jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GIANSILY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 juin 2021 et le 16 janvier 2023, M. D A, représenté par Me Giansily, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté 210-2021 pris par le président du syndicat mixte du parc naturel régional de Corse (PNRC) le 13 avril 2021 portant nomination sur des fonctions de chargé de mission " fréquentation et sports de nature " ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté 211-2021 du 13 avril 2021 portant attribution d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) relevant du groupe 4 de fonctions ;
3°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté 213-2021 du 13 avril 2021 portant retrait du bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;
4°) d'annuler pour excès de pouvoir le courrier du 13 avril 2021 intitulé " reprise d'activité après un congé longue maladie " ;
5°) d'enjoindre au PNRC sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative de régulariser sa situation administrative et son régime indemnitaire dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge du syndicat mixte du PNRC la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté 210-2021 du 13 avril 2021 portant nomination sur le poste de " chargé de mission fréquentations et sports de nature " :
- il est entaché d'une première illégalité externe car il a été pris sans que le comité technique paritaire ait été saisi ;
- il est entaché d'une deuxième illégalité externe tirée de la méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 dès lors qu'il n'a pas été informé préalablement de la possibilité de consulter son dossier individuel ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les avis médicaux préalables à sa reprise d'activité portaient uniquement sur les fonctions antérieurement occupées et que ses nouvelles fonctions emportent des contraintes qui n'ont pas été évaluées et qui ne sont pas compatibles avec son état de santé.
En ce qui concerne l'arrêté 211-2021 du 13 avril 2021 portant attribution de l'IFSE et l'arrêté 213-2021 du 13 avril 2021 portant retrait de la NBI :
- ils sont tous deux dépourvus de motivation en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- ils doivent être annulés par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté 210-2021 ;
- en tout état de cause, ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation caractérisée dès lors qu'ils ont pour conséquence une réduction drastique de sa rémunération.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2021 et un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023 et non communiqué, le syndicat mixte du PNRC, représenté par Me Peres, conclut au rejet de la requête.
Le syndicat soutient que :
- le moyen tiré de l'absence de saisine du comité technique paritaire manque en fait ;
- le moyen tiré de l'absence d'information relative à la possibilité de consultation du dossier individuel avant la décision portant mutation interne n'a pas eu pour conséquence de priver l'intéressé d'une garantie dès lors que le poste proposé était le seul correspondant à son grade et qu'il résultait des certificats médicaux que son état de santé lui permettait d'effectuer du travail en hyperbarie ;
- les décisions litigieuses ont été prises dans l'intérêt du service et dans le but de protéger le requérant ;
- l'information selon laquelle le requérant a été reconnu travailleur handicapé pour un taux supérieur à 80 % par une décision de la CDAPH du 17 septembre 2020 ne lui a été communiquée que le 25 mai 2021 alors même qu'il a été destinataire du certificat médical du Dr B en date du 16 décembre 2020 actant l'aptitude de M. A au travail en hyperbarie, des conclusions administratives du Dr C datées du 11 février 2021, et du procès-verbal du comité médical départemental en date du 8 avril 2021 ;
- désormais informé, il a saisi le comité médical départemental sur la question de l'aptitude de l'agent à ce poste le 31 mai 2021 ;
- le moyen tiré du défaut de motivation des arrêtés relatifs au régime indemnitaire du requérant manque en fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Goubet, substituant Me Giansily, avocat de M. A, ainsi que celles de Me Peres, avocat du syndicat mixte du PNRC.
Deux notes en délibéré de M.A ont été enregistrées les 12 et 19 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est attaché territorial au sein du syndicat mixte du parc naturel régional de Corse (PNRC) où il a exercé les fonctions de responsable de la réserve naturelle de Scandola. Suite à des menaces et injures prononcées à l'endroit de son activité professionnelle, il a été placé en congé de maladie ordinaire puis en congé de longue maladie à compter du 23 juillet 2019, prolongé jusqu'au 22 avril 2021. Par une décision du 8 avril 2021, le comité départemental médical a émis un avis favorable à sa reprise d'activité dans le cadre d'un temps partiel thérapeutique de trois mois à hauteur de 50 % à compter du 23 avril 2021, également terme de son congé de longue maladie. Par un arrêté du 13 avril 2021, le président du syndicat mixte du PNRC l'a nommé sur des fonctions de chargé de mission " fréquentation et sports de nature ", par un arrêté du même jour, il lui a attribué une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) relevant du groupe 4 de fonctions et par un autre arrêté daté du 13 avril 2021, il lui a retiré le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI). M. A conteste ces trois arrêtés ainsi que le courrier du 13 avril 2021 du président du syndicat intitulé " reprise d'activité après un congé de longue maladie ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté 210-2021 portant nomination sur le poste de " chargé de mission fréquentations et sports de nature " et le courrier du 13 avril 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 en vigueur à la date de la décision attaquée : " Les comités techniques sont consultés pour avis sur les questions relatives : " 1° A l'organisation et au fonctionnement des services ; 2° Aux évolutions des administrations ayant un impact sur les personnels ; 3° Aux grandes orientations relatives aux effectifs, emplois et compétences () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les comités techniques ne sont pas compétents pour connaître de la situation individuelle des agents. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que ce comité a été saisi au moins à trois reprises, le 20 mars 2018, le 7 octobre 2019 et le 30 septembre 2020, au sujet de la réorganisation interne du PNRC et que les questions de dysfonctionnement de la réserve de Scandola y ont été débattues. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant soutient qu'il devait expressément être informé de son droit à consulter son dossier préalablement à l'édiction de la décision litigieuse et qu'en l'absence d'une telle information, il a été privé d'une garantie. Toutefois, si une décision de mutation prise en considération de la personne, doit être précédée de la formalité instituée par l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant nomination sur de nouvelles fonctions n'a pas été pris en considération de la personne mais en raison d'une réorganisation du service qui a notamment fait suite à des attaques subies par l'agent du fait de ses fonctions. En outre, cette décision avait pour objet de réaffecter un agent de retour de congé de longue maladie et aucune disposition ne s'oppose à ce qu'un fonctionnaire placé en congé longue maladie fasse l'objet d'une mutation et n'oblige l'administration à l'affecter à l'issue du congé dans le même poste qu'il occupait à la date de son obtention. Or, il ressort des pièces du dossier, et n'est du reste pas contesté, que le requérant a été réintégré dans des fonctions correspondant à son grade. Par suite, le moyen n'est pas fondé et doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il incombe cependant au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments objectifs antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
6. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 17 septembre 2020, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a accordé à M. A le bénéfice d'une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé à compter du 1er juillet 2020 jusqu'au 30 juin 2022 en prenant en compte un taux d'incapacité supérieur à 80 %. Le requérant soutient que le changement de résidence administrative le contraint à effectuer de nombreuses heures de route pour relier Galéria à Corte, alors que son état de santé fait radicalement obstacle à de telles conditions de travail, puisqu'il est suivi pour des problèmes neurochirurgicaux lombaires et qu'il ne lui est attribué aucun véhicule de service. L'administration fait valoir sans être contredite qu'elle l'a affecté sur le seul poste correspondant à son grade et que le poste en question est de nature administrative. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que le poste serait incompatible avec l'état de santé du requérant. Dans ces conditions et en dépit du fait que le comité médical départemental n'avait pas été informé de sa reconnaissance de travailleur handicapé à la date de l'arrêté attaqué, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté 210-2021 du 13 avril 2021 portant nomination sur des fonctions de chargé de mission " fréquentation et sports de nature " et du courrier du 13 avril 2021.
En ce qui concerne les arrêtés 211-2021 et 213-2021 relatifs au régime indemnitaire :
8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré du défaut de motivation des deux décisions manque en fait.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'organisation du service au sein duquel M. A était affecté a été totalement remaniée lorsque ce dernier était en congé de maladie de sorte que le poste qu'il occupait a été supprimé. Dès lors, dans la mesure où l'emploi qui ouvrait droit au bénéfice de la NBI a été supprimé, M. A ne pouvait plus, en tout état de cause, occuper les fonctions qui y étaient attachées. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision portant retrait de cette indemnité doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision l'affectant sur un nouveau poste. Il n'est pas non plus fondé à soutenir que son employeur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Par suite les moyens doivent être écartés.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. / Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service ". Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions ".
11. Eu égard à ce qui a été dit au point 7, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant attribution d'une IFSE doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision l'affectant sur un nouveau poste.
12. En quatrième et dernier lieu, la seule production de la fiche de poste de la nouvelle affectation n'est pas suffisante pour établir que la décision portant attribution d'une IFSE relevant du groupe 4 de fonctions est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite ce moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation des arrêtés 211-2021 et 213-2021 relatifs à son régime indemnitaire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au syndicat mixte du parc naturel régional de Corse.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026