vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | POLETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2021, M. D A, représenté par Me Poletti, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 9 mars 2021 par lequel le maire de Zonza a retiré le permis tacite de construire une maison et une piscine sur la parcelle cadastrée section I n° 4093, lot 3 du lotissement " Vigna Maio ", sis lieudit " Vacinatojo " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Zonza la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas d'une délégation de compétence ;
- cet arrêté ne lui a pas été notifié dans le délai de 3 mois ;
- cet arrêté méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, la carte communale n'étant pas illégale et son projet étant en continuité d'une partie actuellement urbanisée de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2021, la commune de Zonza, représentée par Me Orsetti, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé le 15 octobre 2020 en mairie de Zonza une demande de permis de construire une maison et une piscine sur la parcelle cadastrée section I n° 4093, lot 3 du lotissement " Vigna Maio ", lieudit " Vacinatojo ". Le 15 décembre 2020, faute de décision expresse intervenue dans le délai d'instruction de deux mois fixé par l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme, un permis tacite est intervenu. Par l'arrêté en date du 9 mars 2021, le maire de Zonza a retiré ledit permis tacite. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales : " En cas d'absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l'ordre des nominations et, à défaut d'adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l'ordre du tableau. ". L'article L. 2122-18 du même code dispose : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ".
3. Les dispositions de l'article L. 2122-18 qui permettent au maire de déléguer une partie de ses fonctions, dans des domaines déterminés, à chacun de ses adjoints, instituent un régime de délégation inconditionnelle, qui se distingue sur ce point de celui de la suppléance, régi par l'article L. 2122-17 du même code, qui organise, seulement en cas d'absence ou d'empêchement, le remplacement provisoire du maire par un ou plusieurs adjoints.
4. Par un arrêté du 27 août 2020, le maire de Zonza a délégué sa signature à M. C B, premier adjoint, pour signer sous sa surveillance et sa responsabilité, en cas d'absence ou d'indisponibilité du maire, les actes relatifs aux affaires courantes d'administration générale, les autorisations, les commandes et devis jusqu'à 5 000 euros. D'une part, à supposer que le maire de Zonza ait entendu se fonder sur les dispositions de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales pour déléguer sa signature, il n'est ni établi ni même allégué que le maire aurait été absent ou empêché au sens de ces dispositions, à la date de signature de l'arrêté de refus de permis de construire en litige, qui ne fait d'ailleurs état d'une telle situation ni dans ses visas, ni avant la mention de la qualité du signataire. D'autre part, à supposer également que le maire ait entendu délégué sa signature sur le fondement de l'article L. 2122-18 du même code, cette délégation ne comporte aucune précision sur les matières qui en sont l'objet. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que l'auteur de l'arrêté litigieux n'était pas compétent pour le signer.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dispose : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
6. Compte tenu de l'objectif de sécurité juridique poursuivi par le législateur, qui ressort des travaux préparatoires de la loi susvisée du 13 juillet 2006 dont ces dispositions sont issues, l'autorité compétente ne peut rapporter un permis de construire, d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire du permis avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle ce permis a été accordé.
7. En l'espèce, M. A fait valoir que l'arrêté litigieux du 9 mars 2021 lui a été notifié le 19 mars 2021, soit postérieurement au délai de trois mois suivant la naissance du permis tacite intervenue le 15 décembre 2020, soit le 15 mars 2021. Pour sa part, la commune de Zonza se borne à soutenir, sans au demeurant l'établir, que le pli comportant cet arrêté aurait été présenté au pétitionnaire pour la première fois le 12 mars 2021. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ne peut qu'être accueilli.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Zonza du 9 mars 2021.
9. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen invoqué par M. A n'est pas susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Zonza une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le requérant, qui n'est pas la partie perdante, verse à cette commune une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Zonza du 9 mars 2021 est annulé.
Article 2 : La commune de Zonza versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la commune de Zonza.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026