mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CHASSANY QUENTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juin 2021 et le 2 août 2022, la SCI B et S, représentée en dernier lieu par Me Muscatelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 17 mai 2021 par lequel le maire de Cauro a refusé de lui délivrer un permis de construire un supermarché sur la parcelle cadastrée section D n° 424, lieudit " Pianiccia " ;
2°) d'enjoindre au maire de Cauro, à titre principal, de lui délivrer un permis de construire sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa demande de permis dans un délai d'un mois, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cauro et de la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est dépourvu de motivation, en droit comme en fait ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit en ce que le maire de Cauro s'est estimé à tort en compétence liée par l'avis défavorable du service public d'assainissement non collectif ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit, en ce que le maire aurait dû se fonder sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, s'il avait entendu lui opposer des motifs tenant à l'assainissement ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit, en ce que l'existence d'un litige entre la commune de Cauro et la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo concernant un branchement sauvage de la commune sur le réseau intercommunal d'assainissement démontre l'absence de mise en place d'un réseau collectif et l'impossibilité pour un particulier de s'y raccorder, justifiant ainsi la mise en place d'un assainissement non collectif.
Par des mémoires en observation, enregistrés le 10 mars 2022 et le 29 septembre 2022, la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo, représentée par Me Chassany, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la SCI B et S au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI B et S ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, la commune de Cauro, représentée par Me Nesa, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI B et S ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique,
- et les observations de Me Goubet substituant Me Muscatelli, représentant la SCI B et S et de Me Antoniotti substituant Me Chassany, représentant la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 février 2021, la SCI B et S a demandé un permis de construire un supermarché, d'une surface de plancher de 1 421 m², à implanter sur une parcelle cadastrée section D n° 424, située lieudit " Pianiccia " sur le territoire de la commune de Cauro. Par un arrêté du 17 mai 2021, le maire de cette commune a refusé de lui délivrer le permis sollicité. La SCI B et S demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée ". Le deuxième alinéa de l'article R. 424-5 du même code prévoit que : " Si la décision comporte rejet de la demande () elle doit être motivée ". L'article A. 424-4 du code prévoit que lorsque, notamment, le permis est refusé : " () l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".
3. L'arrêté litigieux se borne à viser des dispositions générales d'urbanisme et ne comporte aucun motif. S'il vise l'avis défavorable de la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo du 10 mars 2021 " en raison du litige et du contentieux en cours sur la partie littorale de la commune en matière d'assainissement ", un tel motif n'a pas permis à la société pétitionnaire de comprendre les raisons pour lesquelles le maire de Cauro a refusé de lui délivrer un permis. Il s'ensuit qu'en l'absence de considérations de droit et de fait suffisamment précises, l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de forme. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède que la SCI B et S est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Cauro du 17 mai 2021.
5. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la SCI B et S ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le motif d'annulation retenu au point 3 implique seulement qu'il soit enjoint au maire de Cauro de réexaminer la demande de permis de la SCI B et S dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Cauro une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI B et S et non compris dans les dépens. En revanche, la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo ayant été appelée à la cause en qualité d'observatrice, n'est pas la partie perdante. Dès lors, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que cette dernière verse à la SCI B et S une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, les mêmes dispositions font obstacle à ce que la SCI B et S, qui n'est pas la partie perdante, verse à la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Cauro du 17 mai 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Cauro de réexaminer la demande de permis de la SCI B et S dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Cauro versera à la SCI B et S une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI B et S, à la commune de Cauro et à la communauté de communes de la Piève de l'Ornano et du Taravo.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026