vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BOLELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2021, M. A B, représenté par Me Bolelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé à l'encontre de l'arrêté n° BPA 20-0055 du 24 juillet 2020 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes de toute catégorie, a retiré la validation de son permis de chasser et lui a enjoint de remettre ce document ;
2°) d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à titre principal, de retirer son nom du fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, sous astreinte, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de son dossier, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 17 décembre 2020 a été signée par une autorité incompétente ;
- l'extrait de son casier judiciaire ne lui a jamais été communiqué malgré ses demandes ;
- la décision du 17 décembre 2020 est insuffisamment motivée ;
- les décisions ont été prises en violation de la liberté fondamentale de disposer de ses biens ;
- elles sont entachées d'erreur de droit, dès lors qu'elles méconnaissent le droit à la réhabilitation de plein droit prévue aux articles L. 133-33 et suivants du code pénal ;
- il a fait l'objet d'une peine complémentaire d'une interdiction d'acquérir des armes de catégorie B pour une durée d'un an de sorte qu'il ne pouvait faire l'objet d'une telle interdiction administrative ;
- le préfet a commis une erreur dans l'appréciation de sa situation en raison de la réhabilitation de plein droit ;
- le ministre de l'intérieur a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B sont inopérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B sont inopérants.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Halil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui a déclaré détenir des armes de catégorie, des éléments de telles armes ainsi qu'une arme de catégorie C, a demandé le renouvellement d'autorisations pour l'acquisition et la détention de ses armes. Par un arrêté BPA n° 20-0055 du 24 juillet 2020, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a ordonné à l'intéressé de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes de toute catégorie, a retiré la validation de son permis de chasser et lui a enjoint de remettre ce document. M. B demande l'annulation de la décision en date du 17 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé à l'encontre de l'arrêté du 24 juillet 2020 du préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours hiérarchique et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours hiérarchique a été rejeté. L'exercice du recours hiérarchique n'ayant d'autre objet que d'inviter à reconsidérer la position prise par l'auteur de la décision, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours hiérarchique doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours hiérarchique dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours hiérarchique, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours hiérarchique, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il résulte de ce qui précède que M. B, qui demande uniquement l'annulation de la décision du 17 décembre 2020 rejetant son recours hiérarchique, doit être regardé comme sollicitant également l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2020.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : () 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () acquisition, cession ou détention sans déclaration d'armes ou d'éléments d'armes de catégorie C ou de leurs munitions prévues à l'article L. 317-4-1 () ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : / () 2° Le demandeur ou le déclarant a été condamné pour l'une des infractions mentionnées au 1° de l'article L. 312-3 figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 133-13 du code pénal : " La réhabilitation est acquise de plein droit à la personne physique condamnée qui n'a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle à une peine criminelle ou correctionnelle : 1° Pour la condamnation à l'amende ou à la peine de jours-amende après un délai de trois ans à compter du jour du paiement de l'amende ou du montant global des jours-amende, de l'expiration de la contrainte judiciaire ou du délai de l'incarcération prévue par l'article 131-25 ou de la prescription accomplie () ". Lorsque la réhabilitation est acquise, la mention de la condamnation est effacée, notamment du bulletin n° 2 du casier judiciaire, en application des dispositions combinées des articles 133-11 et 133-16 du code pénal. L'article 778 du code de procédure pénale prévoit qu'en cas de contestation sur la réhabilitation de droit, toute personne qui veut faire rectifier une mention portée à son casier judiciaire peut agir par requête au président du tribunal qui a rendu la décision.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 22 juin 2015 par le tribunal de grande instance d'Ajaccio à une amende délictuelle pour acquisition et détention d'armes de catégorie C non déclarées, infractions prévues à l'article L. 317-4-1 du code de la sécurité intérieure. A la date de la décision attaquée, le bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B comportait la mention de cette condamnation. Si l'intéressé a adressé, le 25 juin 2020, au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio, une requête en effacement des mentions portées au fichier du service de traitement des antécédents judiciaires, il n'établit en tout état de cause pas que le tribunal judiciaire aurait prescrit l'effacement de la mention de la condamnation du 22 juin 2015 du bulletin n° 2 de son casier judiciaire. Dès lors, en l'absence de tout jugement constatant l'effacement de cette mention, M. B était interdit d'acquisition et de détention d'armes des catégories B, C et D soumises à enregistrement, en application de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure. L'autorité administrative, qui se trouvait en situation de compétence liée, était, par suite, tenue d'ordonner le dessaisissement contesté. Elle n'avait notamment pas à apprécier la pertinence du maintien de cette inscription au regard du droit à réhabilitation institué par l'article 133-13 du code pénal, lequel pouvait seulement faire l'objet d'une contestation de la part de M. B, sur le fondement de l'article 778 du code de procédure pénale, par requête au président du tribunal ayant prononcé cette condamnation. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet à ce titre doit être écarté.
7. En raison de la situation de compétence liée du préfet pour ordonner le dessaisissement des armes de M. B, les autres moyens soulevés par ce dernier et tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté attaqué, de l'absence de communication de l'extrait de son casier judiciaire, de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet en prescrivant une mesure de dessaisissement alors que le juge judiciaire avait limité à une année la durée de l'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation, prononcée à titre de peine complémentaire, et celui tiré de l'atteinte portée à son droit de propriété, doivent être écartés comme inopérants.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes de toute catégorie, a retiré la validation de son permis de chasser et lui a enjoint de remettre ce document. Il suit de là que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 17 décembre 2020 du ministre de l'intérieur et des outre-mer, d'injonction, d'astreinte et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par le requérant, doivent être rejetées par voie de conséquence.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- M. Martin, premier conseiller,
- Mme Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
T. CL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
J. MARTIN
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026