vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MCL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 juillet et 2 décembre 2021, le préfet de Corse, préfet de la Corse du Sud demande au tribunal d'annuler la délibération n° 2020-039 en date du 30 novembre 2020 du comité syndical du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud portant participation financière des communes aux travaux réalisés à leur bénéfice.
Il soutient que la décision attaquée méconnait le principe d'égalité devant les charges publiques dès lors qu'elle prévoit la participation financière au paiement des annuités restantes des emprunts, mutualisés au sein du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud, des seules communes anciennement membres du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, le syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud représenté par Me Mendes Constante, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il avait la possibilité de mettre à la charge des communes anciennement membres du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême sud de la Corse une participation financière complémentaire en application des dispositions de l'article 7 du statut du syndicat qui reprend les dispositions de l'article L. 5212-19 du CGCT, applicable aux syndicats mixtes en vertu de l'article L. 5711-1 du même code ;
- l'emprunt contracté le 20 novembre 2010 par le syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême sud de la Corse est illégal en application de l'article 8 de l'arrêté du 5 juillet 2010 autorisant la création du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud et portant dissolution du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême sud de la Corse et du syndicat intercommunal d'électrification du secteur sud de la Corse ;
- la majorité des annuités issues des emprunts contractés par le syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême sud de la Corse ont déjà été prises en charge par le syndicat alors que seules les communes anciennement membres de ce syndicat auraient dû supporter cet emprunt ;
- cette décision était nécessaire dès lors que la structure n'est plus apte à supporter le remboursement des annuités issues des emprunts contractés par le syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême sud de la Corse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 2020-039 en date du 30 novembre 2020, le comité syndical du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud a décidé de la participation financière des communes de Sartène, Sotta, Sari-Solenzara, Porto-Vecchio, Pianottoli, Monaccia d'Aullène, Lecci, Conca, Bonifacio, Figari, San Gavino di Carbini et Zonza aux travaux réalisés à leur bénéfice. Par des courriers en date des 14 et 22 janvier 2021, le préfet de Corse, préfet de la Corse du Sud a demandé au président du syndicat départemental de lui communiquer des pièces complémentaires. Par un courrier en date du 30 mars 2021, réceptionné le 1er avril suivant par le président du syndicat départemental, le préfet de Corse, préfet de la Corse du Sud a fait connaitre ses observations et a sollicité le retrait de la délibération du 30 novembre 2020. En l'absence de réponse dudit syndicat, le préfet de Corse, préfet la Corse du Sud demande au tribunal de prononcer l'annulation de la délibération du 30 novembre 2020.
Sur la légalité de la délibération du 30 novembre 2020 :
2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté en date du 5 juillet 2010, autorisant d'une part, la création du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud et d'autre part, portant dissolution du syndicat intercommunal d'électrification du secteur Sud de la Corse et du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, il a été décidé, après la clôture du compte de liquidation des anciens syndicats, la répartition des soldes des comptes, de l'actif, du passif, des biens meubles et immeubles et des droits et obligations entre les communes membres du syndicat nouvellement créé. En outre, aux termes de l'article 7 des statuts du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud, d'une part, les biens financés par emprunts par les communes membres et rattachés à la compétence électricité sont mis à disposition du syndicat et, d'autre part, le syndicat est substitué aux communes propriétaires dans leurs droits découlant des contrats portant sur des emprunts affectés aux biens mis à disposition, lorsqu'ils ne sont pas arrivés à expiration. Ainsi, par la délibération en litige, le syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud a décidé d'une contribution complémentaire pour le remboursement des annuités des emprunts restant dues à compter du 1er janvier 2021, supportée uniquement par les douze communes anciennement membres de ce syndicat.
3. En l'espèce, alors que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud soutient que la délibération en cause méconnait le principe d'égalité devant les charges publiques dès lors qu'elle prévoit la participation financière au paiement des annuités restantes des emprunts, mutualisés au sein du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud, des seules communes anciennement membres du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, le syndicat départemental fait valoir qu'après avoir pris en charge une grande partie des annuités des emprunts contractés par l'ancien syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, il n'a pas entendu répercuter sur l'ensemble de ses membres la totalité des couts des annuités restantes. Toutefois, dès lors que la création du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse a entrainé la substitution du syndicat départemental aux communes propriétaires dans leurs droits découlant des contrats portant sur des emprunts affectés aux biens mis à sa disposition, le motif invoqué par le syndicat, ne saurait caractériser une différence de situation entre les communes, anciennement membres du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, et les autres communes, membres du syndicat départemental, qui justifierait la mise en place de contributions complémentaires. En outre, si le syndicat départemental allègue de l'illégalité de l'emprunt contracté le 20 novembre 2010 par le syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, cette circonstance ne constitue pas davantage un critère objectif de nature à justifier la distinction établie entre les communes membres du syndicat. Par suite, il y a lieu de considérer qu'ainsi que le soutient le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, la délibération du 30 novembre 2020 qui prévoit la participation financière au paiement des annuités restantes des emprunts mutualisés au sein du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud des seules communes anciennement membres du syndicat intercommunal d'électrification rurale de l'extrême Sud de la Corse, méconnait le principe d'égalité devant les charges publiques et doit pour ce motif être annulée.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud est fondé à demander l'annulation de la délibération n° 2020-039 en date du 30 novembre 2020 par laquelle le comité syndical du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud a décidé de la participation financière des communes de Sartène, Sotta, Sari-Solenzara, Porto-Vecchio, Pianottoli, Monaccia d'Aullène, Lecci, Conca, Bonifacio, Figari, San Gavino di Carbini et Zonza aux travaux réalisés à leur bénéfice.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération n° 2020-039 en date du 30 novembre 2020 du comité syndical du syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat départemental d'énergie de la Corse du Sud et au préfet de Corse, préfet de la Corse du Sud.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse du Sud en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Nicaise
N° 2200830
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026