jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | POLETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2021 et un mémoire non communiqué, enregistré le 7 février 2023, la SCI Domaine de Corcone, représentée par Me Poletti, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 26 mars 2021 par lequel le maire de Bonifacio a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la rénovation et de l'agrandissement d'une villa avec piscine sur la parcelle cadastrée section L n° 419, lieudit " Corcone ", ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux.
Elle soutient que l'arrêté litigieux et l'avis conforme du préfet de la Corse-du-Sud sont entachés d'illégalité en lui opposant les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, alors que son projet ne porte que sur l'extension d'une construction existante.
La requête a été communiquée à la commune de Bonifacio qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Domaine de Corcone demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 26 mars 2021 par lequel le maire de Bonifacio a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la rénovation et de l'agrandissement d'une villa avec piscine sur la parcelle cadastrée section L n° 419, lieudit " Corcone ".
2. Aux termes de l'article L. 422-6 du code de l'urbanisme : " En cas d'annulation par voie juridictionnelle ou d'abrogation d'une carte communale, d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ou de constatation de leur illégalité par la juridiction administrative ou l'autorité compétente et lorsque cette décision n'a pas pour effet de remettre en vigueur un document d'urbanisme antérieur, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale recueille l'avis conforme du préfet sur les demandes de permis ou les déclarations préalables postérieures à cette annulation, à cette abrogation ou à cette constatation. ".
3. Par l'arrêt n° 07MA03641 du 21 mai 2010, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé le plan local d'urbanisme en tant que la délibération du 13 juillet 2006 par laquelle le conseil municipal de Bonifacio a approuvé le plan local d'urbanisme ouvre les zones UP à l'urbanisation. Il est constant que le terrain support du projet se trouve en zone UP du plan local d'urbanisme annulé et que la demande de permis de construire était donc soumise, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 422-6 du code de l'urbanisme, à l'avis conforme du préfet. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Corse-du-Sud a émis un avis défavorable le 23 mars 2021.
4. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants () ". Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation peut être autorisée en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais qu'aucune construction nouvelle ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
5. Le plan d'aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC), qui précise, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'application des dispositions citées ci-dessus, prévoit que, dans le contexte géographique, urbain et socioéconomique de la Corse, une agglomération est identifiée selon des critères tenant au caractère permanent du lieu de vie qu'elle constitue, à l'importance et à la densité significative de l'espace considéré et à la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire, et que, par ailleurs, un village est identifié selon des critères tenant à la trame et la morphologie urbaine, aux indices de vie sociale dans l'espace considéré et au caractère stratégique de celui-ci pour l'organisation et le développement de la commune.
6. Si, en adoptant les dispositions citées au point 4, le législateur a entendu interdire en principe toute opération de construction isolée dans les communes du littoral, le simple agrandissement d'une construction existante ne peut être regardé comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions.
7. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situant dans une zone d'habitat diffus et limité, n'est pas en continuité d'une agglomération ou d'un village au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC. Toutefois, la partie des travaux projetés, relative à la surélévation et à l'extension d'une maison existante, ne portant la surface plancher totale de cette construction qu'à 374 m2 contre 208 m2 initialement, doit être regardée comme de simples travaux d'agrandissement. En revanche, la partie des travaux relative à la création d'une piscine et de sa terrasse, situées à 8 mètres au moins de cette construction et d'un garage existant implanté à l'ouest du terrain de la SCI Domaine de Corcone, ne formant pas une unité architecturale avec ces constructions, est constitutive d'une extension d'urbanisation au sens des dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré de l'inexacte application de ces dispositions doit être accueilli en tant seulement qu'il porte sur la surélévation et l'agrandissement de la maison existante. Dans ces conditions, le maire de Bonifacio n'était en situation de compétence liée pour refuser le permis de construire sollicité par la société requérante qu'en ce qui concerne la création de la piscine et de sa terrasse. Il s'ensuit que le même moyen dirigé directement contre cet arrêté doit également être accueilli en tant seulement qu'il porte sur les travaux de surélévation et d'agrandissement de la villa existante.
8. Il résulte de ce qui précède que la SCI Domaine de Corcone est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Bonifacio du 26 mars 2021 en tant qu'il refuse la surélévation et l'agrandissement de la villa existante, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux dans la même mesure.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Bonifacio du 26 mars 2021 en tant qu'il refuse la surélévation et l'agrandissement de la villa existante est annulé, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux dans la même mesure.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Domaine de Corcone, à la commune de Bonifacio et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera transmise au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
M. Jan Martin, premier conseiller,
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026