et que la commune de Porto-Vecchio n'est pas dotée d'un plan local d'urbanisme, cet arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En tout état de cause, cet arrêté se fonde également sur les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme et sur la circonstance que ce projet nécessite des travaux d'extension du réseau électrique pour lesquels la commune n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ils doivent être exécutés. La société requérante ne contestant pas la motivation de ce dernier motif, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
8. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, l'avis conforme du préfet de la Corse-du-Sud du 12 mai 2020 méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 et du PADDUC. Dès lors, la SCCV Les terrasses de la voie romaine est fondée à soutenir que c'est à tort que le maire lui a opposé ces dispositions pour refuser de lui délivrer un permis de construire.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis de la société EDF en date du 24 avril 2020, que le projet de desserte en électricité du projet de la SCCV Les terrasses de la voie romaine nécessite une extension du réseau sur une longueur de 430 mètres, principalement en dehors du terrain devant accueillir ce projet. Dès lors, d'une part, la société requérante ne saurait se prévaloir de ce que son terrain est déjà raccordé au réseau par la présence d'une construction existante, alors qu'il ressort de son formulaire de demande de permis que son projet d'immeuble crée 886 m2 de surface de plancher et en supprime 85 m2. D'autre part, l'intéressée ne saurait davantage invoquer les dispositions de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme pour soutenir qu'elle pouvait réaliser de tels travaux à ses frais, alors qu'eu égard à leur longueur, les travaux d'extension du réseau à réaliser ne sauraient être regardés comme portant sur des équipements propres, mais sur des équipements publics. Il s'ensuit que c'est sans faire une inexacte application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme que le maire de Porto-Vecchio a estimé qu'il n'était pas en mesure de dire par qui et dans quels délais de tels travaux devaient être réalisés.
12. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que seul est fondé le motif de la décision litigieuse tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Il résulte de l'instruction que le maire de Porto-Vecchio aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce motif.
13. Il résulte de ce qui précède que la SCCV Les terrasses de la voie romaine n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté 3 août 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV Les terrasses de la voie romaine est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Les terrasses de la voie romaine, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Porto-Vecchio.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026