vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100076 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GIUDICI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 janvier 2021 et le 4 février 2021, M. B C, représenté par Me Giudici, demande au tribunal :
1°) d'annuler sa notation au titre de l'année 2019 par la directrice du centre de détention de Casabianda ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la directrice de l'établissement pénitentiaire n'était pas compétente pour effectuer sa notation ;
- la fiche de notation ne mentionne pas la date de sa notation ;
- la décision fixant sa notation est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il lui a été assigné des objectifs qui ne relèvent pas du statut des adjoints techniques ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°99-669 du 2 août 1999 ;
- l'arrêté du 7 décembre 1990 fixant les modalités de la notation des fonctionnaires des services extérieurs de l'administration pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- les conclusions de M. Timothée Gallaud, rapporteur public ;
- et les observations de Me Giudici, avocat de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C est adjoint technique au centre de détention de Casabianda depuis le 25 mai 1999. Il demande au tribunal d'annuler sa notation au titre de l'année 2019.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 7 décembre 1990 fixant les modalités de la notation des fonctionnaires des services extérieurs de l'administration pénitentiaire : " Il est attribué chaque année, à tout fonctionnaire en activité ou en service détaché, une note chiffrée accompagnée d'une appréciation écrite exprimant sa valeur professionnelle ". Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " La notation est effectuée par le chef de service ayant pouvoir de notation, après avis, le cas échéant, du supérieur direct du fonctionnaire à noter () ". Enfin, aux termes de l'article 7 de cet arrêté : " Le chef de chaque établissement pénitentiaire exerce le pouvoir de notation tel qu'il est défini à l'article 2 à l'égard de tous les fonctionnaires placés sous son autorité () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la notation de M. C au titre de l'année 2019 a été effectuée par Mme A, directrice du centre de détention de Casabianda, qui était compétente pour procéder à cette notation en application des dispositions citées au point précédent. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la circonstance que la fiche de notation ne mentionne pas la date à laquelle la directrice de l'établissement pénitentiaire a déterminé la notation de M. C est sans incidence sur la légalité de cette notation. Si M. C soutient que la notation ne peut intervenir qu'après l'entretien d'évaluation, il ressort des pièces du dossier que cet entretien au titre de l'année 2019 a eu lieu le 24 juin 2020 et que la directrice du centre de détention a effectué la notation de M. C sur le fondement de cet entretien après que le supérieur hiérarchique de l'intéressé ait émis un avis le 25 juin 2020.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 35 du décret du 2 août 1999 portant statut particulier des personnels techniques et des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les adjoints techniques de l'administration pénitentiaire assurent l'encadrement des détenus affectés au service général. Ils exécutent également tous travaux ou réparations nécessaires au fonctionnement des établissements et des ateliers pénitentiaires, à l'entretien des bâtiments et à la maintenance des installations et des matériels. Ils peuvent être chargés de la restauration collective ".
6. Si M. C soutient que parmi les objectifs qui lui ont été assignés figurent l'assistance du chef de service et la réalisation d'un planning opérationnel pour l'aménagement des vestiaires qui ne relèvent pas de son statut, les dispositions citées ci-dessus n'excluent pas l'assistance au chef de service par un adjoint technique dans le cadre de l'exécution de travaux ou l'exercice d'une mission correspondant à la réalisation d'un planning qui s'inscrit dans le cadre de travaux à réaliser. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à soutenir que sa notation est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il lui a été assigné des objectifs qui ne relèvent pas de son statut.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct. / Toutefois, les statuts particuliers peuvent prévoir le maintien d'un système de notation () ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 7 décembre 1990 qui est applicable à tous les fonctionnaires titulaires des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire : " Il est attribué chaque année, à tout fonctionnaire en activité ou en service détaché, une note chiffrée accompagnée d'une appréciation écrite exprimant sa valeur professionnelle ". Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " () Cette note, établie selon une notation de 0 à 20, est la résultante de cinq critères de notation spécifiques à chaque corps () ". Aux termes de l'article 5 de cet arrêté : " L'appréciation d'ordre général du chef de service notateur exprime la valeur professionnelle du fonctionnaire, compte tenu notamment des évaluations précédemment opérées. / Cette appréciation indique en outre l'aptitude de l'intéressé à l'exercice de certaines fonctions et plus particulièrement à celles correspondant au grade supérieur ".
8. Il ressort la fiche de notation au titre de l'année 2019 que M. C s'est vu octroyer une note de 14/20 correspondant à un " bon travail " et a été évalué comme ayant un niveau " très bon " concernant la compétence technique principale relative au poste, un niveau " bon " dans six autres domaines et un niveau " moyen " dans les domaines relatifs au souci de perfectionnement et de formation, à la fiabilité et la conscience professionnelle, au sens du service public, à la capacité de travail, à la capacité de travail en équipe et à la sociabilité et au sens des relations. La cheffe de service fait notamment état de ce que M. C est un agent expérimenté qui possède une bonne connaissance de son environnement professionnel et de solides compétences techniques. M. C soutient que son souci de perfectionnement ne saurait être considéré comme étant moyen et produit à ce titre des attestations d'habilitation électrique et de participation à une formation au cours de l'année 2020. Toutefois, ces éléments ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation faite par l'administration sur ce domaine de compétence au titre de l'année 2019. En outre, si le requérant produit de nombreuses attestations de collègues, ces dernières ne sont pas de nature à remettre en cause, spécifiquement au titre de l'année 2019, l'appréciation de la directrice du centre de détention sur ses capacités relationnelles alors qu'il ressort par ailleurs de la fiche de notation de M. C qu'il est fréquemment en opposition et en situation de conflit notamment avec sa hiérarchie. Enfin, si M. C soutient qu'il ne saurait lui être reproché un engagement fragmentaire au quotidien ni un recours à la main-d'œuvre pénale, il ne ressort pas de la notation de l'intéressé que la directrice du centre de détention de Casabianda se serait fondée sur ces éléments pour établir sa notation. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le recours à la main-d'œuvre pénale aurait été reproché à M. C. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en octroyant une note de 14/20 correspondant à un " bon travail ", la directrice du centre de détention de Casabianda a entaché la notation de l'intéressé d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de sa notation au titre de l'année 2019. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
P. MULLER
Le président,
signé
T. VANHULLEBUSLa greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026