mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FRANCESCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 avril 2021, le 13 avril 2022 et le 1er juillet 2022, Mme A E, représentée par Me Franceschini, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les quatre décisions du 23 novembre 2018 par lesquelles le maire de Rogliano a délivré à Mme C E des certificats d'urbanisme déclarant non réalisable la construction de bâtiments à usage d'habitation sur les parcelles cadastrées section G n°s 561, 569, 577, 578 et 596, situées au lieudit " Giumentajo ", ainsi que la décision du 17 février 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Rogliano de lui délivrer des certificats d'urbanisme positifs sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rogliano une somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle est titulaire d'un certificat d'urbanisme tacite depuis le 22 juillet 2020 et non depuis le 10 mai 2020 comme indiqué dans les décisions attaquées ;
- la commune de Rogliano a entaché sa décision d'un vice susceptible d'exercer une influence sur les décisions attaquées en ne sollicitant pas les avis du " SIEP ", du service des eaux et du service chargé de l'assainissement collectif ;
- c'est à tort que les décisions attaquées opposent l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans la mesure où l'unité foncière sur laquelle l'implantation de la maison est projetée est située dans la continuité de l'agglomération de Macinaggio ;
- enfin, concernant les certificats afférents aux parcelles cadastrée section G n°s 561 et 569, le motif tiré de l'application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme n'est pas fondé.
Par des mémoires, enregistrés le 30 juin 2021 et le 19 mai 2022, la commune de Rogliano, représentée par Me Constanza, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme E à lui verser la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et que ses conclusions afin de se voir délivrer un certificat d'urbanisme ne sauraient être accueillies eu égard à la qualité de tiers de la requérante.
Un mémoire de Mme E a été enregistré le 27 août 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, fixée au 8 août 2022 par ordonnance du 6 juillet 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de soulever d'office l'irrecevabilité de la requête pour défaut d'intérêt à agir de Mme A E contre un certificat d'urbanisme négatif délivré à Mme C E.
Les observations en réponse de Mme A E ont été enregistrées le 10 mars 2023
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- les conclusions de Mme D B, rapporteuer publique ;
- et les observations de Me Genuini, substituant Me Franceschini, avocat de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E a sollicité le 10 mars 2020 des certificats d'urbanisme opérationnels sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme afin de savoir si les terrains cadastrés section G n°s 561, 569, 577, 578 et 596 situés à Macinaggio, marine de la commune de Rogliano, au lieudit " Giumentajo ", pouvaient être utilisés pour y réaliser des bâtiments à usage d'habitation. Par quatre décisions du 23 novembre 2020, le maire de Rogliano lui a délivré des certificats d'urbanisme déclarant non réalisable l'opération envisagée. Mme A E a formé, par un courrier du 18 janvier 2021, un recours gracieux à l'encontre de ces décisions, qui a été rejeté par une décision en date du 17 février 2021. Par la présente requête, Mme A E, en sa qualité d'héritière indivise des parcelles susmentionnées, demande au tribunal d'annuler les quatre certificats d'urbanisme négatifs du 23 novembre 2020, ainsi que la décision du 17 février 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article 815-2 du code civil : " Tout indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation des bien indivis () ".
3. Mme A E, alors même qu'elle dispose d'un huitième de droit en pleine propriété sur l'actif successoral au sein duquel figure les parcelles afférentes aux certificats d'urbanisme négatifs en litige, ne justifie pas d'un intérêt suffisamment direct lui donnant qualité pour agir contre les certificats d'urbanisme litigieux, délivrés non sur sa demande mais sur celle de Mme C E. Elle ne saurait à cet égard se prévaloir des dispositions de l'article 815-2 du code civil citées au point précédent dès lors que le présent litige est sans rapport avec la conservation des parcelles en cause. Mme A E n'a également, par suite, pas intérêt à demander l'annulation de la décision rejetant son recours gracieux. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne sauraient être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
4. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que demande Mme E au titre des frais qu'elle a exposés soit mise à la charge de la commune de Rogliano, qui n'est pas partie perdante. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions à l'encontre de Mme E et de mettre à sa charge une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Rogliano.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Mme E versera à la commune de Rogliano une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Rogliano au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à la commune de Rogliano.
Copie en sera transmise au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le président,
Signé
P. MONNIER
Le premier conseiller,
Signé
J. MARTINLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
H. MANNONI
N° 210021
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026