jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VAILLANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 mars 2021, le 19 avril 2022 et le 17 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Vaillant, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Biguglia lui a retiré le bénéfice de la prime de responsabilité égale à 15% de son traitement, de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et de la nouvelle bonification indiciaire de 30 points, à compter du 26 juin 2020 et la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Biguglia de lui restituer toutes les primes indûment retenues à compter du 26 juin 2020, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Biguglia la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le caractère définitif de l'arrêté du 26 juin 2020 ne fait pas obstacle à ce qu'il puisse être excipé de son illégalité pour demander l'annulation de l'arrêté du 22 septembre 2020 dès lors que ces deux actes forment une opération complexe ;
- l'illégalité fautive de l'arrêté du 26 juin 2020 peut être invoquée à l'appui d'une demande indemnitaire alors même que cet arrêté est devenu définitif ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'il est revêtu d'une signature illisible et n'indique pas le nom et le prénom de son signataire ;
- elle a droit au versement de ses indemnités de fonction dès lors que la suspension de ses fonctions décidée par un arrêté du 26 juin 2020 est illégale car fondée sur des faits matériellement inexacts et dès lors que cette suspension ne pouvait excéder une durée de quatre mois en méconnaissance de l'article 30 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mars 2022, le 15 avril 2022, le 16 mai 2022 et le 14 juin 2022, la commune de Biguglia, représentée par Me Muscatelli, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas fondé ;
- l'exception d'illégalité est inopérante dès lors que l'acte individuel dont il est fait exception a acquis un caractère définitif ;
- au 22 septembre 2020, date de la décision attaquée, le délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 n'avait pas expiré ;
- il est toujours loisible à l'administration de prendre une décision rétroactive pour procéder à la régularisation de la situation d'un fonctionnaire ;
- l'arrêté du 26 juin 2020 et l'arrêté attaqué ne constituent pas les éléments d'une même opération complexe ;
- l'argumentation selon laquelle l'illégalité d'un acte individuel devenu définitif constitutive d'une faute peut être invoquée à l'appui d'une demande d'indemnité tendant à la réparation d'un préjudice causé par cette décision est inopérante dès lors que la requérante n'a pas formulé de conclusions indemnitaires ;
- l'arrêté du 26 juin 2020 n'est pas illégal ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors que l'éventuelle annulation des décisions attaquées ne permettrait aucunement de bénéficier d'une restitution de primes en l'absence de service fait donnant droit au bénéfice de ces primes.
Par ordonnance du 26 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Un mémoire présenté par la commune de Biguglia a été enregistré le 27 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- les observations de Me Albertini, substituant Me Vaillant, avocat de Mme B ;
- et les observations de Me Giansily, substituant Me Muscatelli, avocat de la commune de Biguglia.
Considérant ce qui suit :
1. Attachée territoriale employée par la commune de Biguglia, Mme B a été détachée dans l'emploi fonctionnel de directrice générale des services de cette commune par un arrêté du maire du 1er juillet 2016. Le maire élu par les membres du conseil municipal dans sa composition résultant du scrutin du 15 mars 2020, entrés en fonction le 18 mai 2020, a, par un arrêté du 26 juin 2020, suspendu l'intéressée de ses fonctions à titre provisoire " dans l'intérêt du service ", lui ayant " reproché () d'avoir commis des fautes graves ". Par un arrêté du 22 septembre 2020, le maire lui a retiré le bénéfice de la prime de responsabilité, de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et de la nouvelle bonification indiciaire. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
3. Si l'arrêté attaqué ne comporte pas, en méconnaissance des dispositions citées ci-dessus, l'indication du prénom et du nom de son signataire, il ressort des pièces du dossier, notamment de la circonstance que la requérante avait été destinataire d'un autre arrêté du maire le 26 juin 2020, comportant ces indications, que le maire de la commune pouvait être identifié comme étant également l'autorité signataire de l'arrêté attaqué alors même que la signature présenterait un caractère illisible. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
4. En second lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est en revanche recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
5. Mme B soutient que l'arrêté du 26 juin 2020 par lequel le maire de la commune de Biguglia l'a suspendue temporairement de ses fonctions dans l'intérêt du service à compter de cette même date est illégal et qu'elle a ainsi droit au versement des indemnités liées à l'exercice de ses fonctions du fait de cette illégalité. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 26 juin 2020 a été notifié le jour même à l'intéressée. En l'absence de recours contentieux, cette décision qui mentionnait les voies et délais de recours, est devenue définitive à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de sa notification. L'arrêté du 26 juin 2020 suspendant l'intéressée de ses fonctions et l'arrêté ultérieur du 22 septembre 2020 lui retirant le bénéfice de la prime de responsabilité, de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 26 juin 2020, ne constituent pas les éléments d'une même opération complexe. Il s'ensuit que Mme B n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de l'arrêté du 26 juin 2020 pour demander l'annulation de celui du 22 septembre 2020. Enfin, si la requérante fait valoir que l'expiration du délai dont dispose un administré pour contester une décision non réglementaire ne fait pas obstacle à ce qu'il se prévale de l'illégalité de cette décision à l'appui d'une demande indemnitaire, elle n'a toutefois présenté aucune conclusion indemnitaire.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions qu'elle attaque.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité des conclusions à fin d'injonction, de les rejeter ainsi que celles à fin d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Biguglia, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Biguglia présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : : Les conclusions de la commune de Biguglia présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Biguglia.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
M. Jan Martin, premier conseiller,
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026