jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS CADOZ - LACROIX - REY - VERNE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2100064, le 17 janvier 2021, le 2 janvier 2022 et le 2 février 2022, M. A B, représenté par Me Peres, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler :
- l'arrêté du 3 décembre 2020 n°2020/355 par lequel le président du syndicat de valorisation des déchets de la Corse (Syvadec) a retiré l'arrêté du 12 août 2020 portant prolongation d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service du 1er août 2020 au 18 septembre 2020 ;
- l'arrêté du 3 décembre 2020 n°2020/357 par lequel le président du Syvadec l'a placé en congé de maladie ordinaire du 1er août 2020 au 18 septembre 2020 ;
- l'arrêté du 3 décembre 2020 n°2020/358 par lequel le président du Syvadec a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire du 19 septembre 2020 au 18 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du Syvadec de prendre de nouvelles décisions dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du Syvadec les frais des deux expertises ordonnées par le président du tribunal par les ordonnances n°2000429 du 17 juin 2020 et n°2100578 du 23 juin 2021, liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros, ainsi que la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 février 2021 et le 17 janvier 2022, le Syvadec, représenté par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- la circonstance que l'expert qui a examiné M. B a considéré que l'état de santé de l'intéressé était consolidé à la date du 30 avril 2021 est sans incidence sur la légalité des arrêtés attaqués ;
- M. B a été déclaré apte à l'exercice de ses fonctions à compter du 1er août 2020 par le médecin agréé et la commission de réforme et il n'apporte aucun élément médical nouveau de nature à justifier son maintien en arrêt de travail postérieurement au 31 juillet 2020 ;
- les conclusions tendant à ce que les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 23 juin 2021, liquidés et taxés à la somme de 800 euros, sont nouvelles et par conséquent irrecevables ;
- M. B qui n'a pas exercé les voies de droit ouvertes par les dispositions des articles R. 621-13 et R. 761-5 du code de justice administrative n'est pas recevable ni fondé à demander à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge du Syvadec dans le cadre de sa requête tendant à l'annulation des arrêtés portant sur son placement en congé de maladie ordinaire et ce d'autant plus qu'à ce stade, la responsabilité du Syvadec n'est pas établie ;
- aucune des expertises, ni celle qui estimait que l'état de santé de M. B n'était pas consolidé au 30 juillet 2020, ni celle postérieure aux arrêtés en litige, qui établit la consolidation de l'état de santé de M. B au 30 avril 2021, n'apparaissent utiles à la résolution du litige en cause, dans la mesure où l'expert ne s'est pas prononcé sur l'imputabilité au service des arrêts de travail depuis le 1er août 2020 et que la date de consolidation ne doit pas se confondre avec la date d'aptitude à la reprise des fonctions.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2100427, le 19 avril 2021, le 2 janvier 2022 et le 2 février 2022, M. A B, représenté par Me Peres, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler :
- l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le président du Syvadec a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire du 16 janvier 2021 au 4 mars 2021 ;
- l'arrêté du 9 mars 2021 par lequel le président du Syvadec a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire du 5 mars 2021 au 4 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du Syvadec de prendre une nouvelle décision le plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 1er août 2020 au 30 avril 2021 dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du Syvadec les frais des deux expertises ordonnées par le président du tribunal par les ordonnances n°2000429 du 17 juin 2020 et n°2100578 du 23 juin 2021, liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros, ainsi que la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il invoque les mêmes moyens que ceux présentés dans l'instance n° 2100064.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 avril 2021 et le 17 janvier 2022, le Syvadec, représenté par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il invoque les mêmes moyens que ceux présentés dans l'instance n° 2100064.
III. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2100690, le 13 juin 2021, le 2 janvier 2022 et le 2 février 2022, M. A B, représenté par Me Peres, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte du désistement de ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 par lequel le président du Syvadec l'a autorisé à reprendre ses fonctions à temps partiel thérapeutique à compter du 1er mai 2021 pour une durée de trois mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le président du Syvadec a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire du 5 avril 2021 au 30 avril 2021 ;
3°) d'enjoindre au président du Syvadec de prendre une nouvelle décision le plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 1er août 2020 au 30 avril 2021 dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du Syvadec les frais des deux expertises ordonnées par le président du tribunal par les ordonnances n°2000429 du 17 juin 2020 et n°2100578 du 23 juin 2021 liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros, ainsi que la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 25 mai 2021 et l'arrêté du 29 avril 2021 sont insuffisamment motivés ;
- l'arrêté du 25 mai 2021 a été pris dans le cadre d'un congé de maladie ordinaire, limitant ainsi la période durant laquelle il a été placé en temps partiel thérapeutique à trois mois alors qu'à la suite d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'agent peut bénéficier d'un temps partiel thérapeutique pour une durée maximale de six mois renouvelable ;
- l'arrêté du 29 avril 2021 est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 juin 2021 et le 17 janvier 2022, le Syvadec, représenté par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il invoque les mêmes moyens que ceux présentés dans l'instance n° 2100064 à l'exception des moyens tirés de ce que M. B n'a pas d'intérêt à agir contre l'arrêté du 25 mai 2021 pris à sa demande et qui ne lui fait donc pas grief et de ce que les moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté du 25 mai 2021 ne sont pas fondés.
Les parties ont dans chacune des trois instances été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions des requêtes tendant à ce que les frais des expertises ordonnées par le président du tribunal par les ordonnances n° 2000429 et n° 2100578 soient mis à la charge du Syvadec dès lors que par une ordonnance n° 2201335 du 5 janvier 2023, le président du tribunal a mis ces frais à la charge du Syvadec.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- les conclusions de M. Halil Hanafi, rapporteur public ;
- et les observations de Me Cwiklinski, substituant Me Verne, avocat du Syvadec.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées présentées par M. B concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A B, adjoint technique territorial principal de 2ème classe au sein du Syvadec a été victime le 11 mai 2019 d'un accident reconnu imputable au service. Il a ensuite été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 11 mai 2019. Le 22 juillet 2020, M. B a été examiné à la demande de l'administration par un médecin agréé qui a estimé que l'état de santé de l'intéressé était consolidé au 31 juillet 2020. Par des arrêtés du 3 décembre 2020, le président du Syvadec a retiré l'arrêté du 12 août 2020 portant prolongation du congé pour invalidité temporaire imputable au service du 1er août 2020 au 18 septembre 2020, a placé M. B en congé de maladie ordinaire du 1er août 2020 au 18 septembre 2020 puis a prolongé le placement en congé de maladie ordinaire du 19 septembre 2020 au 18 novembre 2020. Ce congé de maladie ordinaire a ensuite été prolongé du 16 janvier 2021 au 4 mars 2021 par un arrêté du 18 février 2021 puis du 5 mars 2021 au 4 avril 2021 par un arrêté du 9 mars 2021 et enfin du 5 avril 2021 au 30 avril 2021 par un arrêté du 29 avril 2021. M. B demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 :
3. Le requérant a déclaré se désister de ses conclusions aux fin d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 par lequel le président du Syvadec l'a autorisé à reprendre ses fonctions à temps partiel thérapeutique à compter du 1er mai 2021 pour une durée de trois mois. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 3 décembre 2020, du 18 février 2021, du 9 mars 2021 et du 29 avril 2021 :
4. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif () ".
5. Il résulte de ces dispositions que doivent être pris en charge au titre de l'accident de service les arrêts de travail et les frais médicaux présentant un lien direct et certain avec l'accident initial y compris, le cas échéant, s'ils interviennent postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente.
6. Pour refuser de prendre en charge les arrêts de travail pour les périodes du 1er août 2020 au 18 novembre 2020 puis du 16 janvier 2021 au 30 avril 2021, au titre de l'accident de service, l'administration s'est notamment fondée sur les conclusions de l'expertise réalisée le 22 juillet 2020 à la demande du Syvadec. L'expert a considéré que les arrêts et soins à compter du 11 mai 2019 sont justifiés au titre de l'accident de travail et que l'état de santé de l'intéressé était consolidé au 31 juillet 2020. L'administration s'est également fondée sur la circonstance que la commission de réforme a, par son avis du 6 octobre 2020, déclaré M. B apte à la reprise de ses fonctions et a estimé l'état de santé de l'intéressé consolidé au 31 juillet 2020.
7. Si M. B soutient que son état de santé n'était pas consolidé à la date du 31 juillet 2020 et se prévaut à ce titre de ce que le chirurgien orthopédique qui l'a examiné le 20 septembre 2021 a fixé la date de consolidation au 30 avril 2021, la consolidation de son état de santé ne saurait, en tout état de cause faire obstacle à la prise en charge des arrêts de travail directement entraînés par l'accident. Il ressort des pièces des dossiers qu'à la suite de l'accident reconnu imputable au service survenu le 11 mai 2019, M. B a été placé en arrêt de travail à compter de cette même date pour une entorse au poignet droit et après avoir repris son travail le 10 mars 2020, M. B a à nouveau été placé en arrêt de travail à compter du 19 mars 2020 pour une entorse au poignet droit avec une déchirure complexe et a été maintenu en arrêt de travail, de façon continue, pour ce même motif, jusqu'à la reprise de ses fonctions à compter du 1er mai 2021. En outre, dans sa réponse au dire du Syvadec du 22 octobre 2021, le chirurgien orthopédique qui a examiné M. B le 20 juillet 2020 et le 21 septembre 2021 a considéré que l'arrêt de travail postérieur au 31 juillet 2020 correspond à l'évolution de l'accident de service. Le chirurgien de la main qui a examiné M. B le 27 mai 2020 avait, quant à lui, estimé qu'en cas de rééducation, le résultat fonctionnel final est obtenu entre 12 et 18 mois après intervention chirurgicale, laquelle a eu lieu au mois de septembre 2019 pour effectuer une réinsertion sous arthroscopie du ligament du poignet rompu. Dans ces conditions, alors qu'il ne ressort pas des pièces des dossiers que les troubles dont souffre M. B seraient dus à une cause étrangère à l'accident de service et alors que le requérant n'était pas tenu de faire état d'éléments médicaux nouveaux de nature à justifier son maintien en arrêt de travail postérieurement au 31 juillet 2020 au motif qu'il aurait été reconnu apte à l'exercice de ses fonctions à compter 1er août 2020 par l'expert qui l'a examiné le 22 juillet 2020 et par la commission de réforme, par son avis du 6 octobre 2020, il ressort des pièces des dossiers que les arrêts de travail en cause présentent un lien direct avec l'accident de service. Le requérant est ainsi fondé à soutenir qu'en refusant de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail pour les périodes du 1er août 2020 au 18 novembre 2020 puis du 16 janvier 2021 au 30 avril 2021, le président du Syvadec a fait une inexacte application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, M. B est fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
10. L'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2020 retirant l'arrêté du 12 août 2020 portant prolongation d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service du 1er août 2020 au 18 septembre 2020 a pour effet de replacer M. B en position de congé pour invalidité temporaire imputable au service au cours de cette période. Le motif de l'annulation des décisions attaquées implique par ailleurs nécessairement qu'il soit enjoint au président du Syvadec de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de M. B pour les périodes du 19 septembre 2020 au 18 novembre 2020 et du 16 janvier 2021 au 30 avril 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque le président du tribunal administratif a pris une ordonnance fixant les frais et honoraires de l'expertise et désignant la partie qui en assumera la charge, celle-ci, en l'absence d'instance principale engagée à l'issue de l'expertise, ne peut remettre en cause la taxation des frais et honoraires que dans les conditions fixées par les articles R. 621-13 et R. 761-5 du code de justice administrative.
12. Il ressort des pièces des dossiers que les expertises sollicitées sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et ordonnées par le président du tribunal administratif de Bastia par les ordonnances n° 2000429 du 17 juin 2020 et n° 2100578 du 23 juin 2021 avaient pour objet de déterminer les préjudices de M. B subis à la suite de l'accident de service dont il a été victime le 11 mai 2019 afin, le cas échéant, d'engager la responsabilité de l'administration. Par une ordonnance n° 2201335 du 5 janvier 2023, le président du tribunal a mis à la charge du Syvadec les frais de ces expertises liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros. Dans ces conditions, les conclusions de M. B, tendant à ce que ces frais soient mis à la charge du Syvadec sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur celles-ci. En tout état de cause, ces expertises ayant un objet différent de celui des présentes instances tendant à obtenir l'annulation des arrêtés du président du Syvadec retirant l'arrêté du 12 août portant prolongation d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, plaçant M. B en congé de maladie ordinaire et prolongeant son placement en congé de maladie ordinaire, les présentes instances ne peuvent dès lors être considérées comme des instances principales engagées à l'issue de ces expertises et M. B n'est ainsi pas recevable à demander que ces frais, liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros, soient mis à la charge du Syvadec.
13. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours des instances, il s'ensuit que les conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de M. B ne peuvent qu'être rejetées.
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Syvadac une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de M. B, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, les sommes que demande le Syvadec au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B aux fins d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 présentées dans l'instance n° 2100690.
Article 2 : Les arrêtés n°2020/355, n°2020/357, n°2020/358 du 3 décembre 2020, du 18 février 2021, du 9 mars 2021 et du 29 avril 2021 du président du Syvadec sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au président du Syvadec de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de M. B pour les périodes du 19 septembre 2020 au 18 novembre 2020 et du 16 janvier 2021 au 30 avril 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce que les frais d'expertises liquidés et taxés à la somme totale de 1 550 euros soient mis à la charge du Syvadec.
Article 5 : Le Syvadec versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 7 : Les conclusions du Syvadec présentées sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au syndicat de valorisation des déchets de Corse.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
Mme Christine Castany, première conseillère ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
N° 2100064; 2100427; 2100690
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026